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29/11/2013

Des nouvelles de Hollandie

C'est un "fou" qui arrose de plomb des "journaputes" accusées d'être payées pour faire avaler des mensonges aux citoyens : mais où Dekhar est-il allé chercher une idée aussi saugrenue ?1

C'est une petite clique gouvernementale qui découvre tout ébaubie en 2013 le dumping social2 contre lequel les partisans du non au traité constitutionnel mettaient en garde en 20053. Encore une dizaine d'années et vous allez voir que les gros malins au pouvoir nous expliqueront que le fédéralisme européen et la monnaie unique n'étaient pas franchement de bonnes idées.

C'est un nouveau fantasme de l'insécurité4 qui se fait dézinguer par un commerçant excédé. Pour ceux qui n'auraient pas suivi le match, voici le score : Bijoutiers 2 - Braqueurs 0. Les supporters des bijoutiers ont bon espoir de voir leur équipe renouveler l'exploit : et un, et deux, et trois zéro !

C'est un criminel5 qui a pris toute la mesure de la réforme Taubira6 et tiré les leçons des attentats du 11 septembre 2001 en faussant compagnie à ses geôliers à l'aide d'un cutter7.

C'est un PDG qui quitte le navire dont il n'a pu prévenir le naufrage avec une partie du butin : la grogne des moussaillons le fera finalement revenir à un comportement plus digne de son rang8.

C'est la courbe du chômage qui, d'après une analyse statistique poussée9, s'est inversée entre le 30 et le 31 octobre, avec une baisse de 0,001% : quand on vous dit que le socialisme, ça marche, gens de peu de foi !

C'est un projet de loi10 qui vise à punir les usagers d'un service qui, lui, n'est pas illégal : allez comprendre. Et puis c'est vrai que payer une prostituée pour avoir des relations sexuelles, c'est beaucoup plus intolérable11 que payer une mère porteuse pour avoir un môme12, une mannequin pour vendre une bagnole ou une chroniqueuse télé pour fournir du "temps de cerveau disponible"13.

Qu'il y fait bon vivre, au pays de Flanby !

 

1. Ah, quel plaisir de voir ces petites salopes du système hurler d'effroi pendant quelques jours parce que, pour une fois, elles étaient les victimes. On lira par ailleurs avec profit ce judicieux article de Marianne, qui dit bien la somme de réflexes conditionnés propres à une certaine classe politico-médiatique... et, en miroir, à certains citoyens.

2. Les politiques n'utilisent pas ce terme, sans doute jugé trop cru. C'est ainsi que le ministre de l'Agro-alimentaire, Guillaume Garot, parle délicatement du travail détaché qui "fausse la concurrence", tandis que le ministre du Travail, Michel Sapin, entend lutter contre les "dérives" de ce statut.

3. Avec la directive services (dite "Bolkestein", du nom de l'ancien commissaire européen l'ayant présentée à l'époque) qui posait le principe du travailleur détaché soumis au régime des droits sociaux de son pays d'origine : voilà comment le "plombier polonais" devint nettement moins cher que son homologue français. Cette directive fut depuis lors édulcorée, sans que le problème de fond soit pour autant résolu : comment instaurer une "concurrence libre et non faussée", selon l'expression convenue, entre des pays aux énormes disparités économiques et sociales ?

4. Il s'agirait d'un certain "Fétihé M.", âgé de 36 ans, braqueur récidiviste et rappeur timoré, issu du 94. La visite de la Marne ne lui a pas réussi.

5. Stéphane Goetz, 27 ans, condamné en 2012 à 10 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises du Finistère pour une tentative d’assassinat en 2007, décision dont il a fait appel. Libérable en 2015 : cherchez l'erreur.

6. Notre Garde des Sceaux préconisant en effet de ne plus emprisonner les auteurs de délits. Alors d'accord, une tentative d'assassinat n'est pas un délit, mais un crime, me direz-vous : je vous répondrai que Goetz est un avant-gardiste, voilà tout. 

7. Comme quoi un cutter peut se révéler utile dans des circonstances diverses et variées. Sur le 11 septembre, les chiures de rat ayant du mal avec la version officielle peuvent rompre leur solitude en visionnant cette vidéo.

8. La classe, Monsieur Varin. En même temps, ce serait pas ça le fameux risque dont les libéraux pur sucre nous rebattent les oreilles ? Qu'un mec gagne beaucoup de pognon quand le boulot qu'il accomplit fait que son entreprise reste à flots ne me pose aucun problème. Mais qu'un mec se barre avec un pactole mensuel à vie alors qu'il a échoué dans sa mission, là, ça dépasse mon entendement. Un salarié dans la même situation (insuffisance professionnelle) serait licencié et toucherait seulement les indemnités légales.

