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24/03/2017

Fugaces (II)

Nombre de mes concitoyens souffrent d'une fièvre qui ne retombe pas, après avoir récemment découvert que le pouvoir corrompt. En effet, jadis, les puissants étaient des parangons de vertu et le monde une sorte de paradis terrestre. Et tout soudain l'harmonie s'est brisée et les "affaires" sont apparues. Par chance, de valeureux journalistes, nouveaux chiens de garde de l'ordre républicain, se livrent depuis peu à une véritable épuration éthique, en dénonçant sans répit le moindre manquement de nos caciques. On s'attendait à des choses terribles : traite humaine, trafic d'armes ou de drogues... Et l'on apprend qu'untel a piqué dans la caisse, fait travailler sa petite nièce, ou s'habille en Prada. 

Il y a quelque chose de touchant dans le spectacle de tous ces électeurs potentiels qui se torturent pour savoir s'ils vont passer à l'acte. Ils touchent du doigt ce que les psychologues, sociologues et mathématiciens ont démontré depuis longtemps dans leurs champs respectifs : le vote est un acte fondamentalement irrationnel. L'illusion démocratique perdure malgré tout et l'on peut parier que les indécis du moment prendront la "bonne" décision le jour J, qu'il s'agisse de dire merde au 'système' ou de lutter contre le 'fascisme'. 

Un candidat à la présidentielle laisse entendre que les robots vont venir manger le pain des Français. L'argument remonte à Bernanos (in La France contre les robots, 1947) et reste aussi fallacieux qu'à l'époque. En fait, c'est l'inverse qui est vrai : les pays qui ont le plus de robots (le Japon et la Suède, par exemple) sont aussi ceux qui ont le moins de chômage chez eux, par le développement des emplois industriels. Evidemment, cela suppose de se préparer au changement : quand on lit le programme des prétendants à la fonction suprême et qu'on constate en outre le niveau d'inculture économique qui règne par chez nous, on peut être à peu près sûr que la France loupera le coche.

Pas une semaine qui passe sans qu'une fusillade n'ensanglante notre pays. On nous serine pourtant assez que la France, ce n'est pas le Far West, grâce à une législation sur les armes à feu parmi les plus restrictives de la planète. Et c'est tout à fait vrai : la France, ce n'est pas le Far West, parce que là-bas, les honnêtes gens ont le droit de se défendre.

Le récit de la conversion de Didier Decoin au christianisme (in Il fait Dieu, 1975) rassemble tout ce que je déteste dans la religion du Crucifié : autoflagellation permanente, misérabilisme et louanges à tout propos. Souvenir de ce passage du film Monty Python : Sacré Graal ! – sorti la même année que le bouquin de Decoin – où Dieu s'adresse au roi Arthur et s'agace de ses génuflexions, excuses et autres flagorneries.

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