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07/08/2014

Le droit à la carte

Un de mes détracteurs habituels sur le sujet du libéralisme me reproche de ne pas distinguer entre le niveau national et le niveau mondial. Cette étrange remarque témoigne combien le libéralisme, en France, est d'abord l'objet d'une profonde méconnaissance. Faut-il rappeler en effet que le libéralisme se définit comme une théorie de philosophie politique qui affirme la primauté des droits individuels ? Par suite, distinguer entre un niveau national et un niveau mondial n'a aucun sens : ou bien les droits individuels sont respectés, ou bien ils ne le sont pas, quel que soit le niveau considéré. Un vol ne cesse pas de l'être parce que j'ai passé la frontière et inversement, un échange économique fructueux ne se transforme pas en vol parce que mon partenaire commercial est Chinois ou Polonais plutôt que Français. De façon assez ironique, les critiques du libéralisme déplorent chez lui l'instauration d'une injustice imaginaire pour mieux promouvoir leur propre système d'injustice réelle : par exemple, les tenants du "patriotisme économique" estiment que les droits individuels des étrangers d'une part et des consommateurs d'autre part peuvent être violés au nom d'un hypothétique "intérêt national" qui n'est jamais, à l'examen, que l'intérêt de quelques-uns situés du "bon" côté de la ligne de démarcation entre leur pays et un autre, quand bien même ils fourniraient un produit ou un service plus cher, ou de moindre qualité. Autre exemple : l'immigration. Les anti-libéraux voient dans ce phénomène une preuve du libéralisme ambiant. En réalité, l'immigration que nous subissons aujourd'hui est la conséquence d'une posture foncièrement anti-libérale, soit l'idée que les individus seraient libres d'aller où bon leur semble, en parfaite violation du droit de propriété individuelle : essayez donc de bronzer sur une plage privée, ou d'entrer dans une fête réservée et vous serez bien reçu. Par suite, il est tout aussi absurde et illégitime de vouloir "fermer les frontières", comme le préconisent les nationalistes, que de vouloir, au contraire, les abolir, comme le recommandent les mondialistes.

En partant des droits individuels comme base de l'analyse politique, les "grands problèmes de notre temps" pourraient être sinon résolus, à tout le moins gérés efficacement. Mais que feraient tous ceux dont l'occupation principale consiste à produire des vents de bouche et l'intention secrète, à dominer autrui ?

Commentaires

Bonjour Agg,

Quelques questions (sans doute idiotes) sur quelques points - je vous cite puis vous demande quelques précisions, et ce dans le souci de mieux saisir votre pensée :


1/ "Faut-il rappeler en effet que le libéralisme se définit comme une théorie de philosophie politique qui affirme la primauté des droits individuels ?"

>> affirmer la primauté des droits individuels ne revient-il pas à accorder une "valeur intrinsèque" à l'humanité, ainsi que le font le progressiste et le conservateur (je fais évidemment référence à votre bille "la communion secrète") ?


2/ "En réalité, l'immigration que nous subissons aujourd'hui est la conséquence d'une posture foncièrement anti-libérale, soit l'idée que les individus seraient libres d'aller où bon leur semble, en parfaite violation du droit de propriété individuelle"

>> je vois bien que vous essayez là de nous faire comprendre que la mobilité des facteurs de production encouragée par le libéralisme économique entre en contradiction avec le libéralisme philosophico-politique - admettons ; mais lorsque des immigrés débarquent en France, ou partout ailleurs, légalement ou illégalement, en quoi violent-ils le droit de propriété individuelle, puisqu'ils sont généralement pris en charge par l’État ou des associations (ce qui leur évite alors de squatter un appartement en ayant pris soin d'en séquestrer le propriétaire) ?


3/ "il est tout aussi absurde et illégitime de vouloir "fermer les frontières", comme le préconisent les nationalistes, que de vouloir, au contraire, les abolir, comme le recommandent les mondialistes."

>> voulez-vous dire par là que le libéralisme préconise d'aborder différemment cette question des frontières, ou que ce problème ne le concerne pas ?


4/ "En partant des droits individuels comme base de l'analyse politique (...)"

>> en fait, si je vous suis bien, vous considérez donc que le libéralisme, en tant que théorie philosophique & politique, n'a jamais été appliqué, ou bien trop partiellement, et que nous avons trop souvent tendance à confondre le libéralisme économique avec le libéralisme politique ?

