Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

29/01/2017

L'ami Y'a bon est de retour

Nouvelle censure chez Fikmonskov, cette fois-ci à propos de l'existence des races humaines et de leurs différences. Comme souvent, Fikmonskov ne maîtrise pas du tout son sujet, mais comme souvent, cela ne l'empêche pas d'avoir sa petite opinion, qu'il tient pour fermement établie en dépit de son absence totale de fondements autres qu'un subtil mélange de préjugés et d'idée reçues. Je m'étais abstenu d'intervenir jusqu'à ce que je lise le commentaire d'un certain "Darwin_cwg", que j'appellerais Charlot en hommage à sa malhonnêteté intellectuelle. Charlot défend la thèse du déterminisme biologique, soit l'idée que les comportements humains s'expliquent par la 'nature' des individus, le social et la culture ne venant qu'apposer un simple vernis sur cette réalité fondamentale. Et comme de bien entendu, cette 'nature' des individus justifie les rapports de domination existants : si les nègres sont plus pauvres que les blancs, c'est parce qu'ils sont cons comme des balais (en bois de l'arbre dont ils ne sont jamais descendus), voilà tout. C'est pour avoir eu l'audace d'ironiser de la sorte que Fikmonskov m'a à nouveau fermé sa porte. En revanche, ça ne lui pose aucun problème d'ouvrir une large tribune à un raciste patenté dissimulé derrière le paravent d'une pseudo-scientificité... Dans ce billet, je vais montrer par quels procédés rhétoriques Charlot parvient à faire passer un discours fallacieux pour un ensemble de résultats démontrés. Première étape : faire croire à l'existence des races humaines. Charlot définit une race comme la "subdivision d’une espèce qui hérite des caractéristiques la distinguant des autres populations de l’espèce. Au sens génétique une race est une population qui diffère dans l’incidence de certains gènes des autres populations, conséquence d’une isolation, le plus souvent géographique".  Si Charlot savait de quoi il parlait, il se serait rendu compte que sa définition permet de conclure que les races humaines n'existent pas, pour la bonne et simple raison qu'il n'est pas possible de diviser l'espèce humaine en groupes ayant des caractères phénotypiques nettement distincts (contrairement, cher Fikmonskov, aux Saint-Bernard et aux caniches...). Ce que montre néanmoins la génétique des populations, c'est qu'on peut distinguer des groupes d'ascendance en fonction de variations géographiques : tout le sophisme de Charlot tient dans cette confusion volontaire entre races et groupes d'ascendance. Deuxième étape : faire croire que l'intelligence se réduit au facteur g cher à Spearman (1904). Si tous les psychologues admettent qu’il existe un score, que l’on peut mesurer, qui s’appelle g, et qui permet de prédire, entre autres choses, les résultats à tous les tests de perception et de raisonnement imaginés jusqu’ici, tous s'accordent également à dire que définir ce qu'on entend communément par "intelligence" par ce seul score paraît pour le moins douteux : au mieux le facteur g donne une idée grossière des compétences générales d'un individu. Mais Charlot n'en est pas à ça près et se moque d'escamoter les différents niveaux d'intelligence qu'appréhende bien plus finement le modèle en trois strates développé par Carroll (1993) et qui fait toujours consensus aujourd'hui. Etape intermédiaire : faire croire que la craniométrie est autre chose qu'une vaste fumisterie. Charlot continue de plus belle, en suggérant l'existence d'un lien entre la taille du cerveau et l'intelligence (toujours réduite au facteur g, évidemment), me renvoyant à un article scientifique... qui fait état d'une simple corrélation, en outre plutôt faible (+0.40), en lieu et place d'un lien de causalité avéré : bref, un magnifique effet cigogne. Dernière étape : faire croire que Darwin adhérait aux thèses du déterminisme biologique. Et Charlot de citer un passage de La descendance de l'Homme (1871) où Darwin exprime en effet l'idée d'un lien entre le volume du cerveau et le développement des facultés intellectuelles. Mais Charlot se garde bien de contextualiser le propos de Darwin, en rappelant qu'à cette époque la craniométrie était en plein essor, que Darwin ne savait pas que la plupart des mesures de ses contemporains étaient faussées, ou les différences trop faibles pour dépasser la marge d'erreur (Gould, 1983) et enfin que dans ce même texte, Darwin, en véritable scientifique, évoque un fait contradictoire en parlant du crâne de l'homme de Néandertal, plus grand et plus spacieux que le nôtre... Charlot voudrait aussi faire croire que Darwin stigmatisait des "races inférieures" dans une logique raciste, c'est-à-dire à partir du constat présumé d'inégalités de type biologique pensées comme fixes et définitives, alors que ce n'est pas du tout le cas. Pour Darwin, la "supériorité", chez les êtres humains, consiste dans le développement de capacités rationnelles et morales interdisant l'élimination violente du semblable : d'où, par exemple, sa dénonciation des "sauvages policés d'Angleterre" qui s'opposaient à l'abolition de l'esclavage...

