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22/09/2013

Le bon Dieu, l'esprit et la psychiatrie

Chaque jour apporte son lot d'articles prétendant démontrer "scientifiquement"1 telle ou telle affirmation fracassante. Aujourd'hui, c'est au tour de 'la religion' et de 'la spiritualité'2. On apprend que ces dernières "rendent" ou "rendraient", on ne sait pas trop3, dépressif. Curieux, quand on songe que la majorité des êtres humains croient en quelque chose4, sans que le monde semble dépressif, contrairement à notre pays, l'un des plus athées de la planète, ce qui n'empêche pas la consommation d'antidépresseurs d'y atteindre des records5. Mais passons. On continue la lecture et les choses ne s'arrangent pas : dans les deux articles, on nous parle du fait de "se sortir d'un moment de déprime". L'étude traite cependant de tout autre chose, à savoir l'apparition d'une dépression majeure et ses éventuels facteurs de risque... Venons-en aux faits. Que dit vraiment cette étude ? Essentiellement qu'une vision religieuse ou spirituelle de la vie prédisposerait6 à la dépression et n'aiderait pas à prévenir cette dernière en cas d'événements graves. Je vois deux problèmes principaux dans cette analyse. Premier problème : les définitions pour le moins restrictives, pour ne pas dire simplistes, de 'la religion' et de 'la spiritualité'. D'après l'article du Huffington Post, la religion se définit, pour les scientifiques qui ont réalisé l'étude, "comme la pratique d'une croyance, impliquant d'aller au temple, à la mosquée, à l'église ou à la synagogue" et la spiritualité "comme le fait de ne pas suivre formellement de religion, mais avoir des croyances ou expériences spirituelles [...] par exemple, que l'on croit à une force ou un pouvoir autre que soi-même, qui pourrait influencer sa vie.". Le résumé de l'étude ne nous donne guère plus d'information, sinon que les croyances religieuses et spirituelles étaient évaluées à l'aide d'un simple questionnaire. Quand on connaît la complexité et la multiplicité des croyances religieuses et spirituelles, qui amènent des savants à y consacrer leur vie entière sans épuiser le sujet, cela prête à sourire. De même, on ignore à partir de quel(s) critère(s) la "force" d'une croyance est déterminée : par exemple, estimera-t-on qu'une personne se disant catholique mais allant peu à la messe croit "moins" que la personne présente sur les bancs de son église chaque dimanche ? Nos chercheurs ont-ils jamais entendu parler du pharisaïsme ? Autre problème : la durée de l'étude. Un an, c'est somme toute très court pour évaluer les facteurs de risque d'une dépression majeure et encore plus court pour apprécier l'évolution d'un tel trouble. Il serait intéressant de retrouver les participants à l'étude quelques années plus tard : on disposerait alors d'un recul bien plus important pour tirer des conclusions. La brièveté de l'étude pourrait expliquer pourquoi les personnes ayant des croyances religieuses ou spirituelles paraissent plus affectées que les autres : peut-être en raison de cette "recherche de la vérité"7 qui n'a rien d'évident, voire peut constituer une authentique épreuve : il y a fort à parier que Jean de la Croix aurait été diagnostiqué "dépressif" au plus fort de sa "nuit obscure"8...

Bref, cette étude, comme tant d'autres9, montre combien la psychiatrie contemporaine, à travers ses préjugés matérialistes10, se révèle incapable de comprendre tout ce qui touche au spirituel et au religieux, le réduisant au mieux à une "quête de sens" – sorte de bonus métaphysique pour capitaliste bienheureux – et au pire à une stratégie d'ajustement – entre mille autres envisageables : écouter un disque de Dorothée, faire de la peinture à l'huile, sauter en parachute, taper dans un coussin en hurlant, etc. – aux aléas de l'existence.

