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28/01/2015

Les frères ennemis

Je ne sais s'il faut rire ou pleurer devant le spectacle renouvelé de ces conservateurs qui n'ont pas de mots assez durs contre l'islam et qui dans le même temps pleurnichent sur la présumée décadence de l'Occident, dont témoignerait la disparition d'"une culture traditionnelle encore marquée par les hiérarchies naturelles, la soumission de la femme et le respect dû aux anciens" – étant ainsi parfaitement en accord avec les musulmans "sur le rejet de l'athéisme et de l'humanisme, sur le retour au patriarcat", comme l'écrit admirablement Houellebecq dans son dernier roman. Et au fond, c'est bien de cela qu'il s'agit : cet ardent désir de soumission, exprimé par un nombre grandissant d'individus pour lesquels la liberté semble décidément un fardeau trop lourd à porter. Tous ceux-là n'espèrent rien tant que l'effondrement du système actuel pour que de ces ruines émerge un ordre nouveau ; en réalité le retour à un fantasmatique ordre ancien, ancré dans quelque hypothétique norme naturelle ou divine. Je l'entrevois trop bien, ce futur possible : croisés et moudjahidines lassés de leurs querelles intestines et faisant front commun contre la liberté, secondés par des millions de zombis populaires guidés par la crainte et l'intérêt.

C'est bel et bien une guerre de civilisation qui se prépare, mais peut-être pas celle que l'on croit...

Commentaires

"Mais où sont les neiges d'antan ?", écrivait avec une ironie certaine, un certain autre François qui n'était ni pape, ni président.
Vous avez parfaitement raison avec Michel H.
Sauf peut-être sur "le futur possible", car je pense que désormais, nous devons hélas décliner le verbe "décliner" au présent de l'indicatif.
Ces cons-là ont déjà bouclé toute les issues et sont en train de mettre le feu au cirque avant de partir s'enfermer dans leur blockhaus luxueux qu'ils nous ont fait construire et payer.
Et "autant en emporte le vent" comme l'écrivait également le susdit Villon. Bien à vous.

Écrit par : Martin.Lothar | 30/01/2015

Un amoureux de Villon aurait sa place dans mon bunker – si j'avais un bunker. Il ne nous reste peut-être en effet plus que la poésie : éloge de la fuite, comme l'écrivait Laborit.

Écrit par : Agg | 31/01/2015

J'ai un excellent souvenir de ce texte de Laborit qu'il va falloir que je retrouve d'urgence dans le foutoir de ma librairie. Mille mercis de ce rappel.

Écrit par : Martin.Lothar | 03/02/2015

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