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17/04/2017

Gérard sur le divan

Un documentaire sur Gérard Depardieu, l'autre soir, sur une des chaînes de la télévision d'Etat. Aimant beaucoup l'acteur et soucieux par ailleurs de rentabiliser ma redevance, je décide de regarder. Hélas, trois fois hélas, je découvre très vite qu'en fait de documentaire, j'ai droit à une psychanalyse-spectacle à laquelle se livre l'inénarrable Gérard Miller, le psy du PAF, qui ne s'autorise que de lui-même pour sonder l'inconscient des célébrités. Voilà donc Depardieu plaqué sur le divan de Miller et le téléspectateur contraint d'écouter les interprétations navrantes du psychanalyste après chaque séquence de vie de l'acteur. "Ossabandus, nequeyrs, nequer, potarimum, potsa milus" : je ne peux m'empêcher de songer à cette scène du Médecin malgré lui, tant Miller insiste avec sa pseudoscience afin d'expliquer pourquoi le fils du Dédé est muet. Et pour couronner le tout, Miller, non content d'avoir assouvi sa passion du bavardage, en profite pour faire un peu (si peu) de politique, en condamnant Depardieu, coupable d'avoir trouvé refuge en Russie et surtout d'aimer Poutine qui est, comme chacun sait, l'équivalent du Diable en ce monde : on a pourtant connu Miller plus tolérant, à l'égard d'un certain Grand Timonier.

Un documentaire gâché, donc, auquel on préfèrera largement l'autobiographie de Gérard Depardieu (Ca s'est fait comme ça, 2014), dont les mots sincères et puissants réduisent à néant le verbiage freudo-lacanien de Gérard Miller.

04/04/2017

La règle du je

Yann Moix est un être sensible. Habitué à donner des leçons – d'écriture, de morale, d'histoire – le pauvret a failli s'effondrer samedi soir dernier sur le plateau de l'émission On n'est pas couché [43:45] lorsque Florian Philippot, lassé de la mauvaise foi de son interlocuteur, a rappelé à des millions de téléspectateurs qu'il avait préfacé un ouvrage dont la réédition fut interdite quelques années plus tard pour cause d'antisémitisme patenté. Sidéré sur le moment, Moix a réagi en différé en publiant un article dans l'organe de propagande la revue de son ami et mentor BHL. Malheureusement pour lui, cet article manque cruellement sa cible. Car contrairement à ce qu'affirme notre écrivain décomposé, Philippot ne l'a jamais accusé d'être antisémite : il a simplement démontré avec brio combien le sophisme par association était facile d'utilisation et quels dégâts il pouvait provoquer. Mais Yann Moix n'aime pas le goût de ses propres remèdes. Il préfère les administrer généreusement aux autres, en particulier lorsqu'il s'agit du lobby-qui-n'existe-pas, comme par exemple lors de cette récente conférence-débat chez les Amis du Crif : le petit goy n'est-il pas touchant d'obséquiosité à l'endroit de ses hôtes ? Et pour en finir avec notre plumitif déplumé, on lira avec profit la lettre ouverte que lui adressait Paul-Eric Blanrue – l'auteur désormais maudit du fameux livre mis à l'Index de la République – le 28 août 2015 et qui retrouve aujourd'hui toute son actualité !