Voilà voilà, comme dirait l'autre.

22/01/2017

Fugaces

Les fêtes de fin d'année ont, comme à l'accoutumée, charrié leur lot de rabat-joie qui n'ont pu s'empêcher de dire tout le mal qu'ils pensaient de cette période d'orgie alimentaire et de dépense matérielle : du pain rassis et une orange, c'est tellement mieux. J'invite ces tristes sires, la prochaine fois, à joindre le geste à la parole, juste pour voir.

Le député-maire Jean Lassalle chez Ruquier, hier soir, venu parler de sa candidature à la présidentielle. L'homme est célèbre pour sa grève de la faim en guise de protestation contre la décision de l'entreprise Toyal Europe de quitter la vallée d'Aspe. Je ne partage pas, loin s'en faut, les vues de ce Monsieur, mais je n'ai pas aimé la façon dont il a été reçu dans l'émission : comme un paysan montant à la capitale, avec son accent à couper au couteau et ses manières bizarres. Les Parisiens, empreints de sophistication, n'en sont pas revenus. Dans un autre genre, même constat la semaine dernière avec Agnès Verdier-Molinié : la dame a rapidement vu ses propos tournés en dérision, pour violation flagrante du dogme étatiste régnant sur notre pays. L'hérétique avait en effet suggéré de réduire significativement la dépense publique et plus largement de repenser la fonction de l'Etat au profit de la société civile.

Vu une publicité pour le site de rencontre Mektoube.fr, qui procède, nous dit-on, "par affinité culturelle", mais se révèle en fait clairement "destiné à la communauté Maghrébine et aux amoureux du Maghreb". Le principe même du site ne me choque pas, considérant, en tant que libéral, que les critères de choix des individus, quel que soit le domaine, peuvent être de tout ordre, y compris, en l'occurrence, d'ordre ethnique. Non, ce qui me gêne, c'est que je n'imagine pas le même site pour une hypothétique "communauté blanche" sans que cela suscite immédiatement un tollé au sein de la petite meute politico-médiatique.

Il faut avoir assisté au "débat" entre Alain Soral et Daniel Conversano pour comprendre l'état de la "dissidence" dans notre pays. Je ne m'attarderais pas sur l'algarade entre Soral et Conversano, parce que je n'y crois pas du tout (on fait son beurre buzz comme on peut). Non, ce qui m'a intéressé, ce sont les points de vue développés par l'un et l'autre, qui, après examen, n'ont vraiment rien de nouveau. Avec Soral, on en revient à Drumont (1885) et à sa crainte obsessionnelle d'un enjuivement de la France. Et avec Conversano, c'est le grand retour du racisme biologique à la Gobineau (1855) avec des histoires de QI et de taille de bites. Bref, "niveau zéro", comme Dieudonné l'indique ironiquement dans le titre de son émission.

Tu as bien compris ? Le monde est pourri, gangréné par le système capitaliste-apatride-levantin soumis à l'horrible logique féodale cosmopolite-mondialiste-libérale destructrice des peuples. Si tu es d'accord et pour montrer combien tu es rebelle, achète un T-shirt.

Nouvelle victoire de l'Eglise de Scientologie contre l'UNADFI, qui démontre encore une fois combien la lutte contre les présumées "sectes" dans notre pays relève de la chasse aux sorcières : silence assourdissant des médias. Et toujours autant de subventions versées à cette association d'inutilité publique.

Tel écrivain au succès confidentiel qui, aux trois fameuses questions de Kant, répond par un glorieux "rien" (in Le philosophe sans qualités, 2006), se pique pourtant d'être un philosophe professionnel, par opposition à ceux qu'il appelle affectueusement "rats de blog" [sic], soit tous les pauvres hères qui ont le tort de ne pas partager la folle passion que Frédéric Schiffter voue à lui-même. Après avoir censuré longtemps ces ignobles personnages, notre homme a purement et simplement supprimé la possibilité de commenter chez lui. Mais cela ne l'a apaisé qu'un temps : il a récemment découvert que ses détracteurs avaient l'audace de commenter ailleurs ! D'où ce nouveau crachat de mépris terrifié de la part de l'inénarrable "nihiliste balnéaire". Voilà donc comment finit un dilettante : telle cette vieille femme pudibonde qui, ayant surpris les ébats amoureux d'un jeune couple au cours de sa promenade, continuait de se plaindre de les voir batifoler sur une colline éloignée grâce à ses jumelles...