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31/01/2014

Monsieur l'instituteur

Décidément, Alain Finkielkraut vieillit mal. En réponse à la polémique sur l'imaginaire "théorie du genre", Finkie cite Jules Ferry, dans sa fameuse Lettre aux instituteurs : "Demandez-vous si un père de famille, je dis un seul, présent à votre classe et vous écoutant, pourrait de bonne foi refuser son assentiment à ce qu'il vous entendrait dire." D'accord, sauf que cette circulaire date de 1883, à une époque où la société française était relativement homogène et non pas, comme aujourd'hui, déchirée par une multitude de communautarismes, dont les représentants ne manquent justement pas une occasion de refuser leur assentiment à l'enseignement républicain. Depuis quelques mois, ce sont les études de genre – que notre penseur national semble ne pas connaître – qui se trouvent dans le collimateur de quelques groupes chrétiens et musulmans. Mais le phénomène n'est pas nouveau : Finkie aurait-il oublié le rapport Obin, qui, il y a une décennie, pointait déjà les difficultés croissantes rencontrées par les enseignants pour aborder certains sujets d'histoire (je te laisse deviner lesquels, ami lecteur !) ou encore certaines théories des sciences de la vie et de la Terre (idem) ? Notre pays peut souffrir d'une "identité malheureuse" si l'école même devient le lieu d'une contestation des principes de la République au profit d'"identités diasporiques et identitaires" : comment notre philosophe ne voit-il pas le lien ? A trop jouer lui-même sur les deux tableaux de l'universalisme et du communautarisme, vantant l'un sur France Culture pour le fouler aux pieds et embrasser prestement l'autre dans Haaretz ou sur quelque radio juive, sans doute Finkie ne sait-il plus trop où il en est...

Entre l'idéologie laïcarde, d'inspiration franc-maçonne, rêvée par Vincent Peillon et les idéologies ethnico-religieuses attisées par quelques fous furieux, il y a peut-être de la place pour une position éclairée, défendue par des individus raisonnables n'ayant pas envie que tout cela dégénère en guerre de tous contre tous.

Peut-être.

30/01/2014

Mauvais genre

Il faudrait expliquer une bonne fois aux ignorants – à commencer par Vincent Peillon – que la "théorie du genre" n’existe pas. Ce qui existe, ce sont des études de genre qui montrent qu’il n’y a pas de lien causal linéaire entre le sexe biologique et les comportements d’un individu, mais que ces derniers sont le fruit d’une intrication entre biologie, culture et expérience personnelle. Par conséquent, dans un pays dont l’un des principes est l’égalité de droit entre les citoyens quels que soient leurs particularismes, il n’est peut-être pas tout à fait idiot d’enseigner les bases de cette réalité scientifique aux nouvelles générations afin qu'elles aient une vision un poil moins simpliste de l'identité sexuelle et par suite du rôle social que peut remplir un individu, homme ou femme. De même, je ne vois rien de choquant dans l'accent mis sur la tolérance envers les formes de sexualité autres que celle attendue par les tenants d'un hypothétique "ordre naturel" auquel il s'agirait de se soumettre pour mériter le respect. Cela dit, quand, dans le même temps, notre cher ministre de l'Education nationale prétend que la laïcité est une "religion républicaine" (sic) et veut, je cite, "arracher l’élève à tous les déterminismes, familial, ethnique, social, intellectuel", autrement dit, créer un homme nouveau après sape de ses racines, je ne m'étonne pas que des fanatiques comme lui, mais d'une autre chapelle que la sienne, lancent des rumeurs stupides et posent des actes irrationnels.

