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13/07/2014

Azazel

S'il y a une haine que partagent tous les "opposants" au monde comme il va, c'est bien celle du libéralisme ; mais d'un libéralisme largement fantasmé et par là coupable idéal. C'est par exemple un conservateur bon teint qui confectionne un pot-pourri de ses détestations pour lesquelles il accuse le libéralisme, sans voir combien tout ce qu'il dénonce résulte d'interventions étatiques, au mépris de la liberté individuelle. C'est encore un aspirant fasciste qui vomit le libéralisme en s'appuyant sur la lecture de Sade d'un philosophe empêtré dans le freudisme, sorcellerie viennoise qu'il avait déjà pratiquée il y a peu au service de son homophobie latente et qui ne le lâche plus, l'amenant à confondre tout de go amour de soi, égoïsme et licence. Ce sont des responsables politiques qui, de l'extrême-gauche à l'extrême-droite, en appellent à engraisser toujours plus le monstre froid en guise de panacée. C'est enfin, depuis des siècles, la même antienne mortifère : les individus, en tant que tels, n'ont aucune importance et par suite aucun droit ; ils doivent être sacrifiés sur l'autel de telle ou telle abstraction collective – la Nation, la Race, Dieu ou Gaïa. Le discours est rôdé : une catastrophe est imminente (mais on ne sait pas très bien laquelle, ni quand elle surviendra), il faut agir sans délai. Ainsi chacun apprend à vivre avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. La peur travaille au corps et au cœur, lentement mais sûrement. Bientôt, la pression devient trop forte, les masses étourdies sont prêtes, c'est l'heure. L'heure d'assouvir le goût du sang, au prétexte du Bien de l'Humanité. On passe alors de la tyrannie des majuscules à la tyrannie tout court. 

Commentaires

"C'est enfin, depuis des siècles, la même antienne mortifère : les individus, en tant que tels, n'ont aucune importance et par suite aucun droit ; ils doivent être sacrifiés sur l'autel de telle ou telle abstraction collective – la Nation, la Race, Dieu ou Gaïa."
Vous oubliez le Progrès.

Écrit par : Pharamond | 14/07/2014

@Pharamond

"""""Vous oubliez le Progrès."""""

>> Je ne pense pas : le Progrès s'inscrit en filigrane de tout ce que je dénonce ici, soit cette idée qu'en faisant les sacrifices nécessaires, l'avenir sera meilleur que le présent. Les conservateurs ont beau dire, ils n'ont pas moins recours à l'ingénierie sociale que leurs frères ennemis progressistes. Et ils croient tout comme eux que l'humanité peut changer, pourvu qu'on lui administre le bon remède (moral). Les conservateurs se révèlent simplement plus vicieux, si j'ose dire, en ce qu'ils prétendent faire dériver leur programme normatif d'un ordre naturel ou divin, là où les progressistes assument généralement leur ingérence constructiviste. Les libéraux, eux, se demandent bien plus modestement comment faire cohabiter pacifiquement les individus dans toute leur diversité, formeraient-ils "un peuple de démons" (Kant). Et ils se concentrent sur la résolution de problèmes concrets, plutôt que sur l'avènement d'un hypothétique âge d'or.

Écrit par : Agg | 15/07/2014

Le Progrès a pourtant son culte et ses disciples ; la Nation, la Race et Dieu n'ont plus trop la cote et Gaïa est protéiforme.

Écrit par : Pharamond | 15/07/2014

J'observe pourtant que les nationalismes s'exacerbent un peu partout sur la planète et notamment en Europe. En face, si l'on plaide pour l'abolition des nations, c'est pour mieux refourguer une nouvelle abstraction collective de niveau supérieur, certes plus lointaine, mais paradoxalement plus invasive – en attendant le gouvernement mondial. Les races n'ont jamais tant obsédé les humains qu'aujourd'hui : soit qu'on nous alerte sur la nécessité de les préserver, soit qu'on nous exhorte à les mélanger pour n'en faire plus qu'une. Dieu, dont l'annonce de la mort était clairement prématurée, se porte on ne peut mieux, au point de s'inviter sur tous sujets, même lorsqu'il n'est pas le bienvenu. Quant à Gaïa, c'est la déesse retrouvée des païens, dont il s'agit d'apaiser la colère, sous peine de voir les éléments se déchaîner contre ces humains présomptueux qui croyaient pouvoir dominer la nature.