Écrit par : Blaise Suarès | 08/08/2014

Bonjour à vous,

Je vous remercie de l'intérêt que vous portez à ma modeste perspective. J'en viens à vos questions (qui n'ont rien d'idiotes au passage) :

1/ Bien vu. En fait, ce que je voulais souligner dans le billet auquel vous faites allusion, c'est le contraste entre d'une part l'humanisme revendiqué par les conservateurs et les progressistes et d’autre part leur déni grandiose de la réalité humaine au profit d'un idéal ou d'un autre. Autrement dit, les uns et les autres ne croient pas vraiment en l'humanité, puisqu'ils adorent une humanité fantasmée. En ce sens, les libéraux me semblent beaucoup plus réalistes en partant de l'humanité telle qu'elle est. Kant l'explique très bien dans son "De la paix perpétuelle" (1795) : "Ordonner de telle sorte une multitude d’êtres raisonnables, qui tous désirent pour leur conservation des lois universelles, mais dont chacun est enclin à s’en excepter soi-même secrètement, et leur donner une telle constitution, que, malgré l’antagonisme élevé entre eux par leurs penchants personnels, ces penchants se fassent si bien obstacle les uns aux autres que, dans la conduite publique, l’effet soit le même que si ces mauvaises dispositions n’existaient pas."

2/ D'abord, je récuse totalement cette distinction artificielle entre libéralisme économique et libéralisme politique ou philosophique. Le libéralisme est tout un et repose sur la notion de droits individuels, dans tous les domaines possibles et imaginables, dont l'économie. Dans ce cadre, une immigration de travail ne me dérange aucunement : un contrat de droit privé est passé entre les parties sur la base d'un consentement mutuel. En revanche, toutes les autres formes d'immigration (regroupement familial, réfugiés) reposent sur une violation des droits individuels des résidents d'un territoire donné : comme vous dites, les immigrés qui débarquent sans avoir été invités sont pris en charge par l'Etat (c'est-à-dire financés par les contribuables) ou par des associations subventionnées (c'est-à-dire financés par les contribuables). Je rajouterais que je trouve tout à fait anormal que l'Etat (en clair un groupe d'individus vivant de la spoliation légale de tous les autres) décide de qui a ou n'a pas, le droit de venir sur un territoire donné, comme si ce dernier lui appartenait en propre.

3/ Le libéralisme aborde en effet très différemment la question des frontières. Contrairement à ce que je lis souvent, il ne vise pas du tout à les abolir. Simplement, dans l'optique libérale, le rôle d'une frontière est de délimiter un territoire, point. Certainement pas de délimiter la qualité et la quantité des échanges (économiques, culturels, migratoires...). Prétendre le contraire, c'est encore une fois violer les droits individuels de tous au prétexte des intérêts de quelques-uns.

4/ Non, je le répète : la distinction entre libéralisme économique et libéralisme politique ou philosophique n'a aucun sens. Ou bien les droits individuels sont respectés, ou bien ils ne le sont pas. Et quand on observe le monde au travers de cette grille d'analyse, on comprend assez vite que nous ne sommes pas du tout dans une époque libérale. Tout au plus peut-on dire qu'il y a aujourd'hui un phénomène de globalisation des échanges, mais sur la base de règles alambiquées produites par des instances supranationales (FMI, FAO, Banque mondiale...) n’ayant hélas rien à voir avec le respect des droits individuels et en particulier, à bien y regarder, avec la liberté des échanges. L'exemple de la crise de 2008 étant à ce titre particulièrement éclairant : l'une des principales causes de cette crise, ce n'est pas le vilain marché (c'est-à-dire le libre jeu des acteurs économiques), mais une politique monétaire expansionniste (c'est-à-dire un ensemble de décisions étatiques ou super-étatiques imposées). Mais bien sûr, dans une France où personne ou presque n'entend quelque chose à l'économie, il est beaucoup plus facile de vilipender l'horrible "capitalisme financier".

Écrit par : Agg | 08/08/2014

Bonjour Agg,

Je n'ai pas eu l'occasion de repasser par ici, je vous prie donc de m'excuser si ma réaction est fort tardive (J'espère ne pas vous avoir semblé grossier).