 

1. Il y aurait beaucoup à dire sur ce culte actuel de tout ce qui se pare des habits de la scientificité. D'abord parce que bien souvent le roi est nu et que les études convoquées à l'appui de telle ou telle thèse n'ont de scientifique que le nom. Et là encore, très peu de journalistes font le travail requis avant de rendre compte de résultats. Ensuite parce que le principe même d'une étude scientifique, c'est d'être open to revision, dans le va-et-vient incessant entre observation empirique et élaboration théorique. Or nombre de profanes ont tendance à considérer ce que peut avancer un scientifique comme parole d'évangile, ce qui ne manque pas de piquant, en un siècle se voulant enfin affranchi des carcans religieux.

2. Je justifie l'emploi des guillemets simples un peu plus loin dans cette note.

3. Pour les auteurs (docteurs !) du Huffington Post, c'est une certitude. Pour l'auteur ou les auteurs (?) du Point, c'est une possibilité. Toujours la même confusion entre causalité (un coup de couteau provoque une blessure), facteur de risque (l'obésité augmente la probabilité de souffrir d'une maladie cardio-vasculaire) et corrélation ( le taux de natalité est plus élevé dans les communes qui abritent des cigognes que dans l’ensemble du pays). L'étude dont il est question ici met en évidence, avec toutes les réserves que je détaille dans cette note, des facteurs de risque. 

4. Selon une étude WIN/Gallup International (2012), il y aurait 59% des individus sur la planète se définissant comme religieux, 23% se définissant comme non religieux et 13% se définissant comme athées convaincus. Au classement de l'incroyance, la France occuperait le quatrième rang mondial, avec 29% d'individus se déclarant athées convaincus.

5. Aussi bien pour les antidépresseurs que plus généralement pour les psychotropes. Voir ce dossier de presse de l'INSERM.

6. J'insiste, avec mon conditionnel, parce qu'il s'agit d'une probabilité d'occurrence plus forte, pas d'une causalité stricte.

7. Evoquée sans discernement dans l'article du Huffington Post.

8. Ouvrage de Jean de la Croix dans lequel il décrit l'itinéraire spirituel de l'âme vers Dieu, où la "nuit obscure", constitue un passage rude mais obligé et salutaire. Le poème à l'origine de cet ouvrage, écrit par Jean de la Croix peu après son évasion nocturne du cachot de Tolède, fin 1578, est magnifique. Je ne résiste pas au plaisir d'en livrer la première strophe : "Par une nuit obscure, / enflammée d'un amour plein d'ardeur, / ô l'heureuse aventure, / j'allai sans être vue / hors de ma maison apaisée."

9. Même lorsqu'elles plaident en faveur de la foi : là n'est pas le problème.

10. Ce n'est pas une critique facile : de très nombreux psychiatres croient qu'un trouble mental est un trouble biologique, nécessitant la molécule adaptée, que l'industrie pharmaceutique se charge de fournir. Pour bien saisir l'ampleur de l'arnaque (intellectuelle, morale, économique), je citerais Edouard Zarifian : "Dire qu’on soigne la dépression ou la schizophrénie est un abus de langage, un raccourci dont on est dupe. Un raccourci, c’est toujours commode. En fait, ces médicaments ne sont que des médicaments symptomatiques, de certains symptômes existant dans ces entités pathologiques. La réalité est que nous ignorons les mécanismes psychologiques et neurobiologiques qui sont en cause." (in Une certaine idée de la folie, 2001). Douze ans plus tard, Edouard Zarifian n'est plus, rien n'a fondamentalement changé en termes de compréhension des mécanismes en jeu dans les psychopathologies... et l'arnaque continue.

20/09/2013

Papier froissé et oiseau mort

On nous reparle de la fin tragique de Piou-piou. Pour nous pondre une énième version de ce qui s'est "vraiment" passé. Et devinez quoi ? Cette fois, on en est sûr, c'est le vilain skinhead qui a "tué"1 le gentil antifa2. Curieux, j'ai pris connaissance des "nouveaux éléments de l'enquête", comme ils disent. D'abord, la vidéo de la RATP. Voici l'extrait du procès verbal décrivant la "scène clé" selon la journaliste qui a écrit l'article3. Je rajoute en rouge et entre crochets mes commentaires :