A chaque cause, son sermon et pour chaque prêcheur, sa conception du progrès. Et chacun tente d'imposer cette dernière aux autres, dans un effort obstiné et tôt ou tard, sanguinaire. Ca occupe, je suppose.

Écrit par : Agg | 15/07/2014

Les quelques velléités nationalistes réelles actuelles sont amplifiées par les médias et les hommes politiques afin de faire peur aux gogos et les obliger à bien voter. Ce n'est pas le vrai retour à la Nation que j'attends.
La Race est de la même manière qu'un épouvantail.
Dieu n'est pas mort mais n'a pas la grande forme, du moins le nôtre, d'autres ont plutôt la forme il est vrai.
La politique et le capitalisme ont mis cette pauvre Gaïa à toutes les sauces, les zélateurs de cette déesse ont toutes les étiquettes et les païens que vous décrivez n'en constituent pas le plus gros contingent.
Le Progrès lui, est en majesté en ce moment, ses fanatiques sont tout puissant et se contrefichent de la Nation, de Dieu, de la Race et de Gaïa.

Écrit par : Pharamond | 15/07/2014

Ce que j'essaie de vous communiquer, c'est que les conservateurs et les progressistes se situent aux deux extrémités du *même* continuum et se condamnent par là à tourner en rond, pris dans le tourbillon de leurs chicanes.

- Les conservateurs veulent "le vrai retour à la Nation" tandis que les progressistes s'emploient à la diluer, mais ni les uns ni les autres ne se demandent si la notion de communauté politique, nationale ou supranationale, se révèle pertinente au regard de la diversité des désirs et préférences individuelles.

- Les conservateurs entendent préserver les races existantes par une distance prudente, tandis que les progressistes prônent l'idéologie du métissage, mais tous s'accordent à faire de la race une question cruciale pour les affaires humaines.

- Les conservateurs pensent que les êtres humains ne doivent pas vivre sans Dieu ou une quelconque autorité spirituelle, tandis que les progressistes estiment que les êtres humains ne doivent pas croire en de telles chimères, mais tous rêvent d'imposer leurs croyances ou incroyances au reste du monde.

- Les conservateurs vénèrent Gaïa pour mieux faire passer leur morale particulière rebaptisée "sobriété" pour l'occasion. Les progressistes, de leur côté, vouent un culte à déesse-Terre pour mieux poursuivre leur course folle au développement, mais "durable", s'il vous plaît. Les uns comme les autres jugent primordial de faire de l'environnement le nouvel étalon des activités humaines.

Pour l'heure, vous avez raison, les progressistes ont le vent en poupe, mais les conservateurs ne sont pas tant affaiblis que ça et rien n'exclut qu'ils ne reprennent la main dans un proche avenir. Les hommes libres, quant à eux, n'ont qu'à bien se tenir.

Écrit par : Agg | 16/07/2014

J'en viens à me poser la question de la définition de l'homme libre selon vous.

Écrit par : Pharamond | 16/07/2014

L'homme libre selon Agg est un individu qui ne rentre quasiment jamais en contact avec ses semblables, ou du moins avec beaucoup de précautions et jamais durablement. En effet, rentrer en contact avec eux, c'est déjà perdre une forme de liberté. Je force le trait délibérément, mais au moins on m'aura compris.

L'homme libre selon Agg n'existe pour ainsi dire que dans son imagination et dans celle de quelques théoriciens. Ceci étant dit, il faut reconnaitre que le monde moderne occidental individualiste s'efforce de tendre constamment vers ce modèle sociale immature, même si la nature humaine reprend (très) souvent le dessus : l'homme étant un animal social comme l'a dit un philosophe grec il y a plusieurs milliers d'années.

Au risque d'enfoncer une porte ouverte, il n'y a qu'une chose qui rend libre : la Vérité. Celle précisément que Agg redoute au travers de ses constats existentiels de libéral désabusé.

