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07/09/2014

Un volcan s'éteint, un conservateur s'éveille

Fikmonskov fait son coming out : il ne croit plus à l'existence de "la théorie du genre" et reconnaît enfin – après une longue période d'aveuglement : exemples de mes efforts pour lui dessiller les yeux ici et – qu'en toute rigueur il n'y a que des études de genre. Bon, bien sûr, le bougre ne peut pas tout lâcher non plus de sa position. C'est ainsi qu'il explique que la confusion sémantique proviendrait d'une stratégie délibérée du gouvernement : je pense pour ma part que c'est accorder bien trop de crédit à ce dernier et que l'usage de l'expression "théorie du genre" reposait sur une méconnaissance profonde des études de genre parmi les autorités mêmes qui prétendaient s'en inspirer dans leur programme. Je rajouterais que le seul fait que Najat Vallaud-Belkacem se justifie sur la question constitua une terrible erreur de stratégie politique, puisque cela a confirmé ses détracteurs dans l'idée que le projet gouvernemental consistait bel et bien à inculquer les études de genre aux enfants là où il s'agissait en réalité de promouvoir l'égalité via un dispositif pédagogique dédié qui, bien que s'appuyant sur la notion de genre – soit la distinction élémentaire entre le sexe biologique d'un individu et les rôles sociaux qu'il peut remplir –, n'avait rien à voir avec les travaux savants sur le genre proprement dits. Cette erreur de Najat Vallaud-Belkacem coûta d'ailleurs fort cher au gouvernement, puisque celui-ci préféra reculer face au délire populaire en abandonnant la généralisation prévue des "ABCD de l'égalité" dans toutes les écoles.

Autre point : Fikmonskov, sans doute soucieux de préserver son image de conservateur auprès des gens de son camp, fustige Judith Butler et en fait une "féministe radicale" et une "extrémiste du genre" dont il faudrait bien évidemment combattre la "théorie". Outre l'amusante tentative de disqualification de la philosophe juive américaine par l'usage de pseudo-concepts comme la "radicalité" et l'"extrémisme", manipulables à souhait (après tout, l'essentialisme des partisans de la loi naturelle est au moins aussi "radical" et "extrême" que le déconstructionnisme de Butler), il y a surtout, en amont, une ignorance patente de la pensée qu'elle a portée, développée et remaniée sur des années : en effet, Butler ne dit pas la même chose sur le genre au moment de la publication de son maître-ouvrage (Trouble dans le genre, 1990) que trois ans après (Ces corps qui comptent, 1993) ou près de quinze ans plus tard (Défaire le genre, 2004). Ca ne veut pas dire que les travaux de Judith Butler ne peuvent pas être critiqués, au contraire, ils doivent l'être, mais en connaissance de cause... Alors oui, Fikmonskov : formez-vous.

Enfin, je ne puis que compatir face à la tempête que notre jeune déniaisé va essuyer dans les commentaires. Ca commence déjà : pour quelques-uns lui rendant hommage pour son honnêteté intellectuelle, beaucoup d'autres le considèrent peu ou prou comme un traître à la cause ou à tout le moins comme un idiot s'étant laissé prendre au piège du camp d'en face. Le niveau redescend dramatiquement après un article certes imparfait mais tout de même de qualité et des commentaires où l'on peut lire qu'être homosexuel traduirait un refus de la masculinité, que les études de genre aboutiraient toutes à une seule et même conclusion, ou encore qu'il y aurait une identité sexuelle ancrée biologiquement que la notion de genre viendrait nier ou pervertir... Bref, les sophismes habituels : pour une personne qui fait l'effort de s'informer, quitte à remettre en cause son préjugé, combien qui choisissent de se vautrer dans leur bêtise ?

Commentaires

Ne rêvez pas, vous n'y êtes pour rien. Et ce discours, je le tiens depuis toujours.

Écrit par : Fikmonskov | 08/09/2014

"puisque celui-ci préféra reculer face au délire populaire en abandonnant la généralisation prévue des "ABCD de l'égalité" dans toutes les écoles."

