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06/09/2013

Onfray n'aime pas les dieux

Bon, ce n'est pas un scoop, Michel est athée, vraisemblablement depuis ce jour sombre où ses parents l'abandonnèrent à l'orphelinat de Giel, tenu par des prêtres salésiens1. En fait, Michel n'est pas seulement athée, il est farouchement anti-religieux, c'est-à-dire qu'il considère que le monde se porterait bien mieux sans tous ces "mineurs mentaux" (sic)2 que constituent les croyants de tous bords – avec une mention spéciale pour les trois monothéismes que Michel fourre bien évidemment dans le même gros sac3. Michel, donc, a commis il y a peu4 un petit texte qui commence bien : le philosophe normand y dénonce en effet un "minoritaire sociologique" devenu "majoritaire idéologique" et s'étalant dans les journaux et à la télévision ; bref, Michel semble découvrir que l'idéologie de mai 68, subversive en son temps, se donne aujourd'hui comme nouvel ordre moral. Rien de transcendant, si j'ose dire, mais il paraît juste de noter que Michel évolue, même s'il le fait à pas de tortue. Hélas, la suite du texte montre que Michel n'en a pas fini avec les enfantillages : c'est ainsi qu'il propose, pour remplacer mai 68, de cracher une nouvelle fois au visage des religions... enfin, toujours les mêmes, véritables obsessions onfrayiennes, le judaïsme, le christianisme et l'islam. Quelque rabat-joie pourrait bien sûr faire remarquer que de plus en plus de gens sont en train de crever du manque de sens d'une société qui rend un culte exclusif à Mammon et que dans ce cadre, critiquer les religions qui, pour imparfaites qu'elles soient, forment un rempart contre ce nouveau dieu, consiste à faire le jeu des dominants. Le même rabat-joie pourrait s'étonner que Michel, ardent promoteur de l'égalité, du féminisme, de la fraternité, etc., ne conçoive toutes ces belles idées qu'à sa manière particulière, c'est-à-dire laïcarde, au mépris même des individus qu'il prétend défendre5. Quand Michel termine en confiant, sans rire, l'espoir qu'il place dans les FEMEN pour un authentique progrès social, au seul prétexte que les bougresses aux seins nus "enculent Dieu"6, on se dit que l'apôtre grisâtre de l'hédonisme solaire a encore du boulot.

 

1. Dont certains exprimaient leur "tendresse" à l'égard des orphelins d'une façon tout à fait singulière. Michel raconte ces épisodes terribles dans la préface de sa Puissance d'exister (2006). On comprend aisément les dégâts psychologiques de tout cela sur un gamin de dix ans à peine. Mais c'est aussi la grande faiblesse de l'athéisme de Michel, qui est moins critique adulte et rationnelle du phénomène religieux que rejet infantile et émotionnel de ce qu'il projette sur ce phénomène.

2. Dans son Traité d'athéologie (2005).

3. Ce qui ne va pas du tout de soi, au contraire, mais il faut, pour le comprendre, s'atteler à la tâche d'étudier ces religions, tâche dont Michel ne s'acquitte pas, comme à l'accoutumée, au profit d'une condamnation à l'emporte-pièce.

4. Il s'agit de sa chronique du mois de septembre.

5. Le port du voile vient immédiatement à l'esprit : pour les "libres penseurs" à la Onfray, ce comportement ne peut avoir qu'une seule signification, celle qu'ils lui attribuent, quand bien même les principales intéressées argueraient du contraire.

6. Par exemple ici. On appréciera au passage le discret floutage des mamelons : c'est tout de suite moins vulgaire.

Commentaires

Michel...
Je me demandais, avez-vous vue les vidéos montrant notre Michel chassant le jeune philosophe Parraire (1) d'une conférence pour la bonne raison qu'il n'est pas en accord avec lui ?
Certes, bien que n'ayant pas lu son livre je doit l'admettre, je ne prête pas beaucoup d'intelligence à ce manuscrit explicitement polémique mais de là à faire sortir son auteur...
Pour finir par dire, on croit rêver, " je ne voudrais pas dire mais qui remplit la salle ici " et le public de répondre houra en célébrant la gloire de leurs champion, ce beau philosophe en brais.
Pour ce qui est de son analyse des religions, il semble que cela soit devenu un passe temps...
Mais Onfray garde ceci pour lui, tout au moins de mon point de vue et non sans humour, qu'il est une version explicite du génie de Hegel, dialectique suprême, qui pour trop vouloir respecter les gens finit par oublier de leurs en témoignés

P.S : Je tenais à m'excuser pour les fautes qui jalonnent mes commentaire, après tant d'années il semble que ce soit un mal incurable...



(1) " Michel Onfray : une imposture intellectuel "

Écrit par : Owen Lamar | 25/09/2013

@Owen Lamar

>> Oui, j'avais vu la vidéo de cet incident. A l'époque, cela m'avait suffisamment agacé pour que j'en fasse un billet, que vous pouvez lire ici : http://lehutinmalgrelui.hautetfort.com/archive/2013/04/28/onfray-mieux-de-la-fermer.html

Moi non plus je n'ai pas lu le bouquin de Paraire, mais de ce que j'ai pu apprendre çà et là sur ce jeune philosophe, il semble qu'il ait signé ici un travail sérieux. Paraire a une connaissance experte de l'histoire de l'anarchisme et en profite sans doute pour tacler Onfray au passage. Bref, je compte bien lire cet ouvrage prochainement et j'en parlerai certainement sur ce blog.

Sur la méthode Onfray et son obsession anti-religieuse, avez-vous lu les réponses de Matthieu Baumier ("L'Anti-Traité d'athéologie", 2005) et Irène Fernandez ("Dieu avec esprit", 2005) ? L'un et l'autre donnent à Onfray quelques leçons de théologie.

PS : ne vous tracassez pas pour vos fautes éventuelles, ce qui m'intéresse c'est l'échange ;)

Écrit par : Agg | 26/09/2013

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