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12/10/2014

Promenade d'automne

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05/10/2014

La Manif Contre Certains

C'est le grand retour de La Manif Pour Tous, cette fois pour demander l'abrogation de la loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe et protester contre la possibilité d'une extension du droit de recourir à la procréation médicalement assistée aux couples de lesbiennes et contre l'institution du droit d'employer la gestation pour autrui. Cette actualité appelle chez moi quelques remarques, que je livre ici "à chaud" et sur lesquelles je reviendrais éventuellement plus tard. D'abord, je note que, tant du côté des partisans de LMPT que du côté des journalistes et des membres du gouvernement, règne cette idée que les droits individuels dépendraient du bon vouloir d'une majorité ou d'une autre, chaque camp s'envoyant des chiffres à la figure pour justifier sa position : c'est là toute l'injustice démocratique, bien loin d'un régime de liberté... Ensuite, je constate, chez nombre de mes concitoyens, un déni grandiose de la mondialisation : cette dernière ne consiste pas seulement en une libéralisation progressive des échanges économiques, mais aussi en une mise en concurrence des différentes législations nationales. Dans ce cadre, il n'y a rien d'étonnant à ce que des Français partent dans d'autres contrées chercher des règles plus favorables à leurs intérêts particuliers. Cela vaut autant pour "l'évasion fiscale" que pour le "tourisme procréatif". Et sauf à fermer les frontières, il n'y a aucun moyen d'endiguer ce phénomène, la seule question raisonnable étant de savoir si on veut faire de la France un pays-repoussoir ou au contraire un pays attractif. Enfin, je m'amuse de ce slogan brandi par les militants de LMPT : "L'humain n'est pas une marchandise". Outre qu'on se croirait à un forum altermondialiste, il y a les faits : pendant des siècles, on a réduit les femmes à leur fonction procréatrice et on a fait des enfants afin d'avoir des bras pour perpétuer le clan, travailler, faire la guerre et accessoirement pour augmenter le quota d'âmes accueillies dans l'Eglise... Et encore aujourd'hui, les mêmes qui prétendent combattre la marchandisation de l'humain sont bien souvent les premiers à défendre une politique nataliste, c'est-à-dire à promouvoir une forme de société où les femmes et les enfants sont instrumentalisés en vue de telle ou telle fin, qu'il s'agisse de préserver la race ou de payer les retraites. Je rajouterais que ces braves gens seraient beaucoup plus convaincants s'ils n'avaient pas attendu le débat autour du mariage entre couples de personnes de même sexe pour dénoncer le marché de l'adoption ou les maltraitances sur mineurs ; en l'espèce, cela donne surtout l'impression d'alibis commodes pour masquer un rejet d'une catégorie de la population tout en se drapant de vertu.

Et puis, en amont de tout cela, il y a cette expression, qui donne le titre à mon billet et que j'ai relevée je ne sais plus où sur la toile : La Manif Pour Tous, c'est en réalité la manif contre certains – lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres, mais aussi banals hétérosexuels souffrant de stérilité – qui n'ont pas l'heur de satisfaire aux oukases de quelques-uns. Les conservateurs ont tout à fait le droit de vivre comme ils l'entendent, en France. Je trouve dommage qu'ils ne reconnaissent pas ce droit aux impudents qui ne partagent pas leurs convictions.

02/10/2014

Onfray genre j'ai rien dit (2)

Michel récidive sur le genre et persévère dans l'erreur, rendant une nouvelle copie encore pire que la précédente et à peine digne d'un élève de Terminale. C'est ainsi qu'il continue à employer l'expression fallacieuse de "théorie du genre", en dépit des patientes explications que lui ont fournies nombre de spécialistes du sujet. C'est ainsi qu'il s'acharne à prétendre que les défenseurs des études de genre nieraient la 'nature' au profit de la seule 'culture', remettant sur le tapis un débat parfaitement caduc sur le plan scientifique, sans même évoquer le verdict tragicomique d'égalité stricte entre ces deux facteurs qu'il prononce. C'est ainsi, enfin, qu'il croit formuler un argument révolutionnaire en distinguant différences de fait et égalité de droit, sans néanmoins trop se mouiller : le lecteur restera en effet sur sa faim, ne sachant toujours pas ce qui fait exactement, pour Michel, qu'"un homme n'est pas une femme [...] pas plus qu'un blanc n'est un noir" – outre le fait d'avoir un pénis ou un certain taux de mélanine, s'entend.