Bon, je reconnais que c'est toujours délicat de parler pour les autres. Mais je ne doute pas que l'auteur de ce blog reprendra la main.... :)

Écrit par : Dumet | 16/07/2014

Dumet > Merci pour la tentative. Je vois un peu les choses de la même manière que vous sur notre hôte. Attendons sa réponse.

Écrit par : Pharamond | 16/07/2014

@Pharamond*Dumet

>> Je vous réponds conjointement en m'appuyant sur le commentaire de Dumet.

"""""L'homme libre selon Agg est un individu qui ne rentre quasiment jamais en contact avec ses semblables, ou du moins avec beaucoup de précautions et jamais durablement. En effet, rentrer en contact avec eux, c'est déjà perdre une forme de liberté."""""

>> Je ne sais pas où vous êtes allé piocher ça. La liberté que je défends repose au contraire sur la notion de contrat, ce qui implique d'entrer en contact avec autrui, de négocier avec lui et bien souvent de s'engager durablement.

"""""L'homme libre selon Agg n'existe pour ainsi dire que dans son imagination et dans celle de quelques théoriciens."""""

>> C'est sans doute la raison pour laquelle les conservateurs et les progressistes s'acharnent à vouloir changer l'homme... Les libéraux partent au contraire de l'homme tel qu'il est et proposent seulement d'aménager un espace procédural afin que les individus cohabitent le mieux possible.

"""""Ceci étant dit, il faut reconnaitre que le monde moderne occidental individualiste s'efforce de tendre constamment vers ce modèle sociale immature, même si la nature humaine reprend (très) souvent le dessus : l'homme étant un animal social comme l'a dit un philosophe grec il y a plusieurs milliers d'années."""""

>> Nous ne devons pas vivre dans le même monde, car dans le mien, il y a toujours une autorité ou une autre (Etat, Eglise, experts divers et variés...) pour me dire de quelle façon je dois conduire ma vie – le phénomène devenant de plus en plus prégnant. Animal social ne veut pas dire animal grégaire. A Aristote, j'opposerais Kant et son "insociable sociabilité", qu'il s'agit non pas de modifier, mais bien plus modestement d'intégrer dans un cadre pacifié.

"""""Au risque d'enfoncer une porte ouverte, il n'y a qu'une chose qui rend libre : la Vérité. Celle précisément que Agg redoute au travers de ses constats existentiels de libéral désabusé."""""

>> Comme je le dis souvent, je me méfie des majuscules. J'ignore de quelle "Vérité" vous voulez parler. Dans mon expérience de "libéral désabusé", convoquer la "Vérité" permet de faire passer en fraude ses désirs et préférences. Mais si vous avez la Lumière, je vous en prie, éclairez-moi !

Écrit par : Agg | 17/07/2014

"> Je ne sais pas où vous êtes allé piocher ça. La liberté que je défends repose au contraire sur la notion de contrat, ce qui implique d'entrer en contact avec autrui, de négocier avec lui et bien souvent de s'engager durablement. "

En fait, c'est à peu près ce que je dis. Comme je l'expliquais, je forcais le trait. Bien sur que vous ne pronez pas une vie ou l'individu est totalement autarcique. Mais c'est par défaut. Parce que l'homme étant un animal sociable, vous ne pouvez pas en pratique faire autrement. Pour pallier à cette conception de l'homme qui ne correspond pas à sa réalité, vous êtes obligé de mettre en place la notion de contrat ce qui est également une vue de l'esprit : nous rentrons en contact sur ce blog sans contrat, je peux discuter avec un inconnu dans un bistrot sans contrat, partir avec deux amis au ski sans contrat etc... je note cependant que la encore, la société occidentale s'adapte progressivemment à cette fausse conception de la nature humaine (cf les caricatures sur la femme américaine qui passe un contrat avec son conjoint pour écrire noir sur blanc le nombre de fois par semaine ou ils auront une relation sexuelle avec possibilité d'attaquer en justice). Cela donne évidemment un type de société très pesant. D'un point de vue plus général d'ailleurs, le libéralisme, bien qu'il lutte contre la réglementation d'état provoque en général une avalanche de réglementation ou de procédure en justice.

