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26/03/2014

Obama descend-il du singe ? (2)

La question, délicate, avait déjà été soulevée lors du plan de relance de l'économie américaine proposé par le saint Barack. Immédiatement, les bonnes âmes y avaient vu un racisme indigne, non sans continuer à se féliciter de la négritude du nouveau Président des Etats-Unis. Et voilà que quelques années plus tard, un journal belge et, le comble, de gôôôche, caricature le couple Obama en singes, pour illustrer de manière humoristique l'autorisation de vendre du cannabis en vigueur depuis 2013 dans certains Etats outre-Atlantique. Enfer et damnation ! N'en finira-t-on jamais avec ce racisme odieux ? L'alerte a cette fois été lancée par une "auteure née au Nigéria et vivant en Belgique", précise l'article, la dame se plaignant de surcroît de l'absence de voix politiques... des Noirs. Et là, il y a quelque chose qui m'échappe : comment peut-on condamner le racisme, soit l'idéologie qui consiste à essentialiser les individus à partir du seul critère racial et réclamer en même temps une mesure politique se fondant sur le même principe ?

08/03/2014

Journée de la femme

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04/03/2014

Onfray genre j'ai rien dit

Cette fois, Michel s’attaque à ce qu’il appelle "la fumeuse théorie du genre" (sic). Courageux, Michel arrive après la tempête : c’est qu’il n’est pas tant philosophe que girouette à idées qui tourne en fonction du vent populaire – gamelle oblige. Et le vent populaire, en ce moment, souffle clairement dans le sens de la Réaction. Alors Michel suit le mouvement et découvre, "avec stupéfaction", les travaux du sexologue et psychologue néo-zélandais John Money sur le genre. John Money, c’est un peu la dernière carte des "opposants" aux études de genre (j'ai toujours un sourire en écrivant cette expression : autant "s'opposer" directement au principe même de la recherche, c'est-à-dire à l'intelligence, libido sciendi comme disait l'autre...), le cadavre dans le placard que quelques oiseaux de mauvaise augure sortent pour impressionner les esprits faibles. Et ça marche : Michel est horrifié. Qui était John Money ? A la lecture de sa chronique, on sent bien que Michel n’en avait pas la moindre idée et qu’il a fait l’effort surhumain d’aller consulter Wikipédia, avant de reprendre des passages à peine remaniés de la page dédiée à Money. C’est ainsi que Michel relate à grands traits la terrible histoire de David Reimer, pauvre bougre au pénis mutilé après une circoncision ratée qui deviendra l'objet d'une expérimentation pour le moins inhumaine de la part du docteur Money et finira suicidé en 2002. On en arrive assez vite au cœur de la "démonstration" de Michel : puisque Money était un sale type et qu’il est le premier à avoir théorisé le genre, alors les études de genre ne valent rien et les gens qui les défendent sont d’odieux personnages qu’il faut combattre. Mouais. Si Michel avait fait son boulot de philosophe, il aurait compris que John Money n’était pas si différent du bon conservateur d’aujourd’hui qui va à un rassemblement de La Manif Pour Tous en brandissant des pancartes avec du bleu pour les garçons et du rose pour les filles. En effet, Money, tout en introduisant le concept de genre, a purement et simplement tenté d'imposer à un individu une identité sexuée et sexuelle arbitraire, ce qui est à l'exact opposé de la démarche d'émancipation propre au concept de genre tel que défendu par les féministes, les LGBT ou... le gouvernement socialiste. Comme il se doit, Michel met dans le même sac Money et Butler, sans même vérifier si cette dernière n'aurait pas, par hasard (!), légèrement critiqué le premier, en consacrant par exemple un chapitre entier de son ouvrage Défaire le genre (2004) au cas Reimer. Mais comment Michel pourrait-il le savoir, n'ayant à l'évidence pas plus lu Butler que Money ? Comme à l'accoutumée, Michel ne recule devant aucun ad hominem pour abattre l'adversaire : ainsi affirme-t-il que Money "défendait la pédophilie", accusation grandiose qui circule un peu partout dans la réacosphère. En réalité, Money, en tant que sexologue reconnu, a effectivement participé à des débats sur la pédophilie et contesté dans ce cadre l'aspect pathologique d'une forme de pédophilie dite "affective", qu'il expliquait par un amour parental érotisé : ce n'est pas exactement la même chose que de "défendre" la pédophilie. A ce compte-là, nous pourrions dire que Michel, qui a décidément la mémoire courte, "défendait" la pédophilie et, implicitement, le concept de genre, dans son célèbre dialogue avec Nicolas Sarkozy (in Philosophie magazine du 27/03/2007) en objectant au candidat à la présidentielle : "Pour autant, on ne naît pas homosexuel, ni hétérosexuel, ni pédophile. Je pense que nous sommes façonnés, non pas par nos gènes, mais par notre environnement, par les conditions familiales et socio-historiques dans lesquelles nous évoluons."

Un jour viendra où l'on fera le compte des revirements intellectuels de Michel Onfray et le nombre risque bien d'être sidérant.