9. Ah, la magie des chiffres : en les torturant assez, vous pouvez leur faire dire ce que vous voulez.

10. Examiné ce jour à l'Assemblée nationale. [Addendum - 30/11/2013 : sans grande surprise, les députés ont voté la pénalisation des clients et abrogé le délit de racolage passif instauré par Sarkozy. On n'arrête pas le progrès]

11. Mais il y a pute et pute, dans le système libéral. A quand la pénalisation de la connerie ?

12. Oui, je sais, il n'en est pas question pour l'instant et les socialistes ont promis : pas de GPA en France, jamais. Tout comme Elisabeth Guigou avait assuré au bon peuple que le Pacs (1999) n'était pas un préambule au "mariage" homosexuel... Quand je vois en outre que le Parlement européen publie un rapport de près de 400 pages consacré à ce sujet et que les auteurs dudit rapport concluent à un nécessaire encadrement au vu de l'ampleur du phénomène, je me dis que c'est plié.

13. Selon le mot de Patrick Le Lay, ancien PDG de TF1 (in Les dirigeants face au changement, 2004).

24/11/2013

Oui-Oui et le klaxon

La machinerie politico-médiatique ne s'arrête jamais. Ce matin, m'avisant du programme télé avant de prendre mon petit-déjeuner, je suis tombé sur le synopsis d'un documentaire qui a retenu mon attention : "Au cœur des États-Unis, Curtis, Golda et Veldean se trouvent confrontés à l'absurdité et à la violence de la peine de mort. Pendant ce temps à Huntsville, petite ville du Texas, les exécutions rythment le quotidien." Des exécutions qui rythment le quotidien ?! Quand on sait que les Etats-Unis, dans leur ensemble, ont exécuté 1355 personnes depuis 19771, soit une moyenne de 38 personnes par an, on ne peut que s'interroger sur l'honnêteté intellectuelle du rédacteur du synopsis. Curieux, j'ai regardé le documentaire en question, intitulé Honk2 (2011) et réalisé par Arnaud Gaillard et Florent Vassault3. Sans surprise, le film se centre quasi-exclusivement sur les criminels et leurs familles : c'est à peine si l'on entrevoit, au tout début, une famille de victimes, seule occasion où les crimes sont évoqués et encore, bien furtivement. Ce ne sera plus jamais le cas ensuite, ce qui suggère habilement que les mecs attendant dans le couloir de la mort se sont retrouvés là par hasard, victimes innocentes d'un système judiciaire kafkaïen. Le téléspectateur découvre d'ailleurs juste après l'histoire d'un pauvre type qui a passé deux décennies en prison et qui a failli être exécuté, alors qu'il n'avait rien fait. Depuis, il est sorti, mais souffre de traumatismes divers et variés, outre les terribles anecdotes qu'il a à raconter, ce qui tombe décidément bien, puisque les caméras sont là. On a droit aussi à l'inévitable point Godwin : saviez-vous que l'injection létale était une invention de Karl Brandt, médecin personnel d'Hitler, qui a tué par ce moyen des milliers de bébés ? Saviez-vous aussi que certains Etats américains utilisaient encore, de nos jours, du Zyklon B, le gaz qui a tué des millions de juifs, pour exécuter leurs criminels ? De là à dire que la peine de mort et le nazisme, c'est même combat, il n'y a qu'un pas, que les réalisateurs franchissent allègrement. Mais c'est un problème de mentalité, voyez : tout au long du documentaire, des abrutis d'Américains défendent l'idée que la peine de mort est justifiée par une logique d'interdépendance des droits et des devoirs – ce que les progressistes appellent avec mépris la loi du talion4. Mais il ne faut pas oublier que ces mêmes abrutis d'Américains ont considéré l'esclavage comme une pratique normale pendant près de 250 ans : heureusement, la société évolue et les bonnes âmes ne désespèrent pas de l'abolition prochaine de la peine de mort au pays des cowboys. Le film s'achève avec le dernier argument, carbonisé, contre la peine de mort : cette dernière n'a pas d'effet dissuasif. Mais la prison non plus : doit-on pour autant arrêter d'enfermer les criminels ? Damned, mais c'est exactement la proposition de notre actuel Garde des Sceaux ! Comme quoi, les grands esprits se rencontrent.

Bon, inutile de dire que si vous n'avez pas versé votre petite larme quand Golda klaxonne devant la prison qui retient son fils en otage avant de le liquider, vous êtes un salaud, un chien, un monstre, un étron, un déchet de l'humanité, bref, une vermine sans nom qui ne mérite pas de vivre. Ah bah non mince. Oh et puis pas grave.