C'est faux : il a seulement changé de nom (et encore, pas partout). Vous aussi, formez-vous, mon vieux.

Écrit par : Fikmonskov | 08/09/2014

- A propos de quoi n'y serais-je pour rien sinon précisément de ce changement de discours que vous avez amorcé ? ;-) Il suffit en outre de se reporter à vos écrits antérieurs sur la question pour saisir le contraste avec votre nouvelle perspective – sans même évoquer les précautions oratoires avec lesquelles vous ouvrez votre article. Et ça n'a rien de déshonorant, au contraire ! Il vous reste à présent à lire des études de genre (à commencer par Butler...) et vous serez alors à même d'émettre un avis sérieux sur le sujet. Je vous prédis néanmoins des moments difficiles. Le mot de la Bible est tout à fait juste : "celui qui augmente sa science augmente sa douleur" (Ecclésiaste 1:18). Notamment celle infligée par ceux qui ne veulent pas faire les efforts de compréhension nécessaire.

- Le dispositif "ABCD de l'égalité" a bel et bien été abandonné par le gouvernement. Ce qui vient en remplacement, "le plan d’action pour l’égalité entre les filles et les garçons à l’école" (voir ici : http://femmes.gouv.fr/le-plan-daction-pour-legalite-entre-les-filles-et-les-garcons-a-lecole/ ; au passage, je trouve le avant/après particulièrement savoureux) dissimule mal derrière son titre pompeux le caractère édulcoré de son contenu, quand bien même il se porte au niveau national. C'est drôle que vous ne reconnaissiez pas une victoire de votre camp lorsque vous en voyez une. Comme quoi, quelques rumeurs salaces se révèlent bien plus efficaces que n'importe quelle analyse objective des faits : merci Farida. Vivement qu'on enseigne le créationnisme à l'école, le darwinisme n'étant, après tout, qu'une "théorie".

- Je crains fort que la petite cabale que vous avez tenté de lancer contre moi (http://fikmonskov.wordpress.com/2014/09/06/najat-vallaud-belkacem-a-raison-non-la-theorie-du-genre-nexiste-pas/#comment-7497 ) n'échoue lamentablement : pas un de vos commentateurs ne se risquera à venir discuter avec moi, pour la bonne et simple raison qu'ils ne maîtrisent pas le sujet. C'est d'ailleurs toute la bêtise que je dénonce chez eux : non pas bêtise inhérente à leur personne, que je ne connais pas et ne me permettrais pas de juger, mais bêtise de leur comportement, soit ce refus obstiné de savoir de quoi il retourne au profit de banals préjugés. La peur de basculer du côté obscur de la Force, sans doute.

"L'ordure" vous salue bien.

Écrit par : Agg | 08/09/2014

Bla bla bla bla bla bla.

Écrit par : Fikmonskov | 08/09/2014

Pour repartir d'un bon pied.


1. La théorie du genre, c'est quoi ?
La « théorie du genre » est avant tout une invention de ses détracteurs.

Ce qui existe, ce sont les « gender studies », venues des Etats-Unis. Un champ d'études universitaires né dans les années 1960, en parallèle du développement du féminisme. Son propos : étudier la manière dont la société associe des rôles à chaque sexe. Exemples : « pourquoi les hommes font moins le ménage », « pourquoi une femme mécanicienne ou un homme sage-femme paraissent insolites », etc.

L'un des postulats de ces études était de distinguer le « genre », la construction sociale (les filles aiment le rose, les garçons le bleu) du sexe physique. D'où le recours croissant à l'utilisation du terme « genre », par exemple pour dénoncer les « stéréotypes de genre ».

Ce qui n'existe pas : Mais il n'y a pas de « théorie » au sens idéologique ou scientifique du terme, pas de programme secret ou caché visant à « manipuler » les enfants.
Deux jumeaux, Ema et Etienne, à Paris.

