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11/12/2014

Le vent souffle où il veut

Une discussion récente chez Franck Boizard m'a rappelé l'une des raisons pour lesquelles je suis athée : pour ne jamais devenir comme ces croyants innombrables à l'âme emmurée qui semblent bien décidés à enfermer le reste du monde dans leur geôle de tristesse. Comment prendre au sérieux quelqu'un qui vous parle de spiritualité en vous crachant au visage ? Quel crédit accorder à cet autre qui décrète la vérité et l'erreur tel un petit dieu juché sur sa falaise ? Quelle confiance donner à ce troisième qui voudrait fixer un cadre pour la vie comme si cette dernière était une nature morte accrochée dans le salon ?

Où se cachent les témoins de l'amour et de la lumière ?

Une petite annonce imaginaire : humain en chemin cherche compagnons de route.
Toujours pas de réponse.

Commentaires

"humain en chemin cherche compagnons de route"

Normal que vous n'ayez pas de réponse. C'est comme citoyen du monde... tout le monde sait que ca ne veut rien dire.

Écrit par : Dumet | 11/12/2014

@Dumet

>> Et l'on voit au quotidien la grande réussite du programme appliqué à partir de ce que "tout le monde sait". Ne changeons rien, surtout.

Écrit par : Agg | 11/12/2014

Ayant connu les deux côtés de la barrière, je comprend votre interrogation. J'en suis à penser que la foi, dans une religion "révélée", est incompatible avec l'ouverture d'esprit, puisque la vérité toute entière est contenue dans cette révélation; alors à quoi bon discuter ? Comme le disait Sartre, je crois, le parti ne peut se critiquer que de l'intérieur...Quand on regarde les empoignades des premiers conciles chrétiens, on est déjà édifié quant à la charité et la correction fraternelle.( et après ce fut encore pire !)
J'ai retrouvé ma liberté d'expression, et oserai-je le dire, j'ai appris l'humilité en quittant l'Eglise.

Écrit par : Soames | 11/12/2014

@Soames

>> Votre propos me fait penser à Tolstoï. :-) A quoi bon discuter ? Parce que j'aime les défis et que jusque là je ne désespère pas de l'humain. Et puis, contrairement à nombre de mes interlocuteurs, je n'ai rien à défendre : je suis toujours en chemin. Oh, j'ai bien sûr mes petites opinions et préférences, mais je ne me prends pas assez au sérieux pour en faire "la Vérité". C'est d'ailleurs un des paramètres de mon "détecteur spirituel" : l'humour. Un type incapable de rire (et d'abord de lui-même, avec tendresse) est quelqu'un qui n'aura pas ma confiance.

Écrit par : Agg | 11/12/2014

Je vous suis tout à fait.

Écrit par : Soames | 11/12/2014

Mon petit message ci-dessus était justement une petite touche d'humour que votre détecteur n'a visiblement pas repéré.

Votre phrase m'a fait tiqué parce qu'elle ressemble trop à un poncif, c'est à dire une phrase qui semble profonde mais qui ne veut rien dire. Un "humain en chemin", soit. Mais vers quoi ? Moi quand je prends un chemin, j'ai un objectif. Peut-être que le chemin n'est pas le meilleur. Peut-être même que l'objectif n'est pas bon. Mais enfin au moins j'en ai un.
Mais l'idée d'inviter quelqu'un à cheminer tout court m'a toujours parut une bonne blague ou une imposture.

Ce faisant, vous reprenez une expression du catholicisme le plus gnangnan ce qui est assez amusant. C'était peut-être une paraphrase volontaire de votre part, mais je n'en suis pas sur : vous avez un coté "curé qui s'ignore".

Bon cela dit, vous avez trouvé l'ami Soames pour cheminer. Comme quoi, il ne faut jamais désespérer...

Écrit par : Dumet | 11/12/2014

Et pour aller sur le fond de votre débat chez Boizard, vous pouvez visionner l'anecdote de Juvin raconté par lui-même :

https://www.youtube.com/watch?v=ZdS3skp_MyI

Écrit par : Dumet | 11/12/2014

@Dumet

"""""Mon petit message ci-dessus était justement une petite touche d'humour que votre détecteur n'a visiblement pas repéré."""""