"C'est sans doute la raison pour laquelle les conservateurs et les progressistes s'acharnent à vouloir changer l'homme... Les libéraux partent au contraire de l'homme tel qu'il est et proposent seulement d'aménager un espace procédural afin que les individus cohabitent le mieux possible. "

De l'homme tel qu'il est ou de l'homme tel qu'ils se l'imaginent ? C'est une vision essentiellement négative de l'homme. Non pas que je sois naif : je sais bien que l'homme est souvent capable d'agir au détriment de son voisin. L'erreur est de considérer uniquement que soit l'homme est un loup pour l'homme (Locke), soit l'homme est bon et la société le rend mauvais (Rousseau). Organiser la société à partir d'une de ces deux conceptions est absurde. Pour ma part, la seule solution correcte à ce dilemme que j'ai trouvé satisfaisante est celle de la Genèse : l'homme est capable de bonnes choses, mais le péché originel le tire vers le bas et nous avons tous cette dualité à des degrés divers.

"Nous ne devons pas vivre dans le même monde, car dans le mien, il y a toujours une autorité ou une autre (Etat, Eglise, experts divers et variés...) pour me dire de quelle façon je dois conduire ma vie – le phénomène devenant de plus en plus prégnant. Animal social ne veut pas dire animal grégaire. A Aristote, j'opposerais Kant et son "insociable sociabilité", qu'il s'agit non pas de modifier, mais bien plus modestement d'intégrer dans un cadre pacifié. "

En réalité, les différentes autorités que vous mentionnez, mais l'autorité meme d'une manière générale est extremement affaiblie : l'Eglise ? l'exposition médiatique du pape cache des schismes latents de tous les cotés qui n'explosent pas parce que justement peu d'actes d'autorités sont posés. On laisse faire.
L'état ? Jamais les institutions et le personnel politique n'a autant été aussi peu respecté. Il ne reste à peu près que l'institution militaire dans lequel ce mot a encore un sens.
Les experts ? ils semblent faire autorité dans les médias, mais qu'en est-il réellement dans la tete des gens ? j'en doute. Et je ne parle pas des figures du médecin et du prof, autrefois respectés comme tels. Ils s plaignent suffisamment pour que nous en sachions ce qu'il en est.

"J'ignore de quelle "Vérité" vous voulez parler."
Je m'en doute bien. C'est précisemment la réponse de Ponce Pilate au Christ : qu'est ce que la vérité ? Bon, je sais bien que vous n'êtes pas sur le point de me faire crucifier Mais ca prouve juste que des débats que nous croyons modernes ne sont que des redites.
Plus généralement, l'idée d'une vérité révélée est extremement désagréable pour une oreille libérale qui considère l'homme comme un petit dieu centré sur lui-même.

Écrit par : Dumet | 17/07/2014

@Dumet

"""""Pour pallier à cette conception de l'homme qui ne correspond pas à sa réalité, vous êtes obligé de mettre en place la notion de contrat ce qui est également une vue de l'esprit : nous rentrons en contact sur ce blog sans contrat, je peux discuter avec un inconnu dans un bistrot sans contrat, partir avec deux amis au ski sans contrat etc..."""""

>> Deux remarques : 1) un contrat n'est pas nécessairement formel. Notre échange repose bel et bien sur un accord tacite (respect de l'autre, argumentation) sans lequel il serait impossible. Parler avec un inconnu dans un bistrot suppose de même que vous vous reconnaissiez mutuellement comme interlocuteurs valables et respectiez un certain nombre de règles (dont, en premier lieu, celle de ne pas vous foutre sur la gueule). Partir au ski avec deux amis implique que tout le monde s'entende, même si ce n'est pas explicité, sur l'organisation du voyage, sa destination et, accessoirement, son financement... Le cinéma et le théâtre exploitent avec bonheur tout le tragicomique qui peut survenir à partir de tels contrats conclus spontanément entre les individus. 2) Le contrat est la seule alternative à l'autre moyen d'entrer en contact avec autrui : la force. Ou bien il y a consentement des parties en présence, ou bien il y a un rapport de domination entre elles.

"""""D'un point de vue plus général d'ailleurs, le libéralisme, bien qu'il lutte contre la réglementation d'état provoque en général une avalanche de réglementation ou de procédure en justice."""""