2. Pourquoi dit-on qu'elle est « enseignée dans les écoles » ?

La dénonciation des dangers de la « théorie du genre » n'est pas neuve : dès 2011, la sphère catholique traditionaliste partait en guerre contre l'introduction de cette notion de « genres » dans les manuels de Sciences de la vie et de la Terre (SVT) de première. En réalité, ce fantasme d'une « idéologie du genre » est venu des Etats-Unis et des groupes ultraconservateurs, qui ont inspiré leurs homologues en Europe. En réalité, la loi prévoit l'enseignement de l'égalité homme-femme à l'école depuis 1989, et des cours d'éducation sexuelle sont prévus à l'école depuis une loi de 2001.

On n'enseigne donc aucune « théorie du genre » dans les écoles, même si des réflexions sont menées autour des questions d'égalité homme-femme par nombre d'acteurs, dont les syndicats. Les « anti » citent ainsi régulièrement une étude du syndicat Snuipp sur la question, en général sans préciser qu'il s'agit d'une réflexion syndicale et pas du programme officiel.

3. Qu'est ce que les « ABCD de l'égalité » ?

C'est la nouveauté de l'année 2013 : l'éducation nationale teste, dans 600 classes de 275 écoles, de la maternelle au CM2, des séquences pédagogiques sur les questions d'égalité homme-femme, les « ABCD de l'égalité ». Ils ne parlent pas de sexualité et donc encore moins d'homosexualité. Ils consistent en des séries d'exercices et d'activités destinés à interroger sur les rôles masculin et féminin en société : pourquoi les filles jouent à la poupée et les garçons au ballon, etc.
ABCD de l'égalité dans une classe de primaire à Villeurbanne, le 13 janvier 2014.

4. Et la « ligne Azur », de quoi s'agit-il ?

Autre institution mise en cause : « Ligne Azur », filiale de Sida info service, qui existe depuis plus de dix ans, en tant que ligne téléphonique d'écoute pour personnes souffrant de doutes sur leur sexualité. Suite au constat alarmant d'un taux de suicide bien plus élevé chez les jeunes homosexuels, un partenariat a été mis en place avec l'éducation nationale, qui affiche le numéro de « Ligne Azur » dans les collèges et lycées.

Cette ligne a été prise pour cible par les « anti-gender » et notamment par le groupuscule d'extrême-droite « Egalité et réconciliation » d'Alain Soral, très en pointe sur le sujet. Leurs attaques, fausses ou très déformées, ont trouvé un relais en la personne du polémiste Eric Zemmour, qui a estimé que c'était là « la preuve de l'enseignement de la théorie du genre ». En réalité, Ligne Azur ne fait pas d'interventions scolaires, et existe pour prévenir des suicides d'adolescents.

5. Une sénatrice a-t-elle dit que les enfants appartenaient à l'Etat ?

Autre désinformation très répandue, au point de servir dans de très nombreux tracts et documents des « anti » : une citation attribuée à la sénatrice PS Laurence Rossignol, qui aurait supposément dit : « les enfants n'appartiennent pas à leurs parents, ils appartiennent à l'Etat ». Problème, qui illustre bien la méthode employée par les « anti » : cette citation était tout simplement fausse.

La sénatrice a uniquement déclaré : « les enfants n'appartiennent pas à leurs parents ». Ce qui est exact : Toute société, quelles qu'en soient les manières, les coutumes ou les institutions, prend soin d'un enfant quand ses parents meurent, le maltraitent ou sont incapables de s'en occuper.

6. La masturbation est-elle enseignée à l'école ?

On pourrait multiplier les exemples d'intox et de déformations, petites et grandes, tant le climat d'hystérie a été entretenu durant des mois : enseignement de la masturbation dès la maternelle, projet d'interdire la scolarisation à domicile pour mieux endoctriner au « gender », utilisation de « sextoys » dès l'école primaire...