A 18h43 et 25 secondes, deux individus, initialement adossés au mur [issus du "groupe Méric"] se déplacent en avant. [Clément Méric, qui était nécessairement l'un des deux individus au vu de la suite, s'est donc dirigé vers quelque chose ou quelqu'un] Le pilier à l'entrée de la gare obstrue le reste de l'action. On ne peut pas voir si des coups sont échangés, ni qui assène les premiers coups. [Point capital, qui n'empêche pourtant pas notre journaliste de dire que c'est Esteban Morillo qui a donné le premier coup...] A 18h43 et 28 secondes, l'individu le plus à droite de l'image donne des coups de pied à un individu qui se jette sur lui juste après. Ce dernier, porteur d'une chemise à manches courtes et à prédominance violette, peut être Esteban Morillo. [Si l'individu qui reçoit des coups de pied est Morillo, alors l'autre ne peut être que Méric au vu de la suite : à cet instant-là, ce dernier est toujours debout et n'a reçu aucun coup visible du premier] A 18h43 et 30 secondes, ce dernier fait face à celui qui lui a donné les coups de pied. Des coups semblent échangés [...]. [Pourquoi est-il précisé maintenant que celui qui a reçu les coups de pieds "fait face" à son agresseur ? Cela signifie-t-il qu'auparavant ce n'était pas le cas ? Ce qui accréditerait la thèse d'une attaque de Morillo par Méric dans le dos... Par ailleurs, si des coups sont échangés, alors cela s'appelle une bagarre, pas une agression] A 18h43 et 31 secondes, constatons qu'une masse sombre semble tomber à la renverse. [...] Il s'agit probablement de Clément Méric. [Ce "probablement" laisse rêveur : quelqu'un d'autre est-il tombé au cours de la bagarre ? S'il s'agit de Méric, alors il ne s'est pas relevé, ce qui permet d'évacuer le "probablement". Et si ce n'est pas Méric, qui est-ce ? La réponse à cette question conditionnant l'analyse de ce qui précède]

Conclusion : l'analyse de ce procès-verbal décrit une bagarre entre deux groupes d'individus, sur un laps de temps très court (6 secondes) et ne permet absolument pas de déterminer qui a donné les premiers coups. Je me demande par ailleurs ce que contiennent les deux passages bizarrement coupés au moment crucial de l'action, mais je fais sans doute montre de mauvais esprit3. Quoi qu'il en soit, ce procès-verbal, par les doutes qu'il soulève je crois légitimement, ne saurait constituer une quelconque preuve et devrait au contraire bénéficier à l'accusé. 

Autre élément avancé par la journaliste : les déclarations de Morillo à la police judiciaire et au juge. Je reproduis l'extrait de l'article :

Arrivés à (la) hauteur (du groupe Méric), explique Esteban Morillo le 6 juin à 16 heures, j'ai constaté qu'ils nous fixaient. Ils nous ont lâché des insultes telles que 'enculés', etc. Moi je leur ai dit : 'C'est bon il n'y a pas de problème.' [...] Puis ils se sont rapprochés en premier et nous nous sommes alors nous aussi rapprochés [...] Un des jeunes [Clément Méric] m'a dit : 'Bande de fiottes, vous vous cachez derrière les vigiles.' [ ...] Il s'est avancé. J'ai eu le réflexe de lui mettre un coup de poing au visage. Car je me suis senti menacé. Il est resté debout. Ses deux copains m'ont mis des coups de pieds sur tout le corps. Je réussissais à les repousser. [...] Dans cette altercation, le gamin à qui j'avais porté le premier coup s'est de nouveau approché de moi. C'est là que je lui ai porté le coup de poing qui l'a fait tomber par terre.

Ce que retient la journaliste de cette déclaration, c'est que Morillo a donné le premier coup. Pourtant, cela ne concorde pas avec ce qui est décrit dans la vidéo (où Morillo reçoit des coups de pied avant de se jeter sur Méric). Mais admettons : Morillo a porté le premier coup contre Méric. S'en suit une bagarre générale où Morillo se ramasse des coups de pieds. Dans le même temps (pour mémoire, tout cela se passe en 6 secondes), Méric se rapproche à nouveau et Morillo lui envoie un second coup de poing, fatal cette fois-ci. Si l'on accorde foi à cette déclaration de Morillo, le coup de poing qui a provoqué la mort de Méric est un coup défensif, asséné dans le cadre d'une bagarre entre deux groupes d'individus et non pas un coup offensif, porté dans le cadre d'une agression entre deux individus. C'est l'évidence, mais il paraît bon de le rappeler tant la journaliste fait silence sur ce point.