>> Votre observation me semble juste, mais votre explication, foireuse (on dirait du Michéa, instituteur socialo-communiste qui met du beurre dans les épinards en commettant régulièrement des ouvrages attaquant un libéralisme imaginaire). La multiplication des procédures judiciaires provient à mon sens de ce que la philosophe Ayn Rand appelait la collectivisation des droits, soit le glissement des droits individuels vers de prétendus droits collectifs établis sur la base de tel ou tel particularisme (sexe, race, religion, orientation sexuelle...), glissement qui doit tout à l'égalitarisme rampant de nos sociétés et rien au libéralisme.

"""""L'erreur est de considérer uniquement que soit l'homme est un loup pour l'homme (Locke), soit l'homme est bon et la société le rend mauvais (Rousseau)."""""

>> Je ne défends ni l'une ni l'autre de ces perspectives, situées à un niveau d'abstraction trop élevé pour se révéler pertinent. Je pars là encore de la réalité : les individus ont des désirs et des préférences différents, qu'ils ont tout à fait le droit de poursuivre, à partir du moment où ils respectent le droit d'autrui de faire de même. De là les échanges spontanés entre les individus sur la base d'accords plus ou moins formalisés selon les cas, le seul interdit étant l'initiation de l'usage de la force.

"""""En réalité, les différentes autorités que vous mentionnez, mais l'autorité même d'une manière générale est extrêmement affaiblie [...]"""""

>> Lorsque je parle d'autorité, j'entends désigner par là des personnes ou des institutions ayant le monopole de l'usage de la force à l'encontre des individus. L'ennemi principal, c'est l'Etat, dont l'emprise, contrairement à ce que vous avancez, devient de plus en plus forte : essayez donc de diffuser une opinion non sanctifiée par la doxa ou, dans un autre registre, de quitter la Sécurité sociale (comme vous en auriez parfaitement le droit). Les médecins, les psychiatres, les professeurs, les travailleurs sociaux et autres experts ont également un pouvoir de nuisance considérable et les moyens d'imposer leurs lubies aux individus récalcitrants. Enfin, ce n'est pas tant l'Eglise dans sa forme institutionnelle que je redoute – elle a été rendue inoffensive depuis belle lurette – que certaines de ses ouailles qui, prises d'une sorte de fièvre, se mêlent de plus en plus de politique pour empêcher autrui de vivre à sa guise. Inutile d'évoquer les musulmans, dont l’objectif d’hégémonie a le mérite d’être clair.

"""""Plus généralement, l'idée d'une vérité révélée est extremement désagréable pour une oreille libérale qui considère l'homme comme un petit dieu centré sur lui-même."""""

>> C'est drôle comme une même idée peut être perçue d'une manière radicalement différente selon les individus. Pour moi, le libéralisme se situe à l'opposé de ce que vous écrivez là. C'est précisément parce que l'homme n'est pas "un petit dieu centré sur lui-même" qu'il n'a pas le droit d'imposer ce qu'il considère comme une "vérité révélée" à ses congénères. Vous avez parfaitement le droit de croire en une "vérité révélée" et de vivre votre vie conformément à cette croyance. Souffrez en revanche que d'autres ne partagent pas votre illumination soudaine et vivent autrement. Le libéralisme, c'est ça.

Écrit par : Agg | 17/07/2014

Par extension, je veux bien voir dans tout échange humain consensuel un contrat comme vous le faite, mais alors, je ne vois pas en quoi ce serait la marque d'une société libérale ou une valeur proprement libérale : Deux militants du Front de Gauche qui se croisent dans un meeting ne se foutent pas immédiatement automatiquement sur la gueule. Moi qui dialogue avec vous sur votre blog, je ne commence pas systématiquement par une bordée d'insulte etc, etc. J'écarte l'hypothèse que tout le monde (ou une bonne partie de la population mondiale) est libéral sans le savoir. Et j'en reviens donc à mon postulat initial sur la vision rédutrice de la nature humaine par les libéraux qui les conduisent précisemment à exprimer ce genre d'âneries.