Rien de tout cela n'est vrai, évidemment. Mais ces accusations outrancières sont symptomatiques de la volonté de certains militants de créer une atmosphère propice à la panique. Une opération en partie réussie, puisque des centaines de parents ont fini par retirer les enfants des écoles sur la foi de ces rumeurs.

On peut d'ailleurs trouver un schéma commun à la propagation de toutes ces intox : systématiquement, on trouve une occurence du terme incriminé dans un rapport plus ou moins officiel, une publication d'une institution proche de l'éducation nationale ou de l'un des syndicats d'enseignants. Ce terme est ensuite sorti de son contexte et ce qu'il désigne est fantasmé comme faisant partie intégrante des programmes de l'éducation nationale.

Si l'on prend l'exemple de la masturbation - qui, précisons-le n'a jamais fait partie du programme de maternelle -, le terme est employé dans un rapport de la branche européenne de l'OMS datant de 2010. Il y est expliqué qu'une forme d'autosexualité existe dès le plus jeune âge et qu'il conviendrait d'en informer les enfants qui en font la demande tout en gardant en tête « qu'il est faux d'analyser les comportements sexuels des enfants et des jeunes du point de vue de la sexualité des adultes ». Ce qui se traduit chez les anti-gender par : « l'OMS enjoint aux écoles et crèches d'"encourager la masturbation enfantine" ».

7. Les livres pour enfants font-il la promotion du « gender » ?

Mais la panique autour de la « théorie du genre » n'a pas été entretenue uniquement par des militants d'extrême-droite. L'UMP a aussi été tentée de se greffer sur le mouvement. C'est ainsi que Jean-François Copé a dénoncé un livre pour enfants, « Tous à poil », assurant qu'il était au programme en primaire.

Là encore, l'essentiel des accusations de M. Copé se sont révélées infondées : ce livre n'est pas au programme, mais a été listé par des parents d'élèves dans le cadre d'une bibliographie d'ouvrages, proposée dans quelques documents pédagogiques.

8. Des initiatives qui datent

En creusant un peu, on s'aperçoit assez rapidement que les questions de genre n'ont pas attendu l'année 2013 pour faire leur entrée à l'école, et la plupart des initiatives dénoncées par les « anti-gender » ont déjà plusieurs années.

Ainsi, le partenariat entre « Ligne Azur » et l'éducation nationale date de 2009, et a été renouvelé chaque année, de même que les recommandations aux recteurs d'être attentifs aux questions d'égalité homme-femme. Plus ironique : en 2011, dans le cadre de la préparation de son programme, l'UMP avait consacré un séminaire entier aux « questions de genre » et prévoyait d'évoquer cette question dès la maternelle.

9.Mais qui diffuse ces rumeurs ?

En 2011 déjà, quelques groupuscules ultra-catholiques avaient lancé l'offensive contre la présence de la « théorie du genre » dans les manuels de SVT de première. Le gouvernement avait dû réagir. Trois ans plus tard, ces associations, galvanisées par une année 2013 d'opposition au mariage gay, sont reparties au combat.

Elles ne sont pas seules : l'extrême-droite a également utilisé ses réseaux, autour par exemple de « Egalité et réconciliation » d'Alain Soral, allié pour la circonstance à une ancienne figure de la lutte des « beurs » des années 1980 : Farida Belghoul. Son influence s'est fait sentir notamment sur les quartiers populaires où ont eu lieu la majorité des retraits d'enfants des écoles.

Écrit par : Fikmonskov | 08/09/2014

Alors là rien à dire, sinon chapeau bas ! Cet article du Monde (http://www.lemonde.fr/societe/article/2014/02/26/theorie-du-genre-dix-liens-pour-comprendre_4372618_3224.html, pardonnez-moi, mais j'ai l'obsession des sources) constitue un excellent résumé de la problématique posée par les études de genre et donne une vision équilibrée des enjeux. Au final, on voit qu'il n'y a vraiment pas de quoi fouetter un chat et qu'un débat raisonnable pourrait parfaitement se tenir entre les conservateurs et les progressistes, les uns mettant sans doute plus l'accent sur l'importance d'un cadre traditionnel (ce qui se défend tout à fait), les autres insistant plus sur l'importance d'une logique d'émancipation (ce qui se défend tout autant et n'exclut pas l'autre option, voire l'implique). Par suite, arrivé à ce stade, la question qui me vient personnellement est la suivante : qui a intérêt à exciter les peurs irrationnelles des foules à coups de rumeurs grandioses ?

