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26/01/2014

Recherche musulman modéré désespérément

Dounia Bouzar chez Ruquier, hier soir. La dame, "anthropologue du fait religieux" et membre de "l'Observatoire de la laïcité", se propose de "désamorcer l'islam radical" dans un nouveau bouquin. Tout du long, sur le plateau, notre spécialiste tentera de différencier "musulmans modérés" et "musulmans radicaux". Je n'ai pas été convaincu. Des musulmans, j'en ai côtoyé des dizaines, dans ma vie personnelle comme dans ma vie professionnelle. J'en compte même parmi mes amis, preuve s'il en fallait que l'entente est possible. Malgré tout, il faut voir les choses en face : un "musulman modéré", ça n'existe pas. Par définition, le musulman est sectaire. Il suit certaines règles qui le distinguent des infidèles. Moi je veux bien que Madame Bouzar m'explique par exemple que le fait pour une femme musulmane de se garder de tout contact physique avec un homme relève du radicalisme islamique, le problème, c'est que je ne vois aucun "musulman modéré" se lever pour dénoncer ce genre de comportement, au contraire. Pareil pour le voile : pas un "modéré" pour taper du poing sur la table et en remontrer aux présumés "radicaux". Le halal ? Parfaitement normal pour n'importe quel "musulman modéré" et gare à celui qui mange du "halouf". Le ramadan ? Le "musulman modéré" regardera de travers celui ou celle qui ne le fait pas et surveillera de près celui ou celle qui le fait, au cas où il viendrait à l'idée de quelqu'un de tricher. L'humour ? Faut quand même pas trop déconner avec le prophète et Allah, même chez les "modérés". L'athéisme ? Au pire, un impensable, au mieux, une étape sur le chemin de la conversion. L'amour ? Le "musulman modéré" n'a rien contre les non musulmans, mais quand même, il optera pour une personne de sa communauté religieuse, dénichée sur inchallah.com. Alors entendons-nous bien : je n'ai rien contre les musulmans, à partir du moment où ils ne tentent pas de m'imposer leurs sottises, ce que malheureusement, en dépit de leur modération supposée, ils ont une fâcheuse tendance à faire. Remarquez, c'est pareil pour les juifs et les chrétiens, seulement ceux-là sont plus fourbes : question d'expérience de la République, sûrement.

Commentaires

à la différence que la religion chrétienne est tout de même plus tolérante et que c'est la nôtre, ne serait-ce que culturellement.

Écrit par : Pharamond | 26/01/2014

On peut reconnaître l'importance culturelle du christianisme sans pour autant adhérer à ses fadaises et se soumettre à son emprise idéologique. Quant à la tolérance, vous plaisantez, certainement. L'intolérance est probablement l'un des éléments caractéristiques des trois monothéismes et l'histoire du christianisme l'a hélas amplement démontré avec le massacre par millions des "païens", "infidèles" ou "hérétiques". La "tolérance" des chrétiens a été arrachée de haute lutte par leurs adversaires laïques et repose plus sur le maintien d'un rapport de force à l'avantage de ces derniers que sur une réelle évolution de la mentalité des premiers. Et par mentalité, j'entends bien sûr non pas les croyances particulières, que les chrétiens ont tout à fait le droit d'avoir en vertu de leur liberté de conscience, mais le désir de plus en plus marqué chez eux d'empêcher ceux qui ne partagent pas leur foi et/ou leurs valeurs de jouir pleinement de cette même liberté. Exemple tout récent avec le droit à l'avortement : rien ni personne n'oblige les chrétiens à avorter et par là à renier leur conception religieuse de la vie ; en revanche, dans un Etat de droit, rien ni personne ne les autorise à forcer une femme à garder un enfant si elle ne le souhaite pas... or c'est bien ce que feraient de plus en plus de chrétiens, de leur propre aveu, si d'aventure ils en avaient le pouvoir.