 

1. Source : l'excellent site PDM.

2. "Klaxon", en anglais, pour les unilingues. Le documentaire était diffusé à 9h50 sur la chaîne Public Sénat.

3. Le premier étant sociologue et militant abolitionniste. Croyez-le ou non, mais je m'en doutais un peu.

4. Loi qui remonte au Code de Hammurabi (~ 1750 avant Jésus-Christ) et qui avait pour but d'établir un lien symbolique entre le crime et le châtiment.

Per fas et nefas

Depuis quelques mois, j'interviens ponctuellement chez Fikmonskov, blogueur vedette de la "réacosphère" très lié au Printemps Français. Si je partage certains de ses points de vue, je suis loin de les partager tous, mais c'est, me semble-t-il, l'intérêt de tenir un blog : non pas seulement faire signe à ses semblables pour se retrouver dans le confort de l'entre-soi, mais aussi interpeller des altérités pour se confronter à des positions adverses. Hélas, trois fois hélas, Fikmonskov, comme quelques autres avant lui qui m'ont incité à ouvrir cette rubrique, supporte de moins en moins la contradiction et censure à tout va. Me concernant, tout est apparemment parti d'une discussion houleuse sur l'avortement s'étant terminée par de jolis noms d'oiseaux (on appréciera au passage la vulgarité de mes interlocuteurs se réclamant pourtant à l'envi de la morale et de la sensibilité...). J'ai laissé passer l'orage. De retour sur un tout autre sujet après douze jours de silence, je n'ai malheureusement pas reçu meilleur accueil, pour finir par être exclu sans délai. Comme à chaque fois dans ce genre de cas, je réponds à mon censeur ici-même :

Ce n'est une "vision de merde" que parce que vous avez une conception idéaliste des choses, avec en particulier l'idée qu'il y aurait des règles à respecter pour atteindre vos objectifs, alors que comme le rappelle fort justement Ghislain, votre adversaire, lui, ne joue pas franc-jeu. Mais votre adversaire n'est pas le Diable et vous n'êtes pas Dieu, non, l'un et l'autre incarnez simplement des groupes humains aux intérêts conflictuels et dans ce cadre la seule question valable consiste à se demander comment faire cohabiter tout ça dans un Etat de droit – sauf bien sûr à rêver d'un "grand soir" ou d'un "grand matin" qui liquiderait jusqu'à notre régime politique actuel, ce qui ne pourrait se faire qu'au prix non seulement de la vérité, mais aussi de la vie, dont j'ai pourtant cru comprendre le caractère sacré chez vous.

En conclusion, je ne vois pour vous que deux options : soit vous diriger vers un pragmatisme de bon aloi, soit vous crisper de plus en plus sur votre idéalisme (comme cela me semble être le cas en ce moment : j'interviens peu, mais je lis les discussions et je vous trouve de plus en plus fermé au dialogue), avec le risque tôt ou tard de basculer dans la violence (qui incube tranquillement dans notre pays depuis quelques années). Voilà, je ne vous embête pas plus, en espérant que vous ne prendrez pas à nouveau la mouche pour ces modestes lignes.

Je vous dédie, cher Fikmonskov, ce mot de Samuel Butler : "Un homme digne de ce nom : 1°) doit avoir un idéal élevé ; 2°) doit mettre cet idéal résolument de côté au premier clin d'œil du sens commun".

17/11/2013

De l'imbécillité de certains primates

Adolf_taubira_singe_racisme_antianimal.jpgMichel Audiard faisait dire à Lino Ventura, dans un film célèbre1 : "les cons ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît". Eh bien ils ont osé. Comme si le vacarme médiatique autour de ce qu'il est désormais convenu d'appeler "l'affaire Taubira" n'avait pas suffi, ces derniers jours. Les cons en ont rajouté une couche, avec une tribune du Journal du Dimanche signée par Jeanne Moreau et quelques autres personnalités et brillamment intitulée "Nous sommes tous des singes français". Jaloux, Bernard-Henri Lévy a souhaité montrer que lui aussi pouvait être capable d'une connerie intersidérale en lançant une "mobilisation"2 (sic) d'intellectuels et d'écrivains germanopratins, avec Madame Taubira en guest star. Bref, la machine de guerre "antiraciste" tourne à plein, comme à la vieille époque de Tonton, juste après qu'il a renoncé à "changer la vie" des Français au profit d'une politique libérale dont on sait le funeste succès3.

