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04/04/2017

La règle du je

Yann Moix est un être sensible. Habitué à donner des leçons – d'écriture, de morale, d'histoire – le pauvret a failli s'effondrer samedi soir dernier sur le plateau de l'émission On n'est pas couché [43:45] lorsque Florian Philippot, lassé de la mauvaise foi de son interlocuteur, a rappelé à des millions de téléspectateurs qu'il avait préfacé un ouvrage dont la réédition fut interdite quelques années plus tard pour cause d'antisémitisme patenté. Sidéré sur le moment, Moix a réagi en différé en publiant un article dans l'organe de propagande la revue de son ami et mentor BHL. Malheureusement pour lui, cet article manque cruellement sa cible. Car contrairement à ce qu'affirme notre écrivain décomposé, Philippot ne l'a jamais accusé d'être antisémite : il a simplement démontré avec brio combien le sophisme par association était facile d'utilisation et quels dégâts il pouvait provoquer. Mais Yann Moix n'aime pas le goût de ses propres remèdes. Il préfère les administrer généreusement aux autres, en particulier lorsqu'il s'agit du lobby-qui-n'existe-pas, comme par exemple lors de cette récente conférence-débat chez les Amis du Crif : le petit goy n'est-il pas touchant d'obséquiosité à l'endroit de ses hôtes ? Et pour en finir avec notre plumitif déplumé, on lira avec profit la lettre ouverte que lui adressait Paul-Eric Blanrue – l'auteur désormais maudit du fameux livre mis à l'Index de la République – le 28 août 2015 et qui retrouve aujourd'hui toute son actualité !

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