Écrit par : Agg | 27/01/2014

L'instrument de pouvoir qu'a été le christianisme et le message des Evangiles sont deux choses différentes.
Quant à l'avortement, ils considèrent cela comme un meurtre, difficile de rester insensible quand vous êtes persuadés que des meurtres se commettent en toutes impunité sur des victimes innocentes.

Écrit par : Pharamond | 27/01/2014

Votre distinction entre christianisme originel et christianisme institutionnel (si j'ai bien compris) me fait penser à celle réalisée encore aujourd'hui par certains gauchistes entre un communisme "pur" et ses applications dévoyées et mortifères que furent le stalinisme et le maoïsme, pour ne citer que celles-là. Mais si cette distinction est valable, cela pose encore plus question : comment un message humaniste a-t-il pu se transformer en instrument de domination ? Quant à l'avortement, je vous rétorquerais que c'est bien le problème : de plus en plus de chrétiens refusent que d'autres aient une sensibilité différente et agissent en conséquence... alors que c'est tout l'enjeu dans un Etat de droit qui fait du pluralisme le cœur de son dispositif. Il me semble que personne, en France et plus largement en Occident, n'empêche véritablement les chrétiens de vivre comme ils l'entendent : je souhaite que la réciproque reste vraie.

Écrit par : Agg | 27/01/2014

Le problème est que le royaume de Dieu n'est pas de ce monde, les hommes n'ont fait qu'institutionnaliser un système né de l'effondrement de l'Empire romain pour gouverner avec efficacité même si ce n'était pas toujours avec douceur. Le marxisme, vicié dans son essence, était qui plus est une théorie de gouvernement des hommes ce que n'ont pas voulu être les Evangiles.
Si je crois réellement que des meurtres se passent quelque-part, il est de mon devoir de chercher à y mettre fin, je ne peux pas dire c'est leur point de vue, pas le mien, et passons à autre chose. Je précise que je ne suis pas anti-IVG.

Écrit par : Pharamond | 27/01/2014

Hum, pour moi le christianisme est également vicié dans son essence... :-p Passons.

Sinon, sur l'avortement, vous témoignez d'un malentendu courant chez beaucoup de gens, soit l'idée que les sociétés modernes seraient fondées sur la morale, alors qu'elles sont fondées sur le droit. C'est le droit qui fixe ce qui est répréhensible et ce qui ne l'est pas, pas la morale. Par suite, votre morale chrétienne aura beau vous faire considérer l'avortement comme un meurtre, elle ne vous donnera pas pour autant le droit d'intervenir pour y mettre fin dans un pays où l'avortement est légal. Dès lors, la question n'est plus "pour ou contre l'IVG ?" mais "pour ou contre le droit à l'IVG ?", ce qui n'est pas la même chose. Personnellement, je suis pour le droit à l'IVG sans pour autant sauter de joie devant les 200 000 avortements réalisés chaque année, qui relèvent à mon avis d'un problème d'éducation à la santé.

Écrit par : Agg | 27/01/2014

Je crois que vous considérez toutes les religions viciées dans leur essence.

Le droit n'est pas totalement indépendant de la morale, la preuve est qu'il varie avec elle. Quant aux respects des lois, autant fermer mon blog qui n'est que railleries envers ce que notre pays est devenu en toute légalité.

Sinon pour l'IVG, j'ai fait un raccourci, je suis pour le droit à l'IVG, être pour l'IVG ne veut pas dire grand chose. Enfin je pense que le débat devrait être permis sur le sujet, ce qui n'est pas le cas.

Écrit par : Pharamond | 27/01/2014

Vous n'avez pas tort, sur mon rapport aux religions. Disons que j'ai tendance à penser que nous disposons d'un cerveau pour appréhender les faits de la réalité plutôt que pour les éluder et que l'enjeu est de vivre sur cette terre plutôt que dans quelque arrière-monde fantastique.