26/01/2014

Recherche musulman modéré désespérément

Dounia Bouzar chez Ruquier, hier soir. La dame, "anthropologue du fait religieux" et membre de "l'Observatoire de la laïcité", se propose de "désamorcer l'islam radical" dans un nouveau bouquin. Tout du long, sur le plateau, notre spécialiste tentera de différencier "musulmans modérés" et "musulmans radicaux". Je n'ai pas été convaincu. Des musulmans, j'en ai côtoyé des dizaines, dans ma vie personnelle comme dans ma vie professionnelle. J'en compte même parmi mes amis, preuve s'il en fallait que l'entente est possible. Malgré tout, il faut voir les choses en face : un "musulman modéré", ça n'existe pas. Par définition, le musulman est sectaire. Il suit certaines règles qui le distinguent des infidèles. Moi je veux bien que Madame Bouzar m'explique par exemple que le fait pour une femme musulmane de se garder de tout contact physique avec un homme relève du radicalisme islamique, le problème, c'est que je ne vois aucun "musulman modéré" se lever pour dénoncer ce genre de comportement, au contraire. Pareil pour le voile : pas un "modéré" pour taper du poing sur la table et en remontrer aux présumés "radicaux". Le halal ? Parfaitement normal pour n'importe quel "musulman modéré" et gare à celui qui mange du "halouf". Le ramadan ? Le "musulman modéré" regardera de travers celui ou celle qui ne le fait pas et surveillera de près celui ou celle qui le fait, au cas où il viendrait à l'idée de quelqu'un de tricher. L'humour ? Faut quand même pas trop déconner avec le prophète et Allah, même chez les "modérés". L'athéisme ? Au pire, un impensable, au mieux, une étape sur le chemin de la conversion. L'amour ? Le "musulman modéré" n'a rien contre les non musulmans, mais quand même, il optera pour une personne de sa communauté religieuse, dénichée sur inchallah.com. Alors entendons-nous bien : je n'ai rien contre les musulmans, à partir du moment où ils ne tentent pas de m'imposer leurs sottises, ce que malheureusement, en dépit de leur modération supposée, ils ont une fâcheuse tendance à faire. Remarquez, c'est pareil pour les juifs et les chrétiens, seulement ceux-là sont plus fourbes : question d'expérience de la République, sûrement.

24/01/2014

Mais qui a tué Piou-piou ?

Retour (fort discret médiatiquement, vous ne trouvez pas ?) sur la mort de Piou-piou avec un premier rapport d'expertise rendu le 2 janvier dernier dévoilant... l'incapacité des médecins à déterminer clairement autant les causes de la mort de l'ange antifa que les responsabilités des protagonistes de la rixe. Je crois que ce que je préfère dans l'article de Libé, c'est le moment où Violette nous explique sans rire que les légistes ne sont pas foutus de faire la différence entre une blessure provoquée à main nue ou au contraire armée d'un poing américain, ce dernier étant en outre supposément garni de pointes et ayant prétendument servi cinq fois pour frapper Piou-piou en pleine tête ! Les braves gens, les bonnes personnes qui ont déjà gagné leur place au paradis par l'adhésion à la doxa, ne verront là aucun problème : les experts, vous savez... Mais nous autres salauds, adorateurs de "cerveaux malades" (© Cohen) et pauvres "naïfs" frappés du "fléau du conspirationnisme" (© Nabe), aurions tendance à penser que les experts ont rendu des conclusions solides... que le bon peuple ne doit pas connaître pour des raisons politiques. Mais je divague : jamais un gouvernement n'exercerait la moindre pression sur le déroulement d'une enquête judiciaire, car les pouvoirs sont indépendants, dans notre beau pays ; jamais un journal ne traiterait une information de manière volontairement biaisée afin d'orienter l'opinion de ses lecteurs, car la presse est objective et libre de tout conflit d'intérêts, dans notre beau pays. Quoique. 

Seigneur, chassez toutes ces mauvaises pensées de mon esprit et délivrez-moi du mal !

11/01/2014

Dresser le nègre

L'ingratitude du système politico-médiatique envers Dieudonné frise l'indécence : au lieu de lui donner la légion d'honneur pour avoir su canaliser, par l'humour, la méchante envie populaire d'enfourcher quelques têtes au bout d'une pique, comme au bon vieux temps, nos seigneurs et maîtres ont décidé de l'abattre. Sans doute ont-ils estimé qu'à force de lui lâcher la bride, le mulâtre a fini par prendre confiance au point de l'ouvrir un peu trop. Les coups de fouet fiscaux et pénaux n'ayant pas suffi, ses majestés ont finalement opté pour la censure pure et simple, avec mise à l'épreuve : la version camerounaise d'Hitler ne pourra espérer revenir dans le sérail du show-biz qu'après avoir retrouvé la drôlerie de ses débuts, lorsqu'il officiait avec Elie, son camarade d'une origine qui n'a absolument rien à voir avec tout ça... enfin je me comprends.

Bref, "l'affaire Dieudonné", ça rappelle quand même l'époque bénie des champs de coton, où les nègres ne faisaient pas chier les honnêtes gens avec des histoires à dormir debout (du conspirationnisme, a même dit Nabe chez Taddeï ; pâlot, d'ailleurs, le Nabe : mange-t-il à sa faim tous les jours ?) sur le poids politique de certains communautarismes au sein d'une République qui, en principe, n'en reconnaît aucun.