Dernier élément contre Morillo selon notre journaliste : les témoignages des vendeurs ou passants. On appréciera au passage la petite remarque pour renforcer le crédit de ces témoins à charge : il s'agirait de personnes "que l'on ne peut soupçonner d'appartenir à la mouvance antifa" (sic). Petite remarque qui implique 1) que pour notre journaliste le fait d'appartenir à la mouvance antifa aboutirait automatiquement à un faux témoignage ; 2) que notre journaliste n'a aucune idée des sympathies ou antipathies des témoins relativement à la mouvance antifa et à la mouvance "fa" et 3) que seul le fait d'appartenir à la mouvance antifa biaiserait le témoignage, au mépris du contexte qu'il faut bien qualifier de foncièrement haineux à l'égard des mouvances dites d'extrême-droite dans notre pays, à commencer par la journaliste elle-même, qui travaille pour un journal orienté politiquement à gauche. Ces réserves faites, que nous disent les témoins cités dans l'article4? Que Morillo aurait sorti un poing américain pour frapper Méric. Là aussi, ça colle mal avec la vidéo (en 6 secondes, dans le cadre d'une bagarre entre deux groupes, a-t-on le temps de sortir quelque chose de sa poche et de l'enfiler ?). Par ailleurs, où est ce poing américain ? Pourquoi n'a-t-il pas été retrouvé ? Enfin, quid des grosses bagues que portait Samuel Dufour ? Ce jeune homme, du camp des skinheads, vient d'être mis en examen pour "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner"5. Mais si c'est Samuel qui a provoqué la mort de Méric, que fait Morillo en prison ? Et s'il est impossible de trancher, cela ne devrait-il pas, ici également, bénéficier aux deux accusés ?

Je n'ose songer que notre système judiciaire condamne des individus sur la base d'une simple présomption. Mais enfin, nous sommes en France : tout est possible, avec la bénédictions des journalistes.


1. L'usage de ce verbe n'est pas innocent, en ce qu'il suggère une volonté de l'individu en cause. Le conjuguer à l'indicatif renforce cet effet et nous voilà à la limite du mensonge dans la mesure où, comme nous le verrons, personne ne sait à ce jour qui a provoqué la mort de Clément Méric.

2. C'est presque un oxymore : on commencera par lire l'article tout en sobriété de Thomas Debesse. Puis on passera aux choses sérieuses, avec le documentaire de Marc-Aurèle Vecchione intitulé Antifa - Chasseurs de skins (2008).

3. Son nom mérite d'être cité en hommage à sa malhonnêteté intellectuelle : Marie-France Etchegoin.

4. Il ne paraît pas inutile de rappeler que cette fameuse vidéo a d'abord été présentée par les médias comme la preuve que le premier coup avait été donné par Méric (e.g. ici). Et voilà que quelques mois plus tard, cette même vidéo dirait le contraire ? Sans évoquer l'argument, peu convaincant, d'une image difficilement exploitable (voir ce que filme la caméra en question).

5. Je précise, parce que Madame Etchegoin ne pipe étrangement mot des témoins n'allant pas dans le sens de sa thèse (souvenir d'un vigile), ce qui encore une fois ne plaide guère en faveur de son objectivité.

6. Lire par exemple cet article.

14/09/2013

That's all folks !

Tel néo-philosophe1, spécialisé dans le marketing du nihilisme2, dénonce une page Facebook dont les auteurs ont osé, les fourbes, utiliser un de ses textes pour critiquer une de ses cibles préférées ! Et notre valeureux penseur de profiter de l'occasion pour rappeler que lui ne se cache pas dans l'anonymat : ouais, mais les auteurs de cette page Facebook ne touche pas un centime pour leur satire et n'ont rien à vendre, eux. De la fausseté des vertus humaines, comme dirait l'autre3, hein.

