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31/07/2014

Touche pas à mon pote (musulman) (2)

Je ne crois pas qu'il faille se réjouir du projet de dissolution de la Ligue de défense juive par le ministère de l'Intérieur. Non pas que j'éprouve la moindre sympathie pour ce groupuscule de fanatiques. Mais je m'étonne que sa dissolution ne soit "sérieusement envisagée" qu'à la suite d'une pleurniche des barbus. Quand les tarés de la LDJ défoncent des militants nationalistes (au hasard), ça ne gêne personne. En revanche, que les furieux d'Israël touchent à un cheveu des musulmans et là, l'Etat intervient sans délai. Outre l'habituel deux poids deux mesures, cela donne la désagréable impression d'un gage de confiance accordé spécialement à une catégorie de la population française ; et pas franchement la plus républicaine.

Dire que d'aucuns pensent sérieusement que la "judéomanie" (Robin) domine notre pays...

29/07/2014

Seul au monde (ou presque)

Vu sur la télévision d'Etat un reportage qui, une fois n'est pas coutume, a réussi à me faire oublier un bref instant le montant exorbitant de la redevance. Je pars donc à la rencontre de Robert Long, Robinson de notre époque dont le mode de vie ferait rougir le plus aguerri des survivalistes. D'abord seul, puis avec sa petite famille, Robert s'est installé dans un endroit perdu près de l'embouchure de la Gorge River, en Nouvelle-Zélande. Robert mène la vie dont croient rêver les civilisés contrariés : une vie simple, retirée, loin de la fameuse "conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure" chère au fougueux Bernanos. Le reportage est honnête et montre parfaitement combien cette vie consiste pour l'essentiel en une lutte quotidienne pour la survie : oh, certes, Robert aurait tout loisir de contempler l'horizon avec ses beaux yeux bleus et de jouer des airs mélancoliques sur sa guitare et il le fait parfois, mais il consacre principalement son temps et son énergie à chasser, à pêcher et à bricoler maints gadgets aussi rudimentaires qu'improbables pour assurer sa subsistance et celle des siens. La hutte de Robert a tout de même l'eau courante, grâce à un ingénieux système de canalisation (un tuyau artisanal branché directement sur la rivière qui, de l'aveu de l'épouse de Robert, fout le camp régulièrement) et Internet, grâce à une parabole et un satellite (que Robert n'a pas fabriqués et qui lui permettent de contacter la civilisation honnie en cas de besoin et peut-être, le reportage ne le dit pas, d'aller sur YouPorn). Le vilain capitalisme étant partout, on apprend que Robert a dû se diversifier le jour où ses gosses ont eu envie de découvrir le vaste monde autrement qu'au travers des vieilles encyclopédies embarquées dans l'expédition : Robert a alors écrit un livre, peint des tableaux et confectionné des bibelots, revendant le tout à la ville. Depuis, pas ingrats pour deux sous, les bambins sur-éduqués reviennent souvent voir leurs ermites de parents : cette famille-là s'aime, mais l'on sent malgré tout que les jeunes ne poursuivront pas l'aventure sauvage, sans doute ensorcelés par la modernité. Robert et sa femme, eux, resteront probablement cachés dans leur coin de paradis pour mourir.

Tout ça pour dire que je souris – toujours poliment – à l'énoncé d'une quelconque critique de la révolution industrielle, assortie d'un projet de vie rustique. Robert Long le reconnaît dans son témoignage : il a choisi une façon de vivre tout à fait primitive qui correspond à son tempérament particulier, mais que très peu de gens peuvent comprendre et encore moins embrasser. Et pour cause : l'homme, sans la technique, est encore moins qu'un animal, en tant qu'il est dépourvu du moindre instinct de survie. Il n'a que son esprit et les outils plus ou moins perfectionnés qu'il forgera grâce à lui pour pallier à son insuffisance adaptative.

20/07/2014

L'indignation positive

Vu à la télé : une militante pro-palestinienne explique, la main sur le cœur et des trémolos dans la voix, qu'elle manifeste non pas pour son petit confort personnel, mais parce que des enfants meurent, à Gaza. On aurait aimé rappeler à la dame que des enfants meurent tous les jours un peu partout sur la planète dans la quinzaine de conflits meurtriers qui l'agitent et qu'à ce compte-là, elle devrait passer son temps à manifester. Mais les enfants morts n'ont évidemment d'intérêt pour cette femme que lorsqu'ils sont tombés sous le feu de l'occupant juif, heu pardon, sioniste. Et si en plus y'a moyen de se foutre sur la gueule avec la LDJ et de blesser quelques CRS au passage, c'est tout bénéf.

19/07/2014

Le crime sans histoires

J'adore ce genre de faits divers. D'abord parce que c'est à chaque fois la théorie de l'efficacité du contrôle des armes à feu qui prend du plomb dans l'aile, si j'ose m'exprimer ainsi : la prohibition ne s'appliquant jamais qu'aux honnêtes gens, elle revient à livrer ces derniers aux criminels. Ensuite parce que la manière dont les journalistes relate l'événement montre parfaitement leur volonté de désarmement moral des citoyens. Ainsi nous explique-t-on, sans rire, qu'il s'agirait d'un "braquage qui a mal tourné". En bonne logique, cela signifie qu'il y aurait des braquages qui tournent bien, c'est-à-dire des braquages où l'assaillant n'est pas empêché dans sa besogne par une victime qui se défend ou des policiers qui font leur boulot.

Si on ne peut même plus voler le bien d'autrui sans se faire piéger et tirer dessus, où va le monde, je vous le demande.

13/07/2014

Azazel

S'il y a une haine que partagent tous les "opposants" au monde comme il va, c'est bien celle du libéralisme ; mais d'un libéralisme largement fantasmé et par là coupable idéal. C'est par exemple un conservateur bon teint qui confectionne un pot-pourri de ses détestations pour lesquelles il accuse le libéralisme, sans voir combien tout ce qu'il dénonce résulte d'interventions étatiques, au mépris de la liberté individuelle. C'est encore un aspirant fasciste qui vomit le libéralisme en s'appuyant sur la lecture de Sade d'un philosophe empêtré dans le freudisme, sorcellerie viennoise qu'il avait déjà pratiquée il y a peu au service de son homophobie latente et qui ne le lâche plus, l'amenant à confondre tout de go amour de soi, égoïsme et licence. Ce sont des responsables politiques qui, de l'extrême-gauche à l'extrême-droite, en appellent à engraisser toujours plus le monstre froid en guise de panacée. C'est enfin, depuis des siècles, la même antienne mortifère : les individus, en tant que tels, n'ont aucune importance et par suite aucun droit ; ils doivent être sacrifiés sur l'autel de telle ou telle abstraction collective – la Nation, la Race, Dieu ou Gaïa. Le discours est rôdé : une catastrophe est imminente (mais on ne sait pas très bien laquelle, ni quand elle surviendra), il faut agir sans délai. Ainsi chacun apprend à vivre avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. La peur travaille au corps et au cœur, lentement mais sûrement. Bientôt, la pression devient trop forte, les masses étourdies sont prêtes, c'est l'heure. L'heure d'assouvir le goût du sang, au prétexte du Bien de l'Humanité. On passe alors de la tyrannie des majuscules à la tyrannie tout court.