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04/11/2014

Onfray et les non-A

Voilà que Michel déplore la "pensée binaire" de notre temps et plaide pour la "subtilité dialectique". Il revendique un "droit d'inventaire" qui permette de séparer le bon grain de l'ivraie. Et je ne saurais le lui reprocher, ce que j'appellerais pour ma part l'intégration de la complexité relevant assurément de l'intelligence. Non, ce qui me gêne, ou plutôt me fait sourire, comme souvent avec Michel, c'est que cet appel à la musique philosophique, "subtil mélange de bruits volontaires et de silences décidés", vienne de lui. Car Michel, pour les connaisseurs, c'est quand même le spécialiste de la pensée binaire, simplisme logique qui fait d'ailleurs à mon sens l'essentiel de son succès. La méthode est rodée : Michel choisit une cible et en livre une analyse uniquement à charge, pour ensuite venir se plaindre des protestations que sa démolition en règle suscite, voire faire d'icelles la preuve de la validité de sa thèse : si on le critique, c'est qu'il touche juste et dérange, on veut le faire taire ! Et même lorsqu'il donne dans l'éloge, c'est toujours dans un manichéisme bon teint et facilement assimilable par son public abêti : hédonisme contre ascétisme, matérialisme contre idéalisme, ou encore immanence contre transcendance. Il ne semble pas venir à l'idée de notre "philosophe" que des concepts puissent s'articuler autrement que sur le mode de l'opposition.

Bref, gageons que Michel ne réserve pas ce sursaut d'honnêteté intellectuelle à Mai 68 et que ses lecteurs avisés le verront bientôt dégager une "positivité" de la psychanalyse, des études de genre ou du christianisme...

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