Le plus drôle, dans toute cette sottise, étant la négation honteuse de nos origines : l'espèce humaine appartient effectivement au règne animal et plus précisément à l'ordre des primates4. Les cons seraient-ils créationnistes ? Une enquête à suivre.

 

1. Les Tontons flingueurs (1963), de Georges Lautner.

2. Comprendre : petits fours, champagne et échange des derniers potins mondains, le torse bombé de vertu.

3. Et c'est bien là que le bât blesse, dans ce vomi d'indignation dont une éternelle classe politico-médiatique nous éclabousse : celle qui a le pouvoir, c'est Taubira, pas les anonymes qui la combattent. Que ces derniers recourent aux attaques les plus viles témoigne de leur état de désespérance face à une ministre autiste. Quant au racisme proprement dit, Madame Taubira expérimente un juste retour de manivelle, après sa loi inique sur l'esclavage, raciste par essence, en tant qu'elle fait des seuls blancs les coupables de traites négrières étrangement réduites à la traite atlantique et aux colonies.

4. Les singes correspondant à un genre zoologique qui n'a plus cours.

14/11/2013

Injure et injure

Comme elles sont indignées, toutes ces belles âmes, suite aux attaques contre Taubira ! Branle-bas de combat, la République est en danger ! Tout ça pour... quoi, finalement ? Une candidate FN faisant un amalgame douteux sur sa page Facebook1, une gamine mal élevée lançant une insulte vieille comme le monde lors d'une manifestation2 et un journal en mal de publicité titrant sa une de façon ironique3. Moi je veux bien qu'on monte ces petits faits en épingle pour les transformer en affaire d'Etat, mais je m'étonne que les pucelles effarouchées qui participent à l'exercice aient la mémoire aussi courte. Avant même que Sarkozy ne soit Président de la République, il reçut un qualificatif qui ne le quitta plus et fut repris par la France entière : "le nabot", soit, si je ne m'abuse, une injure sur la base d'une caractéristique physique. Quelque intellectuel poussa le vice jusqu'à le comparer à Pétain4, ce qui n'est guère plus aimable, voire se révèle franchement diffamatoire. Ségolène Royal, quant à elle, fut affublée longtemps du surnom de "Bécassine", ne rendant pas vraiment hommage à son intelligence. Et puis, il y a Le Pen : caricaturé tour à tour en boucher sanguinaire, en SS, en Hitler, ou, version animalière, en bouledogue haineux à la mâchoire démesurée5. A l'époque, silence assourdissant de ceux-là même qui montent au créneau aujourd'hui pour défendre Taubira. Aussi, naïf, je ne comprends pas : ou bien on s'indigne face à toutes les injures, ou bien on ne s'indigne d'aucune, mais on ne s'indigne pas à la tête du client, si j'ose dire, ce qui relève du travers même que les ligues de vertu entendent combattre : le délit de faciès.

 

1. Anne-Sophie Leclère, exclue du FN depuis et dont le racisme ne me paraît pas avéré. Il suffit de voir l'extrait du reportage à l'origine du "scandale" pour s'en rendre compte : elle dénonce l'arrogance et la brutalité de Taubira, la dépeignant comme une "sauvage" (sic), d'où la comparaison avec un singe. Rien à voir avec l'ascendance de notre Garde des Sceaux. 

2. A voir ici. C'est injurieux, à l'évidence. Et surtout bête et méchant, comme des gosses savent l'être. Maintenant, est-ce raciste ? Ce qui me gêne, c'est le raisonnement : si comparer quelqu'un à un singe est raciste, alors ça l'est quelle que soit la race de ce quelqu'un. Or l'argument des antiracistes consiste fort étrangement à dire que ce n'est raciste que lorsque la comparaison s'applique à une personne de race noire. Quand on sait par ailleurs qu'une telle comparaison a toujours été monnaie courante, en particulier à l'encontre de personnalités politiques, on reste songeur face la bronca actuelle.

3. L'hebdomadaire Minute, dont la une d'hier présentait une photo de notre ministre de la Justice, accompagnée du titre suivant : "Maligne comme un singe, Taubira retrouve la banane" (). On peut ne pas trouver ça drôle, mais de là à dire qu'il s'agit de racisme patenté, il y a un sacré fossé à franchir et c'est celui du raisonnable.

4. Alain Badiou, dans son ouvrage intitulé De quoi Sarkozy est-il le nom ? (2007). Sarkozy y est également appelé "l'homme aux rats". Oh certes avec toutes les circonlocutions nécessaires pour faire passer l'insulte pour une analyse psychanalytico-philosophique.

5. Un échantillon à voir .