Telle étude "scientifique" britannique nous apprend que la lecture rendrait intelligent : parce qu'il y avait des gens qui pensaient que ça rendait con ?! Apparemment oui.

Tel "machin" consultatif4 alerte les autorités5 : il y a sur Internet des gens peu recommandables qui sont contre l'avortement et le disent ! C'est inadmissible, jugent les experts, qui préconisent des mesures de rétorsion, de la stigmatisation à la sanction pénale6.

Tel bouvier7, non content d'avoir fait acte d'apostasie, voudrait effacer jusqu'à la preuve même de son baptême, dans une étrange logique d'annulation rétroactive8.

Tel nonce apostolique9 ne trouve pas mieux, pour fêter sa promotion, que de jeter en pâture à des médias complaisants la question du célibat sacerdotal. Les vautours s'y sont précipités, au mépris de toute perspective historique10.

Tel "généticien engagé"11 meurt, après une vie entière consacrée au triomphe du lyssenkisme12. Une perte terrible pour l'avancement de la science positive.

Tel procureur13 estime que la vie d'un criminel notoire14 doit être "absolument préservée" (sic), sans se demander un seul instant si ce noble principe n'irait pas légèrement à l'encontre de la préservation de la vie des honnêtes gens15.

A suivre...

 

1. Frédéric Schiffter. Je parle de son "démenti" d'hier.

2. On remplit sa gamelle comme on peut. La forme est plaisante cela dit, mais on a vite fait le tour du fond : "Elles accouchent à cheval sur une tombe, le jour brille un instant, puis c'est la nuit à nouveau" (Samuel Beckett, in En attendant Godot). Que voulez-vous, je préfère les classiques à la cheap philosophy.

3. Titre d'un ouvrage de Jacques Esprit (1611-1677), que Schiffter déterre à l'appui de sa démystification dans son Bluff éthique (2008).

4. Le Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes. Devinez qui finance cette instance.

5. En l'occurrence Najat Vallaud-Belkacem, ministre des droits des femmes et porte-parole du gouvernement.

6. Selon l'article que j'ai lu et après vérification dans le rapport en question, il s'agirait notamment de créer un "label" pour orienter les internautes et d'étendre le "délit d'entrave" (article L.2223-2 du Code de la santé publique). Sur ce dernier point, on appréciera la subtilité des auteurs du rapport pour ne surtout pas parler de censure et de répression : "A l’heure où le projet de loi pour l’égalité entre les femmes et les hommes comprend un article 17 souhaitant l’extension des obligations des hébergeurs et fournisseurs d’accès internet à toutes formes d’incitation à la haine fondée sur le sexe, l’orientation ou l’identité sexuelle, il convient de réfléchir à étendre également le périmètre d’application du délit d’entrave. Les informations contenues sur internet ne peuvent pas contrevenir à nombre de règles, principes ou dispositions légales." (Je souligne) En clair : l'information officielle doit régner sans partage, y compris sur Internet.

7. René Lebouvier, qui semble bien porter son nom. Voir par exemple cet article détaillant la croisade de notre "libre penseur".

8. En psychopathologie, l'annulation rétroactive est un mécanisme de défense qui consiste à considérer comme nul et non advenu un acte ou une pensée à l'origine d'un conflit psychique.

9. Monseigneur Pietro Parolin, qui prendra ses fonctions de secrétaire d'Etat du Vatican le 15 octobre prochain.

10. Il a seulement dit, dans une interview du 8 septembre dernier au journal vénézuélien El Universal, que le célibat sacerdotal n'était pas un dogme et que son principe pouvait être discuté. Pour quiconque connaît un peu l'histoire de l'Eglise, il n'y a là rien de nouveau, ni de révolutionnaire.

11. Albert Jacquard. Hommage unanime dans les grands médias (voir par exemple cet article), ce qui n'est jamais bon signe.