Je ne sais pas si vous avez lu Michéa : sur la question du droit, je le rejoins totalement. Il explique très bien comment le droit constitue, avec le marché, l'instrument de l'ingénierie sociale libérale. C'est le droit qui modèle la morale du temps. Que le résultat soit plus que critiquable est une autre question. Moi aussi, à ce compte-là, je n'ai plus qu'à fermer mon blog, même si je suis probablement moins sévère que vous sur ce qu'est devenu notre pays.

Tout à fait d'accord sur l'absence de débat sur le droit à l'IVG. Mais un tel débat impliquerait que les parties en présence lâchent leurs absolutismes respectifs. Quand je vois d'une part les outrances socialistes et d'autre part l'hystérie des catholiques, je me dis que c'est pas gagné.

Écrit par : Agg | 28/01/2014

Vous noterez tout de même qu'outre les croyants par convention ou superstition il y a aussi des croyants très instruits et capables de résonner par eux-mêmes. Dans la foi il y aussi du mystèrieux et une certaine forme de sensibilité, pas seulement l'espérance du Paradis et la peur de l'enfer.

Je l'ai un peu lu, mais pas sur la question du droit. Et je maintiens que le droit et la morale s'interpénètrent sans que l'un ou l'autre soit prépondérant. Prenons l'exemple de l'IVG, quand la loi est passée je pense que la majorité des Français étaient pour.

La hargne de chacun des camp est aussi peut-être à l'absence de débat. Et peut-être aussi cela est-il su et voulu.

Écrit par : Pharamond | 28/01/2014

Pardon, "La hargne de chacun des camp est aussi peut-être due à l'absence de débat."

Écrit par : Pharamond | 29/01/2014

Amusant, votre lapsus scriptae, qui fait que pour le coup je suis d’accord avec vous : les croyants résonnent (en écho à leurs propres fantasmes), bien plus qu’ils ne raisonnent (à partir des faits de la réalité). Cela n’empêche pas qu’ils puissent être par ailleurs brillants et sensibles. Seulement, dès qu’ils traitent de religion, je constate qu’ils abandonnent la rationalité dont ils usent ordinairement pour avaler sans broncher un monceau de fariboles. La meilleure illustration de cette attitude, pour moi, se trouve chez Pascal : grand savant, grand écrivain… qui devient benêt sitôt qu’il s’agit de Dieu. Vous parliez de mystère, eh bien pour moi en voilà un de taille.

Sur les rapports entre droit et morale, j’ai un magnifique contre-exemple : l’abolition de la peine de mort, qui n’a pas fait l’objet d’un référendum parce que Mitterrand et Badinter savaient pertinemment que le peuple ne l’aurait alors pas ratifiée et qui, aujourd’hui, semble acquise, malgré quelques fluctuations de "l’opinion" au gré de l’actualité. Je prends le pari qu’il en ira de même avec le "mariage pour tous" dans une poignée d’années.

Enfin, sur la hargne et l’absence de débat entre les deux camps, oui, je pense que c'est voulu, mais de part et d'autre, puisque chacun refuse de lâcher son absolutisme chéri. Plutôt la guerre qu'un authentique dialogue : nous n'avons guère évolué, en tant qu'espèce.

Écrit par : Agg | 30/01/2014

Oui, amusant lapsus, en effet. Sinon, j'ai d'autres exemples plus proche de Pascal qui vivait à une époque tout de même toute baignée de religion. Difficile dans ce cas de s'extraire de la pensée ambiante, tout brillant que l'on puisse être.

Sauf que la morale qui compte aujourd'hui n'est plus la morale populaire mais celle d'une minorité qui fait la pluie et le beau temps en politique, dans le show bizz, les médias, l'éducation et les affaires. Le droit s'y plie. Notre opinion ne compte plus et celles des moutons suit ce que dit la télé.

L'évolution ultime étant de devenir des Bisounours ?

Écrit par : Pharamond | 01/02/2014

D’accord pour Pascal, mais l’argument ne vaut plus pour les croyants d’aujourd’hui, qui baignent, tout du moins en Occident, dans un climat séculier.