Écrit par : Agg | 08/09/2014

J'ai oublié de préciser certaines choses :

Expérimentés dans près de six cents établissements pilotes en France, les conclusions de certaines études dites « de genre » déchaînent les passions. Entre dénégations farouches et accusations incantatoires, les partisans et opposants se déchirent encore au sujet de l’éducation nationale.

« La théorie du genre n’existe pas » assènent les ministres pour tenter de désamorcer la polémique. Effectivement, les études de genre sont multiples, tout comme leurs conclusions. Elles font l’objet de nombreux débats entre universitaires et spécialistes, elles se critiquent les unes les autres. En cours de mathématiques, les théorèmes ne sont pas enseignés aux enfants sans avoir été préalablement démontrés. La philosophie n’est enseignée qu’à partir de la classe de terminale, les élèves sont considérés comme pas assez formés pour appréhender toutes les problématiques conceptuelles avant l’âge de 17-18 ans. Les concepts de genre seront-ils démontrés rigoureusement à des gosses de cinq ans, Monsieur Vincent Peillon ?

Le choix de l’Éducation Nationale de ne prendre comme vérité scientifique que l’une des multiples études de genre, ou pire de mélanger les conclusions de plusieurs d’entre elles est éminemment idéologique. Ce ne sont pas les protestations vigoureuses des membres du gouvernement et des auto-proclamés censeurs du débat public qui pourront empêcher le citoyen de bonne foi de le constater.

C’est encore une fois la question de l’ingérence de l’État dans l’éducation et de son empiètement sur les prérogatives parentales qui est posée. Le système français est affligé de la carte scolaire, qui réduit déjà la liberté d’éducation. Forcés de scolariser leur enfant dans un établissement qu’ils n’ont pas forcément voulu, les parents qui boycottent aujourd’hui l’école protestent. Qui veut voir son fils ou sa fille faire l’objet d’ « expérimentations » de l’ « ABCD de l’égalité » promu par Madame Najat Vallaud-Belkacem ? Ne vous fiez pas à son nom, ce programme ne vise pas à régler le problème des 20% d’enfants qui sortent du primaire sans savoir lire correctement. La vraie égalité, ce n’est pas avoir 50% de maçonnes mais bien 100% d’élèves sachant lire, écrire, compter. Que l’école retrouve donc son vrai rôle, instruire, et qu’elle laisse aux parents la responsabilité de l’éducation de leurs propres enfants.


Il me semble que le débat n'est pas complet sans cette légère mise au point.

Écrit par : Fikmonskov | 08/09/2014

Ce second article, issu d'un site chrétien (http://cahierslibres.fr/2014/02/peillon-vallaud-belkacem-ne-faites-pas-genre/ ), me semble plus discutable :

- En France, l'école n'est pas simplement le lieu de la transmission des savoirs, mais également celui de la socialisation des enfants et de la formation des futurs citoyens depuis... la IIIe République. Dans ce cadre-là et a fortiori dans le contexte actuel d'une montée des communautarismes de tous bords, une formation à l'égalité entre les hommes et les femmes dès le plus jeune âge me paraît au moins aussi importante que l'acquisition des fondamentaux. En outre, l'une n'exclut pas l'autre : mes parents ont encore reçu des cours de morale, ça ne les a pas empêché d'apprendre à lire, à écrire et à compter.