12. Terme issu de Trofim Denissovitch Lyssenko (1898-1976), "scientifique" favori de Staline de par sa tendance maladive à privilégier l'idéologie au détriment des faits, au point de nier le rôle des gènes dans l'hérédité. Jacquard n'a eu de cesse d'imiter son maître secret en niant farouchement et jusqu'à l'absurde, tout ce qui, dans son domaine, risquait de le fâcher avec l'idéologie égalitariste. A ce titre, ses ouvrages constituent un modèle de propagande, dont je recommande chaudement la lecture. 

13. Son nom mérite d'être cité pour la postérité : Eric Bedos.

14. Le jeune Anthony Asli était en effet déjà connu des services de police pour des vols, des violences et des infractions routières. Rien que ça.

15. Ainsi, le procureur Bedos explique que Stéphane Turk, le bijoutier incriminé, a tiré sur son agresseur alors que "sa vie n'était plus en danger" (lire ici). Admettons : quid de la vie d'autrui ? Lorsqu'un criminel armé prend la fuite après avoir commis son forfait, n'y a-t-il pas un danger immédiat pour toutes les personnes qui auraient le malheur de croiser sa route ?! N'est-on pas alors dans le cadre de la légitime défense, aussi restrictif que soit ce cadre dans le droit français ?

08/09/2013

Sur un gay luron et une gay lubie

Interview très intéressante de Pierre Palmade sur Europe 1 hier. L'humoriste y aborde le sujet de son homosexualité1, en dehors de tout politiquement correct. Il explique ainsi sans retenue qu'il n'aime pas son homosexualité, que la colère à l'encontre de cette dernière s'est muée en tristesse, parce qu'il se trouvait "fait pour les femmes"2. Palmade conclut sur une note résignée : il faudra bien qu'il s'y fasse, s'il veut un jour être heureux en couple, avec un homme, donc. Si j'évoque cette interview, ce n'est pas pour accréditer une quelconque thèse anti-homos, mais pour souligner combien notre société prétendument libérée maltraite même ceux qu'elle prétend protéger. Si je ne peux qu'approuver l'esprit de tolérance qui anime les promoteurs de la liberté sexuelle, sous toutes ses formes, je m'interroge en revanche lorsque ces mêmes promoteurs refusent ne serait-ce que d'envisager qu'une inclination sexuelle3 puisse être source de souffrance pour un individu, indépendamment du regard social porté sur cette inclination. C'est le travers des militants LGBT4 : faire croire que les personnes qui vivent mal leur homosexualité souffrent exclusivement du rejet d'autrui. Dans cette optique, il suffit de changer les mentalités pour que l'homo malheureux passe de la honte à la "fierté"5 et s'assume gayment6. A l'homo que ce beau programme n'intéresse pas7, il n'est absolument rien proposé. Même la psychiatrie qui, il n'y a pas si longtemps encore8, considérait l'homosexualité comme une inclination pathologique9, s'interdit désormais de penser au moindre traitement de celle-ci, alors qu'elle s'y autorise pour les délinquances sexuelles10 ou même, plus prosaïquement, pour une sexualité excessive11. Seuls quelques dissidents outre-Atlantique12, évidemment tenus pour "homophobes" a priori par les ligues de vertu de notre époque, prennent la souffrance homosexuelle au sérieux.

En clair et encore une fois : vous avez le droit d'être libre, mais uniquement sur le mode validé par les oukases culturels.

 

1. Pour les impatients, c'est à 3:46.

2. On rappellera que Pierre Palmade fut marié un temps à Véronique Sanson.

3. Je préfère ce terme, qui me paraît plus exact, à celui d'"orientation sexuelle", qui simplifie à outrance la question des préférences sexuelles. Je songe en particulier à l'échelle de Kinsey.

4. Lesbiennes, Gays, Bi et Trans. 

5. "Fierté" qui consiste, selon les militants LGBT, à se trémousser cul nu sur un char une fois l'an.

6. Oui, j'ai fait exprès.

7. On notera que Palmade, a priori le premier concerné, reconnaît dans cette interview se foutre comme de sa première chemise de la "cause" gay ("qu'ils se démerdent").

