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19/07/2016

Victimofolies

A chaque drame, j'entends parler de ces fameuses "cellules de crise" mises en place immédiatement après "l'événement" afin de prendre en charge les victimes. Et à chaque fois, je plonge dans un abîme de perplexité. Je me demande en effet ce que des psys un minimum sérieux et honnêtes vont faire dans cette galère, étant donné les maigres résultats des outils actuellement disponibles pour soulager les traumas. Oh, certes, comme souvent dans une certaine psychologie, les théories ne manquent pas, les pratiques non plus et les effets de mode encore moins. Par exemple, en ce moment, c'est l'EMDR qui a le vent en poupe, thérapie dite "intégrative" parce qu'elle fait appel à des techniques issues de différents courants et que ses promoteurs vantent comme une panacée, avec tout plein d'études cliniques à l'appui. Sauf que quand on gratte un peu les études cliniques en question, on se rend compte que la méthodologie employée se révèle pour le moins légère, pour ne pas dire carrément foireuse. Reste que l'EMDR "ça marche" – ultime argument de tous les adeptes de pseudosciences. A ce compte-là, l'homéopathie, "ça marche" aussi, mais on attend toujours des nouvelles de la mémoire de l'eau (pour l'heure, Avogadro a remporté le match contre Benvéniste par KO). Mais je m'égare. Je me demandais, donc, ce que des psys un minimum sérieux et honnêtes allaient faire dans une "cellule de crise". Et puis j'ai lu ceci. Le témoignage de cette dame, "psychologue clinicienne, formatrice", fait le tour de Facebook depuis hier. Ce qui me frappe, c'est la réaction des victimes : on a de nouveau affaire, comme pour l'attentat au Bataclan, à des surhumains, comme l'écrivait plaisamment l'ami Philippe. Nulle haine, nul désespoir, non, que du positif, des gens bien, quoi, qui, une poignée de jours après l'horreur, ont repris le train de la guimauve en marche. Soyons clairs : je ne me moque pas de ces victimes, ici. Je dis simplement que leur réaction n'est pas normale au regard de ce que des psys un minimum sérieux et honnêtes savent du fonctionnement psychologique humain. A un autre niveau et dans une perspective plus politique, un esprit chagrin pourrait se demander si la principale fonction des "cellules de crise" ne serait pas, justement, d'étouffer dans l'œuf toute réaction normale chez les victimes qui risquerait de perturber "le programme" du gouvernement : les psys comme instrument de contrôle social, ça ne serait pas la première fois... En l'occurrence, si mon hypothèse est correcte, il s'agit de placer les victimes et par extension, l'ensemble des citoyens, dans un état d'impuissance apprise. Car c'est bien beau de glorifier des "héros" si c'est pour mieux les conduire à abdiquer psychologiquement face à des ennemis autrement plus déterminés : pour pouvoir "profiter, aimer et vivre", Madame Bonhomme, encore faut-il être libre de le faire sans craindre de finir en confettis à chaque coin de rue. Et cette liberté-là ne se reprend qu'avec les armes.

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