Pour commencer, vous défendez bien votre doxa. Cela est dit.

Ensuite : partons du principe que, effectivement, le libéralisme n'est pas appliqué dans sa plénitude. Ni dans le monde, et encore moins en France (ce qui d'ailleurs me fait poser cette question : y-a-t-il réellement d'authentiques libéraux par chez nous ???)

Si je suis bien votre position (sur votre blog comme ailleurs où vous commentez), le libéralisme serait la doctrine la mieux adaptée à la nature humaine.

C'est là que je me pose une question : le simple fait que "nous" ne parvenions pas à appliquer & faire respecter les principes libéraux ne signifie-t-il pas que le libéralisme est utopique, ou disons plus prosaïquement trop éloigné (ou trop près, j'y viendrais plus tard) des aspirations & aptitudes humaines ?

Certes, vous me direz peut-être que le libéralisme, précisément, permet d'utiliser, d'instrumentaliser, la nature humaine, profondément égoïste, afin d'en tirer quelque chose de positif pour la société : bref, je veux parler de la théorie de la main invisible.

Cela nécessite, d'une certaine façon, l'existence d'une anthropologie libérale, faisant de l'homme un être agissant dans son intérêt personnel. Le libéralisme exclue-t-il le geste, le don désintéressé ? Telle est ma première question.

D'autre, part, sur le plan économique, pouvez-vous concevoir que le libre jeu des acteurs économiques puisse mener à des situations dramatiques : si un ouvrier chinois est moins cher qu'un ouvrier français, arrivez-vous à concevoir que le libéralisme, dans cet exemple, a de fortes chances de mener l'ouvrier français au licenciement, ou doit-on se dire que tout homme n'est qu'un pion interchangeable & parfaitement déracinable, et que c'est le jeu ma pauv' Lucette ? En quoi la satisfaction de l'intérêt personnel du chef d'entreprise qui délocalise, en quoi la satisfaction de l'intérêt personnel de ses actionnaires peu scrupuleux du sort de l'ouvrier français, en quoi tout cela peut-il contribuer à la richesse & au bonheur de tous et en particulier de l'ouvrier français ? Ma deuxième question est donc la suivante et elle est concrète : la délocalisation, telle qu'elle est décrite par mon exemple, est-elle validée par un libéral (vous, par exemple) ?

J'en finis là : la nature humaine étant ce qu'elle est (partons du principe, là aussi, que l'homme est donc un être égoïste), ne faut-il pas craindre que libéralisme ne soit qu'une utopie impossible à installer, et que même une fois en place, la nature humaine aurait tôt fait de la dévoyer et de la défaire. Faire respecter les règles libérales (car oui j'ai bien compris que libéralisme, notamment économique, ne signifie pas anomie) est-il "humainement" possible ?

C'est donc ma troisième question, ou plutôt idée : l'homme que guide son intérêt personnel doit parfois écraser son prochain, le trahir, le manipuler, l'escroquer, et même l'occire ; prenons même des exemples moins radicaux : le chef d'entreprise qui bâtit un monopole, le chef d'Etat qui pratique le protectionnisme, ne sont-ils pas guidés par leur intérêt propre (l'un agit pour assurer sa suprématie, l'autre pour gagner en popularité) ? Qu'il y aient des règles libérales à respecter, ils peuvent très bien s'en moquer. Quand bien même le monde deviendrait intégralement libéral, des hommes parviendront toujours à contourner ces lois. Pour satisfaire leur intérêt propre, précisément. En fait, c'est la recherche de l'intérêt personnel qui empêche justement la mise en place et le respect du libéralisme. Le strict respect et la saine application des principes libéraux nécessiteraient des magistrats/politiques absolument désincarnés, incorruptibles... inhumains. Divins.

Nous sommes face à une aporie, non ?

Autres questions subsidiaires : N'avez-vous jamais songé que d'autres doctrines soient plus à même de "magnifier" les travers de l'homme (si l'on considère qu'agir dans son propre intérêt est un travers) ?
Ne pensez-vous pas, finalement, qu'adopter & défendre la doctrine libérale est égal au choix d'une autre doctrine, que cela est affaire d'inclinaison naturelle (de la même façon qu'il y a, peut-être, des hommes "physiologiquement" progressistes, et d'autres "physiologiquement" conservateurs), et que toute discussion sur le sujet est vaine ? Non pas inintéressante, mais vaine. Vaine parce que, malgré votre argumentation, à laquelle pourrait adhérer ma raison (enfin, en partie, je crois), j'ai l'intuition, la charnelle intuition que je suis incompatible avec le libéralisme.

