Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

28/01/2015

Les frères ennemis

Je ne sais s'il faut rire ou pleurer devant le spectacle renouvelé de ces conservateurs qui n'ont pas de mots assez durs contre l'islam et qui dans le même temps pleurnichent sur la présumée décadence de l'Occident, dont témoignerait la disparition d'"une culture traditionnelle encore marquée par les hiérarchies naturelles, la soumission de la femme et le respect dû aux anciens" – étant ainsi parfaitement en accord avec les musulmans "sur le rejet de l'athéisme et de l'humanisme, sur le retour au patriarcat", comme l'écrit admirablement Houellebecq dans son dernier roman. Et au fond, c'est bien de cela qu'il s'agit : cet ardent désir de soumission, exprimé par un nombre grandissant d'individus pour lesquels la liberté semble décidément un fardeau trop lourd à porter. Tous ceux-là n'espèrent rien tant que l'effondrement du système actuel pour que de ces ruines émerge un ordre nouveau ; en réalité le retour à un fantasmatique ordre ancien, ancré dans quelque hypothétique norme naturelle ou divine. Je l'entrevois trop bien, ce futur possible : croisés et moudjahidines lassés de leurs querelles intestines et faisant front commun contre la liberté, secondés par des millions de zombis populaires guidés par la crainte et l'intérêt.

C'est bel et bien une guerre de civilisation qui se prépare, mais peut-être pas celle que l'on croit...

15/01/2015

Blasphemiae delictum

La crapule du Vatican, toujours prompte à l'ouvrir surtout lorsqu'elle ferait mieux de la fermer, explique au monde que la liberté d'expression, c'est très bien, tant qu'elle ne froisse personne et en particulier, évidemment, les croyants de tous bords (que les athées soient offensés par le flot ininterrompu de conneries proférées par les croyants en question n'intéresse en revanche que très peu de gens : les bigots ont l'avantage du nombre). Pour appuyer son propos, l'évêque de Rome prend un exemple digne d'une racaille de quartier : si tu insultes ma mère, sale bâtard, faudra pas t'étonner si je te défonce la gueule. Coïncidence amusante, c'est exactement le raisonnement tenu par des musulmans innombrables et même pas fanatiques dans notre pays : les attentats contre Charlie Hebdo sont regrettables, mais enfin, ces chiens de dessinateurs l'ont bien cherché en manquant de respect à Mahomet (que le salut et la bénédiction d'Allah soit sur lui ; ah ben ouais, si une petite eulogie peut m'éviter une fatwa... on en est là les gars). Bref, l'argument du violeur par excellence : au fond, c'est la victime qui est coupable d'avoir provoqué le bourreau.

Merci, François.

01/01/2015

Nouvel an

1141453431.jpg

28/12/2014

Snobisme et croissant chaud

Il est des railleries qui frisent le négationnisme. C'est ainsi que tel néo-philosophe "balnéaire" (c'est-à-dire, littéralement, dont le cerveau prend l'eau) se livre à un rapide bilan comptable des boucheries de civilisation pour en conclure que l'islamique n'arrive pas en tête de classement et n'a de surcroît aucun crime contre l'humanité à se reprocher. Outre que les crimes des uns n'effacent pas ceux des autres, il semble que Monsieur Schiffter n'ait jamais entendu parler de la traite orientale, pour laquelle les muslims ne furent pas en reste et c'est peu dire. Alors bien sûr, comme les barbus ne tenaient pas de registre, cela complique quelque peu la tâche des historiens. Mais si les estimations varient, il est indubitable que les victimes se chiffrent en millions et que la fête a duré quatorze siècles. On attend d'ailleurs toujours le moindre acte de repentance de la part des mahométans... qui continuent de nos jours à réduire des populations entières en esclavage : on suggère au surfeur des pâquerettes d'aller faire un tour en Mauritanie ou en Ouzbékistan, juste pour voir. Et puis, à l'heure où une organisation terroriste se lève en instaurant un califat sur les territoires qu'elle occupe, promet de conquérir l'Europe et se désigne elle-même sous le nom d'"Etat islamique", il faut une sacrée dose d'aveuglement pour ne pas comprendre que l'islam va très bientôt poser un problème majeur au monde. C'est une chose de ne pas tout mélanger et de ne pas faire de tout musulman un égorgeur qui s'ignore, c'en est une autre de faire comme s'il ne se passait rien et de sous-estimer l'ennemi qui campe devant soi. Apparemment, Monsieur Schiffter croit dur comme fer à un deus ex machina freudien qui transformerait les fous d'Allah en adeptes du divan. Mais pour paraphraser le maître viennois, je crains que dans le rêve d'un djihadiste, le cigare d'un infidèle ne représente qu'un cigare – à couper.

24/12/2014

Oui-Oui au Vatican

Le Pape vient de faire une terrible découverte : la Curie est malade. Et attention, on ne vous parle pas de la grippe saisonnière, hein. Non, le bon docteur François a diagnostiqué chez ses collaborateurs un mal infiniment plus grave et dévastateur, un virus à côté duquel Ebola passe pour un simple rhume, un véritable fléau : l'humanité. La liste (ici non exhaustive) des symptômes est impressionnante : narcissisme, carriérisme, opportunisme, insensibilité, médisance, etc. Le remède ? Un solide examen de conscience et, en cas de coup dur, un appel sur la ligne directe de la Vierge Marie. Sans surprise, côté médias mainstream, on trouve ça génial, certains allant même jusqu'à préconiser que Flanby s'inspire de l'évêque de Rome pour réformer le pays. Pour ma part, je me dis que le christianisme est décidément un progressisme qui ne dit pas son nom, avec cette idée que l'homme ne vaut jamais que par l'idéal qu'il pourrait atteindre... s'il n'était plus homme, précisément. Maintenant, d'un point de vue marketing, la stratégie du Pape me semble excellente : on a enfin compris, au Vatican, qu'il fallait délaisser le moralisme poussiéreux et vendre une expérience, façon dealer du coin. "Kérygme, kérygme !" s'exclament les nouveaux toxicos. On se croirait revenu au tout début de l'histoire, dans la version hallucinée du christianisme, où les premiers dévots contestaient tout : le monde, le siècle, la société. Que ce révolutionnarisme universel soit à présent porté par les héritiers de ceux qui, pendant longtemps, l'ont soigneusement étouffé, a quelque chose de profondément ironique. Joseph de Maistre expliquait que l'Evangile hors de l'Eglise était un poison : il ne se doutait pas que les catholiques de notre temps seraient prêts à le boire jusqu'à la lie.