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08/02/2014

Le guignol et le sorcier

Deux petits faits, en cette fin de semaine, que je ne peux pas ne pas commenter.

D'abord, Nicolas Canteloup, à qui le Conseil représentatif des associations noires (Cran) fait des misères, à cause d'un sketch radiophonique sur le génocide rwandais qui n'a pas eu l'heur de plaire à ces braves gens. Les "anti-sionistes" seront déçus : pas de lobby juif à l'horizon. Canteloup assume et refuse de s'excuser. On aurait aimé le trouver aux côtés de Dieudonné il y a quelques semaines... et voilà sa mésaventure soudaine transformée en justice immanente : hâte de voir les prochains humoristes pris dans la tourmente. Affaire à suivre, tout de même, sachant que le Cran a réussi à obtenir gain de cause auprès du CSA au sujet d'un autre sketch diffusé sur Canal+ en décembre dernier et traitant déjà du génocide rwandais : plates excuses de la chaîne pour avoir attenté à la "dignité des victimes". Bref, le post-monde dans toute sa splendeur : un univers impitoyable où des communautés braillardes se disputent une rente victimaire sous la forme de subventions publiques et de droit de veto.

Et puis, une perle entendue hier soir sur le plateau de Taddeï : parlant des études sur la santé psychologique des enfants élevés dans des familles homoparentales, le philosophe Dany-Robert Dufour a expliqué avec le sérieux d'un pape que si ces études ne montraient la survenue d'aucune problématique particulière, c'est par manque de recul et que les problèmes surgissaient "au bout de une, deux, trois générations" [41:27]. Outre la contradiction qui consiste à déplorer le manque de recul lié au phénomène pour affirmer juste après quelque chose impliquant un tel recul, il y a surtout un usage plutôt étonnant de la pensée magique de la part d'un philosophe. A moins d'être un adepte de cette nouvelle pseudoscience à la mode qui prend pour nom "psychogénéalogie" – sorte de psychanalyse le culte des ancêtres en plus –, il n'y a à ce jour aucune preuve clinique de la transmission d'une problématique psychique d'une génération à l'autre. Une fois dépassé l'écran de fumée psychanalytico-philosophique, l'argument de Monsieur Dufour se montre pour ce qu'il est : un préjugé, du genre "bête et méchant" et digne d'une cour de récréation. Car c'est bien connu, une malédiction pèse sur les pédés et les gouinasses : leur crime contre-nature a même été sanctionné par Dieu himself avec l'apparition du SIDA. Si ça c'est pas une preuve...

Commentaires

Le bon sens veut qu'un enfant mérite de grandir avec un papa et une maman. Beaucoup en sont privés (deuil, séparation, divorce), ce qui impacte certainement leur santé psychologique. Difficile à mesurer. Mais beaucoup s'en foutent, car il faudrait parler de sujets qui fâchent comme les millions de familles brisées et les enfants écartelés entre ex-époux.

Les enfants élevés par des duos homosexuels c'est la cerise sur le gâteau, une volonté du libertarisme d'officialiser les dérives qui détruisent peu à peu la famille depuis les années 60.

Écrit par : Un chrétien | 09/02/2014

Bonjour et bienvenue sur mon blog.

Le bon sens a beau être la chose du monde la mieux partagée, il ne souffle pas les mêmes exigences aux oreilles des uns et aux autres. En bon chrétien, vous insistez sur l'importance pour un enfant d'avoir "un papa et une maman", comme si cette structure familiale était automatiquement bonne pour lui. Il suffit pourtant d'examiner les faits pour constater que bon nombre de familles 'traditionnelles' se révèlent dysfonctionnelles et nuisent plus ou moins gravement aux enfants et à l'inverse, que bon nombre de familles 'modernes' (élargies, reconstituées, monoparentales, homoparentales) fonctionnent très bien et profitent aux enfants. Par suite, à moins de démontrer clairement la fausseté de ce que je viens d'exposer, je ne vois aucune raison valable d'interdire en droit la formation et la protection de ces nouvelles familles.

Quant à la destruction de "la" famille, c'est un argument qui repose sur l'ignorance de l'évolution de la notion de famille à travers l'histoire. La famille nucléaire que vous défendez aujourd'hui en tant que modèle 'traditionnel' constitue elle-même, en réalité, une évolution par rapport à un modèle plus ancien se découvrant à mesure qu'on remonte dans le passé des Français : celui d'une famille inscrite dans un ordre social plus vaste, structurée autour d'un patriarche et où les enfants n'étaient pas spécialement élevés par leurs géniteurs, mais bien plutôt par les membres divers et variés qui composaient le clan.