En espérant avoir été limpide,
Bien à vous

Écrit par : Blaise Suarès | 06/10/2014

Bonjour Blaise,

Ravi de vous revoir par ici. Le moins qu'on puisse dire, c'est que vous revenez en fanfare, en soulevant des questions de fond. Avant d'y répondre, je tiens à préciser un point important : je ne crois à aucun système, considérant, à l'instar de Nietzsche, que la volonté de système relève d'un manque de probité. Néanmoins, je promeus la liberté individuelle dans tous les domaines, raison pour laquelle je m'intéresse au libéralisme et m'y réfère. Je rajouterais, pour être tout à fait juste, que le libéralisme renvoie à un courant de pensée impliquant des divergences parfois notables selon les auteurs : je n'expose jamais ici que ma perspective particulière. J'en viens à vos différentes interrogations :

"""""y-a-t-il réellement d'authentiques libéraux par chez nous ???"""""

>> Si vous songez à la classe politique française, la réponse est pour moi clairement non. Au mieux, il y a de temps à autre un homme politique qui se révèle un peu moins étatiste que les autres, avant qu'il ne se fasse rappeler à l'ordre, tant par ses petits camarades que par une majorité d'électeurs.

"""""le libéralisme serait la doctrine la mieux adaptée à la nature humaine"""""

>> Pour ma part, je ne raisonne pas en termes de 'nature humaine', ne sachant pas ce que c'est. Je préfère parler de condition humaine, renvoyant à des éléments observables, comme les conduites individuelles. Sur cette base empirique, oui, j'estime que le libéralisme constitue le mode d'organisation de la vie des hommes le plus efficace.

"""""Le libéralisme exclue-t-il le geste, le don désintéressé ?"""""

>> Absolument pas. C'est un mythe anti-libéral parmi les plus répandus et reposant sur une incompréhension profonde du principe de base du libéralisme, soit le respect des droits individuels. Les libéraux n'ont rien contre le don et le reconnaissent même comme une régularité de la condition humaine, mais ils considèrent qu'il n'y a de don réel que spontané. Pour prendre un exemple, c'est toute la différence entre la charité privée et la "solidarité obligatoire".

"""""la délocalisation, telle qu'elle est décrite par mon exemple, est-elle validée par un libéral ?"""""

>> D'un point de vue libéral, une délocalisation est parfaitement valide à partir du moment où les droits individuels sont respectés. Les conséquences négatives que vous mettez en avant ne découlent pas de la recherche exclusive de "l'intérêt personnel" des chefs d'entreprise ou des actionnaires, mais du fait que notre pays n'a toujours pas acté la réalité de l'économie mondialisée, avec tout ce que cela implique dont, notamment, la spécialisation ("l'ouvrier français" devrait être formé à autre chose de plus productif depuis belle lurette, mais on préfère le laisser crever d'un vain espoir). Les responsables politiques de tous bords s'acharnent à faire croire à leurs électeurs que le monde n'a pas changé et que tout pourra continuer éternellement "comme avant", en un passé d'ailleurs largement fantasmé.

"""""En fait, c'est la recherche de l'intérêt personnel qui empêche justement la mise en place et le respect du libéralisme. Le strict respect et la saine application des principes libéraux nécessiteraient des magistrats/politiques absolument désincarnés, incorruptibles... inhumains. Divins."""""

>> C'est le contraire : les libéraux partent du constat de la réalité imparfaite des êtres humains et construisent un espace procédural sur cette fondation. C'est ce que Kant explique dans ce fameux passage de son ouvrage "De la paix perpétuelle" (1795) que je vous ai déjà cité sur ce fil. Pour le philosophe allemand, il s'agit de résoudre le problème de la constitution d'un Etat qui fonctionnerait "même pour un peuple de démons".