Sur la morale, si vous voulez dire que la morale des dominants l’emporte sur celle des dominés, je vous suis, mais ce n’est hélas pas très nouveau ; Nietzsche dénonçait déjà la "moraline", produit dérivé du judéo-christianisme, voire forme achevée d’icelui : nous nageons en plein dedans aujourd’hui.

Le Bisounours n’est jamais que l’ombre du Barbare et vice-versa. L’évolution ultime serait pour moi de devenir des hommes : ni anges ni bêtes, mais dans le péril d’un entredeux inconfortable, avec une liberté à refaire à chaque instant, armés de notre seule raison.

Écrit par : Agg | 02/02/2014

Oui, et je les crois moins crédules que Pascal, justement.

Certes, mais jusqu'à il n'y a pas très longtemps la peine de mort existait, par exemple, preuve que l'on était pas si ramolli que ça. Je crois que le grand tournant est arrivé avec la gauche qui après avoir sapé la société depuis l'après-guerre a fini par montrer son vilain museau au grand jour dans les années 80. Depuis c'est une minorité qui pense pour tout le monde avec l'intouchabilité liée à être dans le camp du bien avec un grand B.

Et ça se traduirait comment ?

Écrit par : Pharamond | 02/02/2014

Hum, je dirais pour ma part que la crédulité des croyants (instruits, s'entend, je passe sur la masse de croyants incultes) s'est déplacée avec l'augmentation des savoirs positifs. Aujourd'hui, elle se porte sur les apories scientifiques, comme l'origine de l'univers ou encore la conscience, avec le raisonnement suivant : puisque les savants sont en incapacité de répondre en tout ou partie, c'est que Dieu se cache là derrière.

Sur le nouveau ordre moral imposé par le "camp du Bien", je vous rejoins tout à fait, à ceci près que je ne distinguerais pas entre gauche et droite. Sur ce point, j'ai la même lecture que les partisans du FN : nous avons affaire à un bloc "UMPS" qui défend essentiellement le même programme et se clive sur des points mineurs. Il suffit d'en juger par la frilosité de la droite sur les questions sociétales qui font l'actualité : cette droite-là n'incarne plus le conservatisme depuis belle lurette.

Eh bien ce qui me surprend à chaque fois qu'un problème se pose, c'est l'aspect proprement délirant des réactions de nombre de mes congénères : ils ne cherchent pas une solution, mais un coupable, dans un arrière-monde peuplé d'idéologies et de systèmes... pour s'étonner ensuite que rien ne change.

Écrit par : Agg | 03/02/2014

Sur la question je m'arrêterais là. Je suis agnostique et pas athée, je ne crois mais je n'arrive pas à penser que j'ai forcément raison.

Certes, la droite n'en a plus que le nom et est aussi nocive que la gauche. J'avais seulement noté une accélération vers l'abîme depuis Mitterrand.

C'est à dire que parfois il y a des coupables qui nous empêchent de trouver une solution.

Écrit par : Pharamond | 03/02/2014

Quelque chose me dit que vous n'êtes pas agnostique s'agissant de Zeus ou de Quetzalcoatl : pourquoi tant d'égards vis-à-vis du bon Dieu ?

Mitterrand, de gauche ?! Avant 1983, alors. ;-)

Oui, c'est vrai.

Merci pour ce petit échange !

Écrit par : Agg | 04/02/2014

Parce que ce sont des cathédrales et des chapelles qui ornent les villes et les villages de France, parce que je vis ici et maintenant et peut-être parce que les Évangiles me touchent plus que le Popol Vuh.

Peu importe, sa clique l'était.

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Je vous en prie, j'espère que je ne vous lasse pas.

Écrit par : Pharamond | 04/02/2014

Vous ne me lassez pas du tout, je trouve appréciable de pouvoir discuter sereinement. J'espère bien vous retrouver au détour d'un prochain billet sur ce blog ou le vôtre. :-)

Écrit par : Agg | 06/02/2014

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