Écrit par : Agg | 09/02/2014

Le lapinage incontrôlé des idiots (y compris les idiotes riches et bien mariées qui hurlent en public devant leurs enfants que les homos sont des animaux) a plus de chances de détruire notre civilisation qu'une poignée d'enfants élevés par des homos. J'ai vu plus de familles détruites par la naissance et la survie d'un enfant gravement handicapé ou l'obstination d'un conjoint à rester avec un(e) sale con(ne) que par le divorce, le concubinage perpétuel ou la présence d'un gay dans la fratrie. Ce qui n'est pas une raison pour surtaxer les familles ou de mettre des bouquins pédos au programme scolaire, hein.

Agg, vous avez raison concernant cette marotte psychanalytique. Sachez tout de même qu'elle a le vent en poupe chez les psychiatres français. Pour la petite histoire, les psys se recrutent jusqu'à la 6000ème place du concours de l'internat et leur effectif se complète avec une poignée d'internes de médecine générale trop pédants pour parler sans condescendance aux malades, ou qui ne comprennent pas que le rythme cardiaque et la tension augmentent en cas de douleur. Cela donne des confrères en général pas particulièrement modestes qui n'ont pas besoin de fournir le moindre courrier au médecin traitant au motif que Freud, Lacan et … Tisseron expliquent tout, eh puis nonobstant ce qui précède, ils sont spécialistes, eux^^. Ils sont du reste souvent monothéistes croyants, ce qui pourrait expliquer leur goût pour les théories fumeuses et alambiquées révélées plutôt que pour rechercher plus humblement les causes de la souffrance du patient et une solution acceptable pour y remédier. Quant aux effets secondaires des neuroleptiques utilisés à tour de bras, le patient s'entend souvent répondre que c'est dans sa tête, alors que c'est dans … le Vidal.

Écrit par : le blaireau-garou | 15/02/2014

Bonjour unfan, ravi de vous lire, vous vous faites trop rare !

Je vois que nous partageons l’essentiel, sur les familles. Concernant le programme gouvernemental, n’oubliez pas qu’il s’agit de socialistes : la taxation, c’est un réflexe atavique, chez eux. Sur les "bouquins pédos", je vous rappellerais que ce n'est pas l'objet de l'ABCD de l'égalité, qui se propose bien plus modestement de sensibiliser les jeunes générations au respect des droits de chacun, indépendamment de son sexe biologique, de son genre, ou de son orientation sexuelle. Cela dit et pour élargir le débat, je m'étonne de l'étonnement de quelques-uns devant l'affirmation somme toute banale d'une curiosité sexuelle et de conduites auto-érotiques chez les enfants, même très jeunes. N'est-ce pas précisément l'enjeu de l'éducation que de canaliser cette pré-sexualité ? Par suite, que les enseignants disposent d’outils pédagogiques à cette fin me paraît tout à fait légitime. Cela ne choquera que les pudibonds qui feraient mieux à mon avis de s’interroger sur leur propre rapport au corps et à la sexualité, sous peine de favoriser chez leur progéniture une vision bien triste et réductrice d’iceux – pour ne pas dire névrotique. Mais c'est peut-être ce qu'ils cherchent, après tout.

Quant à la psychanalyse… vous touchez juste. Le pire, c’est qu’au niveau de la recherche, cette discipline se révèle clairement dépassée : aujourd’hui, le paradigme dominant est cognitivo-comportemental et plus largement neuro-scientifique. Mais là encore, notre pays fait office d’"exception culturelle", avec une intelligentsia qui défend jalousement le temple freudo-lacanien au prétexte d'une tradition historique, en réalité en tant que la secte lui confère argent et pouvoir. Et tant pis pour les usagers en santé mentale.

Écrit par : Agg | 17/02/2014

"D'abord, Nicolas Canteloup, à qui le Conseil représentatif des associations noires (Cran) fait des misères, à cause d'un sketch radiophonique sur le génocide rwandais qui n'a pas eu l'heur de plaire à ces braves gens. Les "anti-sionistes" seront déçus : pas de lobby juif à l'horizon."

Eh bien si : le président du Crif a déclaré que Canteloup avait raison de ne pas s'excuser. Chose qu'il n'a pas dite de Dieudo, bizarrement.

Écrit par : Fikmonskov | 12/03/2014

@Fikmonskov

>> Je l'ignorais. Ce Monsieur Jakubowicz a décidément une susceptibilité à géométrie variable.

Écrit par : Agg | 13/03/2014

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