>> C'est qu’il s’agit d’un détecteur spirituel, voyez-vous. Or il ne m’a pas semblé que vous prêchiez.

"""""Votre phrase m'a fait tiqué parce qu'elle ressemble trop à un poncif, c'est à dire une phrase qui semble profonde mais qui ne veut rien dire."""""

>> J'entends bien votre point de vue, mais cette phrase n'avait aucune prétention à quelque profondeur que ce soit : j’exprimais bien plus modestement mon ressenti.

"""""Moi quand je prends un chemin, j'ai un objectif."""""

>> Oui, ça s'appelle "avoir un plan" et ça marche plutôt pas mal pour les objets du monde. Mais en va-t-il de même pour ce qui n’est pas de ce monde ? Y a-t-il un parcours balisé pour atteindre à l’ineffable ?

"""""Mais l'idée d'inviter quelqu'un à cheminer tout court m'a toujours parut une bonne blague ou une imposture."""""

>> Ah mais 1) il n’est pas question de vous y inviter, il est question que vous vous en rendiez compte : vous êtes d’ores et déjà "en chemin", c’est-à-dire en train de devenir, dans un perpétuel renouvellement, de vos souvenirs jusqu’à la moindre de vos cellules ; et 2) Votre remarque me fait penser à la réaction classique de nombre d’Occidentaux lorsqu’ils s’essayent à la méditation ou à la prière : ils rigolent bêtement et crient à l’imposture. Pas facile d'être "simplement" soi-même "dans le secret" d'une chambre... face à l'univers ou au Père, pour ceux qui y croient.

"""""Ce faisant, vous reprenez une expression du catholicisme le plus gnangnan ce qui est assez amusant."""""

>> A vrai dire, je songeais plutôt au "meurs et deviens" de Goethe, mais tout n'est pas perdu si je vous ai amusé.

"""""C'était peut-être une paraphrase volontaire de votre part, mais je n'en suis pas sur : vous avez un coté "curé qui s'ignore". """""

>> C'est peut-être parce que vous abordez mes propos de la même manière que vous délivrez les vôtres, c'est-à-dire à partir d'un postulat de vérité absolutiste. Mais je ne professe rien, je parle seulement d'où je suis.

"""""Bon cela dit, vous avez trouvé l'ami Soames pour cheminer. Comme quoi, il ne faut jamais désespérer..."""""

>> J'ai bon espoir en effet : encore onze autres mecs et je fonde ma religion. Vous ferez moins le malin, dans deux mille ans ! :-D

Merci pour la vidéo de Juvin, elle a le mérite de rappeler le contexte de l'anecdote. Mais je ne partage toujours pas l’interprétation qu’il en donne. A cette jeune femme en plein doute, j'aurais pour ma part demandé pour quelle raison elle se sentait pressée de céder à cette logique définitionnelle prétendant réduire la multiplicité mouvante d’un individu à tel ou tel de ses particularismes, qu’il soit racial, sexuel, politique ou religieux. Je lui aurais ensuite expliqué que la force de l'Occident est justement d'avoir autorisé l'émergence de cet individu à l’identité plurielle et irréductible contre les communautarismes de tous poils. J’aurais ajouté que le christianisme auquel Monsieur Juvin se réfère implicitement est précisément "la religion de la sortie de la religion" – comme l'a admirablement montré Marcel Gauchet – et par suite que l’idée de former à nouveau un bloc identitaire monolithique relève d'un fantasme régressif de la plus belle espèce allant à l’encontre de l'ensemble de notre culture et tombant dans le piège tendu par certains de nos ennemis qui n’espèrent rien tant qu’un "choc des civilisations", pour reprendre l’expression consacrée. Mais bien sûr, Monsieur Juvin ne pouvait rien dire de tout cela, parce que ce n’est pas le sens du vent populaire et qu’il faut bien vivre. Non, si vous voulez faire florès aujourd’hui, il faut traquer le malaise, attiser la peur et crier au déclin, le tout avec le sérieux d’un pape, car l’heure est grave. Les historiens du futur s'interrogeront probablement longtemps sur ces "terreurs des ans deux mille", bien réelles celles-là...

Écrit par : Agg | 12/12/2014

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