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30/01/2015

La guimauve contre-attaque !

Maurice était un apprenti terroriste lambda. (Oui, Maurice : d'après des statistiques ethniques confidentielles du ministère de l'Intérieur, il s'agissait du prénom le plus courant parmi les apprentis terroristes) Maurice avait fait de la prison, pour des délits mineurs (violences aggravées, braquages). C'est là qu'il avait été en contact avec la lumière du véritable islam, grâce à un groupe de Suédois. Maurice avait changé peu à peu : il s'était laissé pousser la barbe, ne buvait plus d'alcool, ne mangeait plus de porc et s'agenouillait en direction de La Mecque cinq fois par jour (du moins lui et ses comparses le croyaient-ils, les gardiens, taquins, leur ayant indiqué la mauvaise direction). Libéré sur parole, Maurice avait parfait ses connaissances islamiques en regardant des vidéos de décapitation en ligne. Et puis, il y avait eu les attentats de Paris. Comme tout le monde, Maurice avait regardé BFMTV. Comme certains, il avait souri en apprenant la mort de Charb et de ses acolytes : le prophète était vengé. Du coup, Maurice était encore plus motivé pour passer à l'action et attendait impatiemment le temps de son stage en Syrie. Mais c'était sans compter sur la détermination du gouvernement français : ce dernier avait en effet très vite pris les choses en main en organisant une manifestation qui resterait dans l'Histoire, la marche des Bisounours. Devant le spectacle de tous ces gens descendus dans la rue pour brandir le slogan "Je suis Charlie" (© Joachim Roncin), Maurice avait commencé à douter : et s'il faisait fausse route ? Pour se rassurer, Maurice était allé sur Internet. Mais au lieu de visiter ses sites habituels, il avait tapé "djihadisme" sur Google et avait lu, comme premier résultat de recherche, "Tous contre le terrorisme - stop-djihadisme.gouv.fr‎", avec en sous-titre : "le Gouvernement renforce son dispositif de lutte anti-terroriste". Et soudain, Maurice avait tremblé. Mu par une force irrésistible, il avait cliqué sur le lien. Et là, tout avait basculé. Maurice avait appris comment "décrypter la propagande terroriste en vidéo" et avait découvert, atterré, qu'il avait été la victime d'un odieux processus de "radicalisation violente" : tout son idéal n'était que mensonge... Alors, Maurice avait pleuré. Après plusieurs jours de prostration dans son petit appartement de banlieue, Maurice avait décidé de consulter une spécialiste : Dounia Bouzar, experte ès maraboutisme. Avec elle, à raison de plusieurs séances hebdomadaires, il avait fini par extirper le démon djihadiste de son âme.

Aux dernières nouvelles, Maurice travaille comme videur dans une boîte de nuit de la capitale. Il a laissé son obscur passé derrière lui pour fonder une famille : il attend désormais un enfant conçu avec Gérard, épousé en première noce.

28/01/2015

Les frères ennemis

Je ne sais s'il faut rire ou pleurer devant le spectacle renouvelé de ces conservateurs qui n'ont pas de mots assez durs contre l'islam et qui dans le même temps pleurnichent sur la présumée décadence de l'Occident, dont témoignerait la disparition d'"une culture traditionnelle encore marquée par les hiérarchies naturelles, la soumission de la femme et le respect dû aux anciens" – étant ainsi parfaitement en accord avec les musulmans "sur le rejet de l'athéisme et de l'humanisme, sur le retour au patriarcat", comme l'écrit admirablement Houellebecq dans son dernier roman. Et au fond, c'est bien de cela qu'il s'agit : cet ardent désir de soumission, exprimé par un nombre grandissant d'individus pour lesquels la liberté semble décidément un fardeau trop lourd à porter. Tous ceux-là n'espèrent rien tant que l'effondrement du système actuel pour que de ces ruines émerge un ordre nouveau ; en réalité le retour à un fantasmatique ordre ancien, ancré dans quelque hypothétique norme naturelle ou divine. Je l'entrevois trop bien, ce futur possible : croisés et moudjahidines lassés de leurs querelles intestines et faisant front commun contre la liberté, secondés par des millions de zombis populaires guidés par la crainte et l'intérêt.

C'est bel et bien une guerre de civilisation qui se prépare, mais peut-être pas celle que l'on croit...

15/01/2015

Blasphemiae delictum

La crapule du Vatican, toujours prompte à l'ouvrir surtout lorsqu'elle ferait mieux de la fermer, explique au monde que la liberté d'expression, c'est très bien, tant qu'elle ne froisse personne et en particulier, évidemment, les croyants de tous bords (que les athées soient offensés par le flot ininterrompu de conneries proférées par les croyants en question n'intéresse en revanche que très peu de gens : les bigots ont l'avantage du nombre). Pour appuyer son propos, l'évêque de Rome prend un exemple digne d'une racaille de quartier : si tu insultes ma mère, sale bâtard, faudra pas t'étonner si je te défonce la gueule. Coïncidence amusante, c'est exactement le raisonnement tenu par des musulmans innombrables et même pas fanatiques dans notre pays : les attentats contre Charlie Hebdo sont regrettables, mais enfin, ces chiens de dessinateurs l'ont bien cherché en manquant de respect à Mahomet (que le salut et la bénédiction d'Allah soit sur lui ; ah ben ouais, si une petite eulogie peut m'éviter une fatwa... on en est là les gars). Bref, l'argument du violeur par excellence : au fond, c'est la victime qui est coupable d'avoir provoqué le bourreau.

Merci, François.

01/01/2015

Nouvel an

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