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28/05/2017

As usual

On apprend incidemment qu'un quartier entier de Paris est devenu un véritable enfer pour les femmes et que cela aurait peut-être un rapport avec le nombre de "migrants" – terme novlangue visant à faire passer un envahisseur pour un réfugié – au mètre carré dans le quartier en question. Une pétition circule. Heureusement, très vite, les pouvoirs publics se saisissent de l'affaire : au fond, tout ça, c'est dans la tête des femmes, un banal "sentiment d'insécurité", qu'il faudrait voir à ne pas transformer en terrible amalgame. D'autant que des solutions existent : un nouvel éclairage public dans un coin, un jardinet dans l'autre et le tour est joué. Une conférence de Laurent Mucchielli se déroulera prochainement afin d'aider les femmes à ne plus se laisser emporter par la folle du logis.

Franck Boizard se demandait il y a peu si l'on peut être libéral et conservateur. La réponse est à la fois oui et non. Oui on peut être libéral, c'est-à-dire accepter le principe premier de la liberté individuelle et par ailleurs, à titre personnel, se réclamer de valeurs traditionnelles. Mais non, on ne peut pas être conservateur, c'est-à-dire rêver d'imposer un idéal du bien à tous les individus et dans le même temps se prétendre libéral. Par suite, distinguer, comme il est d'usage en France, les domaines d'application du libéralisme (économique vs social, par excellence) relève du paralogisme, comme si la reconnaissance du droit des individus pouvait être à géométrie variable. C'est pourtant sur cet illogisme que repose la ligne de partage "idéologique" entre les camps politiques dans notre pays...

Les réactions qui ont suivi le nouvel attentat islamiste survenu à Manchester le 22 mai dernier témoignent encore une fois, c'est peu dire, de notre faiblesse : la populace chiale, brûle de la cire et fait des cœurs avec les doigts ; l'intellectuel catho s'imagine en Etty Hillesum ; tandis que le ministre des Armées prend grand soin de ne pas nommer l'ennemi. Bref, de la peur, de la soumission, de la branlette intellectuelle et de la désinformation. Au moins les choses sont claires : les islamistes n'auront ni notre "haine", ni quoi que ce soit d'autre de notre part, car nous sommes déjà morts.

Une sénatrice envisage de sanctionner les "fake news", ou fausses informations en bon français. Le co-auteur de la proposition de loi nous assure que cette dernière distinguera les faits des opinions. Et notre homme de citer Popper, avec son critère de falsifiabilité. Le hic, c'est que quand on a lu Popper – ce qui n'est à l'évidence pas le cas de Madame Goulet et de Monsieur Shefet –, on sait que pour lui un fait brut n'existe pas, parce qu'il dépend toujours de la théorie qui sous-tend son observation... L'autre gros problème avec cette proposition de loi, c'est celui de l'institutionnalisation de la vérité. Que la justice sanctionne les conséquences d'une fausse nouvelle, comme la diffamation ou le trouble à l'ordre public, me semble normal et sain dans une société rationnelle. En revanche, que la justice se mêle de dire le vrai me paraît très dangereux. C'est une atteinte claire à la liberté d'expression, dans le même esprit que les lois mémorielles et en outre, ça ne marche pas, ne faisant qu'encourager, en réaction, les thèses qu'on avait tenté d'étouffer. Enfin, si cette loi est votée, j'ai hâte de la voir appliquée aux journaux subventionnés, pourvoyeurs en chef de vérités officielles, conformes à leurs intérêts.

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