- Ni le dispositif "ABCD de l'égalité" ni "le plan d’action pour l’égalité entre les filles et les garçons à l’école" ne consistent à enseigner les études de genre aux enfants. Il s'agit bien plus modestement de sensibiliser ces derniers à la problématique de l'égalité entre les individus indépendamment de leur sexe biologique. Par ailleurs, il faut distinguer entre les études de genre, dont les approches et les conclusions sont effectivement multiples et le concept de genre proprement dit qui, lui, a reçu une définition opérationnelle à partir de la Quatrième Conférence mondiale sur les femmes (Pékin, 1995) : "Le genre se réfère aux relations entre hommes et femmes basées sur des rôles socialement définis que l’on assigne à l’un ou l’autre sexe". C'est en s'appuyant sur cette définition que travaillent depuis lors les responsables politiques des pays du monde, sous l'égide de l'ONU.

- Entre parenthèses, puisque c'est hors sujet, la question de l'administration de la preuve est résolue différemment selon les disciplines : à suivre l'auteur de l'article, il ne resterait plus grand-chose à enseigner si c'est la preuve formelle utilisée en mathématiques qui devait servir de seul critère acceptable de validité d'une théorie. Dit autrement : on ne démontre pas le génocide juif ou l'évolution des espèces comme on démontre le théorème de Thalès ou le cogito cartésien.

Écrit par : Agg | 09/09/2014

Sur l'ABCD, il me semble utile de préciser quelques points :


Les formateurs et les formatrices, les enseignants et les enseignantes pourront s’appuyer sur le site et son blog pour approfondir leur réflexion et échanger sur leurs pratiques. Ils y trouveront des vidéos de chercheurs et chercheuses,
de pédagogues, pour acquérir ou approfondir leurs
connaissances et transmettre en classe une culture de
l’égalité et du respect entre les sexes. Un ensemble de
séquences pédagogiques ainsi qu’une vaste sélection
de documents téléchargeables permettent de puiser
des contenus diversifiés pour les intégrer dans les matières enseignées de manière transversale.

Un blog permettra, à partir de septembre 2013, des
échanges de bonnes pratiques et le suivi des formations et de leur impact dans les écoles participant à l’expérimentation. Les enseignants et enseignantes pourront réagir aux billets et les enrichir de leurs réflexions.

Conférences et interviews pour la formation

Elles ont été réalisées lors de journées de formation sur le thème « l’égalité entre les filles et les garçons » à l’école primaire.
Ces ressources sont complétées par des documents fournis par les intervenants et intervenantes lors de ces journées :
• les diaporamas des interventions ;
• la grille d’observations ;
• des bibliographies.
Les vidéos, chapitrées de 30 à 50 min, permettent de découvrir de nombreux aspects de la problématique de l’égalité filles-garçons à l’école primaire.

L’ensemble des activités proposées représente une
dizaine d’heures de formation par cycle en conformité
avec les programmes de l’école primaire.

Les séquences permettent aux enseignants et enseignantes de construire une programmation suffisamment flexible pour s’intégrer aux objectifs du Socle commun de connaissances, de compétences et de culture.

Ces séquences téléchargeables sont complétées par des ressources pédagogiques, à destination des professeurs des écoles de maternelle et d’élémentaire pour une utilisation en classe.

Sélection de ressources documentaires

Des vidéos, des documents téléchargeables, des podcasts sont également disponibles pour accompagner la réflexion en matière d’égalité entre les filles et les garçons

Si on ne sait pas tout ça, on ne comprend pas bien le débat. Je le précise pour d'éventuels lecteurs de ce blog qui aimeraient comprendre enfin la question.

