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08/03/2015

Pertes et fracas

C'est une publicité pour un dentifrice où une actrice en blouse blanche explique que le résultat prétendument obtenu n'est "pas magique mais scientifique". Toute l'arrogance de l'époque tient dans cette petite formule : comme si, après des siècles d'obscurantisme, l'humanité en avait enfin fini avec l'ignorance, la superstition et la pensée magique, précisément, pour atteindre la lumière de la pure raison. On me permettra d'avoir de gros doutes quand j'observe les agissements banals ou grandioses de mes contemporains, des lecteurs d'horoscope aux fous d'Allah en passant par les adeptes de l'homéopathie. 

C'est une entrevue d'actualité où une militante dénonce, à l'occasion de la journée internationale de la pleurniche des vagins, le "meurtre" de masse que représenterait l'avortement sélectif pratiqué dans nombre de pays du monde. Eh quoi, ma grande, faudrait savoir : ou bien l'IVG est un droit des femmes et dans ce cas on ne voit pas bien pourquoi elle deviendrait tout soudain scandaleuse lorsqu'elle s'exerce contre des fœtus féminins, ou bien l'IVG est une abomination et dès lors on ne saisit pas pourquoi les féministes ne se récrient que lorsqu'elle s'exerce contre des fœtus féminins. C'est juste une question de cohérence, tu vois.

C'est un Premier ministre qui exprime sans détours sa peur de voir le Front national prendre le pouvoir. Bien vu, Manu : le danger, aujourd'hui, en France, ce n'est pas la misère des sans-dents, ce n'est pas la violence des capuchards, des barbus et des cols blancs, ce n'est pas la submersion du territoire national sous les vagues migratoires, non, la vraie menace, c'est le péril brun incarné par une grande gueule blonde dont le discours rappelle indubitablement les heures les plus sombres de notre Histoire (© LICRA). Un chef de gouvernement témoignant d'un tel sursaut de conscience a de quoi rassurer le bon peuple.

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