"""""Ne pensez-vous pas, finalement, qu'adopter & défendre la doctrine libérale est égal au choix d'une autre doctrine, que cela est affaire d'inclinaison naturelle (de la même façon qu'il y a, peut-être, des hommes "physiologiquement" progressistes, et d'autres "physiologiquement" conservateurs), et que toute discussion sur le sujet est vaine ?"""""

>> Peut-être, mais le libéralisme est la seule doctrine qui autorise l'exercice de toutes les autres. ;-) Les partisans de la liberté n'empêchent pas les autres de vivre comme ils l'entendent ; l'inverse n'est malheureusement pas vrai.

Chaleureusement.

Écrit par : Agg | 07/10/2014

Merci pour vos réponses, Agg, à la fois claires & concises. Malgré les raccourcis de mon commentaire, j'entends bien que le libéralisme n'est une doctrine monolithique et que vous parlez de votre point de vue.

J'ai envie de vous poser une dernière question (au moins pour cet article) : d'après vous, comment se fait-il que les adversaires du libéralisme se trompent à ce point sur ce dernier ? Certes, quand on a un ennemi, on a vite fait de grossir les traits, de déformer ses intentions et de lui prêter les pires motifs. Mais, comment expliquer l'opposition antilibérale à l'origine ? N'y a-t-il donc aucun antilibéral d'assez bonne foi, qui ne se soit penché sur ce qu'est vraiment le libéralisme, afin de s'y opposer avec honnêteté intellectuelle ?

Merci encore pour vos réponses,
À bientôt

Écrit par : Blaise Suarès | 07/10/2014

P.S. : me conseillez-vous la lecture de la route de la servitude ?

Écrit par : Blaise Suarès | 07/10/2014

Blaise,

Merci pour vos mots. Je répondrais à votre dernière question en disant que je ne connais probablement pas toutes les critiques anti-libérales, tant elles sont nombreuses – ce qui suggère au passage que la doxa, en particulier en France, n'est pas forcément là où on le croit. Néanmoins, les critiques les plus bruyantes par chez nous (Halimi, Michéa, Onfray...) me semblent précisément relever de la plus belle mauvaise foi. Loin de ce vacarme de bas-étage, il y a, à mon avis, une critique sérieuse provenant du courant communautarien : je songe par exemple à quelqu'un comme Michael Sandel, dont les objections me paraissent redoutables.

PS : oui, bien sûr, lire Hayek est toujours profitable, à mon sens, même si "La route de la servitude" date d'un autre temps (1944 !), élément à prendre en compte dans l'analyse du propos.

Écrit par : Agg | 07/10/2014

Michael Sandel, c'est noté. Concernant Hayek, bien évidemment ce serait davantage pour ma propre culture que pour avoir une analyse du monde actuel ; mais si je devais, aujourd'hui, étudier l'ouvrage le plus intelligent sur le libéralisme (ou le libertarianisme), en ce cas lequel me conseilleriez-vous ?

Merci (et merci, parce que... bon, en fait... je pense qu'il y a un peu de libéral en moi... sans doute mes lectures nietzschéennes/stirneriennes... même si, bien sûr, je n'irais pas jusqu'à dire que Nietzsche était libéral... enfin si, d'un certain point de vue... disons que l'Etat et la coercition en général, m'emmerdent... enfin bref, il y aurait plein de nuances à ajouter... Quoiqu'il en soit, je m'intéresse à ce sujet. Et croyez-moi j'ai fait du chemin... il y a encore 5 ans, je vous aurais dit que libéralisme = société de consommation... voyez...)

Bonne soirée

Écrit par : Blaise Suarès | 07/10/2014

A mes yeux, l'un des meilleurs ouvrages sur le libéralisme demeure celui de Pascal Salin, sobrement intitulé "Libéralisme" (2000). Si cela vous intéresse, je dispose d'une version numérique de ce livre.

Pour le reste, je vous en prie, c'est un plaisir d'échanger avec vous. Et j'imagine très bien le chemin que vous avez pu faire. Je suis moi-même passé – ainsi qu'en atteste ce blog – d'un conservatisme prudent à un libéralisme ouvert.

Écrit par : Agg | 07/10/2014

Il se trouve que l'ouvrage de Salin se trouve très aisément (et légalement) en pdf. Merci pour ce conseil de lecture.

Je vous laisse.

Écrit par : Blaise Suarès | 08/10/2014

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