Écrit par : Dumet | 18/07/2014

@Dumet

>> Qu'est-ce que le libéralisme ? Une théorie du droit, qui pose le consentement mutuel comme principe du rapport entre les individus. Par suite, tout "échange humain consensuel" relève bel et bien du libéralisme. Et vos exemples ne démontrent rien d'autre que le fait pour le moins ironique que des individus qui se veulent anti-libéraux adoptent implicitement la philosophie libérale dans bien des situations de leur vie quotidienne. Maintenant, non, ça ne veut pas dire que tout un chacun est libéral sans le savoir. Le monde est hélas peuplé de tyrans, d'esclavagistes et de criminels, pour lesquels le rapport à l'autre se résume à un jeu de domination. Et à une moindre échelle, beaucoup d'individus sont libéraux dans certains domaines et anti-libéraux dans d'autres, comme vous : à l'évidence, vous êtes libéral au regard de l'expression des opinions, mais si vous le pouviez, vous m'imposeriez votre "vérité révélée". Je rajouterais pour conclure que cette histoire de 'nature humaine', c'est votre homme de paille, qui vous éloigne d'emblée de cette réalité que vous vous targuez pourtant d'appréhender beaucoup plus finement que ces nigauds de libéraux. Je me borne pour ma part à constater un certain nombre de régularités dans les actions humaines et je réfléchis sur cette base empirique : comment faire en sorte de respecter la diversité des préférences individuelles tout en garantissant le droit de chacun ? La réponse tient en un mot : libéralisme.

Écrit par : Agg | 18/07/2014

Agg > Je crois que les problèmes de compréhension entre vous et moi (mais pas seulement) viennent du fait que vous vous définissez comme libéral d'où une confusion pour vos lecteurs avec le libéralisme économique actuel. Votre "idéologie" me semble plus proche des Libertariens qui prônent un libéralisme étendu à d'autres aspects de la vie, un libéralisme plus philosophique et pas seulement borné à la sphère mercantile.

Écrit par : Pharamond | 21/07/2014

@Pharamond

>> Vous voyez juste. Je me sens en effet très proche du courant libertarien : j'estime que la liberté dans tous les domaines, exercée dans le cadre du droit individuel, constitue la solution politique la plus élégante, mais aussi et surtout la plus efficace aux problèmes humains. Cela dit, pour rappel ou information, le libéralisme politique ne s'est jamais résumé au libéralisme économique. C'est une étrangeté propre à notre pays que de procéder à une telle réduction et de ne connaître d'ailleurs que les mêmes auteurs rebattus – Tocqueville et Smith – au mépris de toute une tradition libérale française (Turgot, Constant, Say, Comte, Dunoyer, Bastiat...). Mais l'oubli ne s'arrête pas là : saviez-vous par exemple que les libéraux français se sont saisis de la question de la lutte des classes, d'une manière autrement plus fine que les marxistes ? Que ces mêmes libéraux se sont battus pour l'instruction primaire, le droit de grève et l'existence des syndicats ? Vous me direz peut-être que cela fait partie de l'Histoire et que les libéraux se trouvent aujourd'hui du côté des dominants, précipitant le chaos ambiant. C'est précisément cette analyse que je récuse. Il est assez aisé de montrer (et je crois l'avoir fait) que notre monde n'a rien de libéral (même économiquement : nos pays sont des économies mixtes qui tendent à se libéraliser par le jeu de la mondialisation et la levée politique d'un certain nombre de barrières, exemple en cours du TiSA tant décrié) et que par suite les critiques du libéralisme manquent le plus souvent leur cible. Pour autant, comme je le dis souvent, je ne crois pas aux systèmes, quels qu'ils soient. Le libéralisme n'est évidemment pas exempt d'apories, qu'il ne faut pas ignorer. Il représente cependant à mes yeux le meilleur mode d'organisation de la vie des hommes, loin des utopies conservatrices et progressistes. Mais je crois hélas qu'il y a beaucoup de gens qui n'aiment pas la liberté : la leur, parce qu'ils ne sauraient pas quoi en faire et celle des autres, parce qu'ils n'auraient plus d'emprise sur eux... Et puis, comme le dit l'adage : nul n'est prophète en son pays.

Écrit par : Agg | 21/07/2014

Bonjour Agg : j'ai répondu à votre commentaire sur mon blogue (désolé pour le retard, mais je ne suis pas en vacances hélas) Merci pour le lien. J'ai fait de même en retour. Bien à vous.

Écrit par : Martin-Lothar | 02/08/2014

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