Écrit par : Fikmonskov | 09/09/2014

Je pense que les éventuels lecteurs de ce blog savent déjà tout ça, dans la mesure où vous reprenez ici les libellés des différentes rubriques du site consacré au dispositif "ABCD de l'égalité" (http://www.cndp.fr/ABCD-de-l-egalite/accueil.html ) dont j'indiquais déjà le lien dans mon billet, précisément afin que chacun puisse vérifier mes dires par lui-même en s'abreuvant directement à la source. En outre, je rappellerais à toutes fins utiles que le dispositif "ABCD de l'égalité" n'est plus d'actualité, son expérimentation, pourtant positive, ayant été interrompue par le gouvernement sous la pression populaire. Enfin, je ne vois pas bien l'intérêt de copier-coller (heureusement que vous condamnez cette pratique avec la plus grande fermeté sur votre blog, en expliquant à la fin de chacune de vos productions que, je vous cite, "le copier/coller tue l'information"...) des extraits de textes de valeur fort inégale, dont vous ne prenez même pas soin de mentionner l'origine et à partir desquels vous n'articulez pas le moindre raisonnement.

Écrit par : Agg | 09/09/2014

À propos de "l'abandon" des ABCD :

"Les ABCD de l'égalité ne passeront pas l'été. Cet outil de lutte contre les inégalités entre filles et garçons va être abandonné en tant que tel. "Le nom 'ABCD de l'égalité', attaché à l'expérimentation, n'apparaîtra plus", a reconnu la ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, sur France 3, confirmant ainsi les informations qui ont circulé ces derniers jours sur un abandon du programme.

Mais la ministre a assuré que le gouvernement ne renonce pas à son ambition d'éducation à l'égalité. L'évaluation des ABCD, menés dans 600 classes de 275 écoles depuis la Toussaint, montre qu'ils "ont fait leur preuve", même s'il y a "des choses à améliorer, comme offrir davantage d'outils pédagogiques aux enseignants et plus diversifiés", a-t-elle expliqué. "Nous allons passer à une étape où toutes les écoles, tous les enseignants, tous les élèves sont concernés", a-t-elle encore insisté.

Najat Vallaud-Belkacem annoncera d'ailleurs lundi, avec son collègue à l’Éducation nationale, Benoît Hamon, un "plan d'action pour l'égalité filles-garçons à l'école dès la rentrée 2014". Il sera "très ambitieux, plus que l'étaient les ABCD de l'égalité qui n'étaient qu'une expérimentation", a-t-elle insisté, sans en dire davantage sur son contenu."

http://www.lejdd.fr/Societe/Education/Un-plan-tres-ambitieux-pour-remplacer-les-ABCD-de-l-egalite-673950

Bref, "abandon" mon cul. Et vous gobez, naïvement, trompé par le changement des mots.

Vous êtes aussi nul que ceux qui se laissent abuser par "la théorie du genre".

Écrit par : Fikmonskov | 10/09/2014

"à partir desquels vous n'articulez pas le moindre raisonnement"

Ça me rappelle quelqu'un, mais qui ?

Ça va me revenir...

Écrit par : Fikmonskov | 10/09/2014

Question d'interprétation : pour moi, c'est vous qui "gobez naïvement" la parole de Vallaud-Belkacem à partir d'un banal élément de langage. Son "plan très ambitieux" est du même acabit que le "maintien de cap" du duo de comiques Valls-Hollande : une coquille vide, mais qui lui permet de faire oublier le camouflet infligé par les "anti-gender" sur le dispositif "ABCD de l'égalité", tout en asseyant sa crédibilité de ministre. Maintenant, qu'il y ait toujours malgré cela une volonté politique de promouvoir l'égalité entre les hommes et les femmes, oui bien sûr et encore heureux, puisque c'est un engagement pris par la France, tant au niveau européen que mondial.

Je m'en tiendrais là sur ce fil de discussion, vous laissant le soin de conclure si vous le désirez.

Écrit par : Agg | 10/09/2014

"le camouflet infligé par les "anti-gender" sur le dispositif "ABCD de l'égalité","

Donc Najat dit clairement que vous vous plantez, et vous continuez à tenir votre opinion pour la seule vraie, contre l'avis même de la personne la mieux placée pour savoir ce que le ministre de l'éducation nationale fait : le ministre elle-même ?

Vous avez raison : les incultes et les crétins parlent beaucoup trop, au détriment des autres.

Écrit par : Fikmonskov | 11/09/2014

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