8. L'APA a déclassé l'homosexualité de la liste des pathologies psychiatriques en 1973, hélas plus sous la pression du lobby gay d'alors qu'au terme d'un authentique débat scientifique. Quant à l'OMS, elle n'a suivi le mouvement qu'en 1992.

9. Ce qui n'est pas une insulte, ou alors, il faut m'expliquer : considérer la schizophrénie comme une maladie mentale constitue-t-il une insulte à l'encontre des personnes souffrant de ce trouble ?

10. Je précise que je n'assimile là en aucune façon l'homosexualité à une délinquance sexuelle, je me demande seulement ce qui rendrait l'homosexualité si imperméable à la psychiatrie, tandis que les délinquances sexuelles, elles, lui seraient accessibles : on pourrait traiter une inclination à l'origine d'actes criminels, mais pas une inclination à l'origine d'une souffrance personnelle ?

11. Le frais émoulu DSM-5 propose en effet le "trouble hypersexualité" en tant que nouvelle catégorie.

12. Je fais référence à la NARTH américaine, qui se bat d'ailleurs en ce moment pour maintenir le droit pour les familles et les mineurs de choisir la forme de traitement psychologique concernant l'homosexualité. Le gouverneur du New Jersey, Chris Christie, a voté récemment une loi imposant aux thérapeutes d'aider leurs patients à assumer leur homosexualité, à l'exclusion de tout autre approche, sous peine d'interdiction d'exercer.

07/09/2013

La météo responsable de conneries humaines extrêmes

Je viens de tomber sur cet article. Le titre, terrible, a attisé ma curiosité. Je m'attends donc à une démonstration implacable, en vertu du principe qui veut qu'une affirmation extraordinaire soit étayée par des preuves extraordinaires. Las, je suis vite dégrisé. J'apprends en effet que la "découverte" des chercheurs se résume au fait que "dans certains cas [...] le changement climatique induit par les émissions de gaz à effet de serre résultant des activités humaines a contribué à ces phénomènes"1 : tournure alambiquée qui donne furieusement l'impression que les chercheurs n'ont aucune idée de ce qui se passe. L'aveu vient juste après : "déterminer les causes de ces phénomènes demeure un défi". Et ça continue tout du long : "l'impact humain sur le climat peut être en partie responsable des précipitations exceptionnelles en Australie, de la sécheresse hivernale sans précédent en Europe du Sud et de la sécheresse en Afrique de l'Est", "de telles précipitations ont probablement résulté d'une humidité accrue produite par l'accumulation des gaz à effet de serre"... Le summum du ridicule est atteint avec cette phrase : "La vague de chaleur dans l'est des États-Unis au printemps 2012 est l'un des exemples où l'influence humaine est la plus probante selon les chercheurs, pour qui 35 % de ce phénomène peut être attribué au changement climatique." Je ne suis pas climatologue, mais en bonne logique, cela signifie que 65% de ce phénomène ne peut pas être attribué au changement climatique et c'est évidemment ce pourcentage qu'il s'agirait d'expliquer en premier lieu. L'article finit avec le même sophisme rebattu depuis des années par les partisans du changement climatique d'origine humaine2, soit la montée du niveau "de l'océan" (lequel ? mystère) qui résulterait "en grande partie" (on admire la précision scientifique) de la fonte des glaces arctiques (quid des glaces antarctiques ?), ce dernier phénomène ne pouvant pas "s'expliquer seulement par les variations naturelles" (dans quelles proportions ? boule de gomme). Fin en apothéose, avec une sentence du GIEC3 : il serait ainsi "hautement probable que l'influence humaine sur le climat soit responsable de plus de la moitié de la montée des températures à la surface du globe entre 1951 et 2010". Si vous avez la moindre idée de ce que ça peut vouloir dire, n'hésitez pas, parce que moi, là, j'abandonne.


1. C'est moi qui souligne, pour l'ensemble de cette note, dans les passages de l'article évoqué. 

2. Oui, c'est comme ça qu'on dit, maintenant, dans les milieux autorisés (souvenir de Coluche, 1986), le terme de "réchauffement global" ayant disparu, en raison de son caractère notoirement pseudoscientifique .

3. Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat.