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30/08/2013

Une journée ordinaire en Hollandie

C'est un Président de la République qui écoute la voix de son maître américain et jappe aux portes de Damas, avant même les conclusions des enquêteurs de l'ONU et au mépris tout à la fois du droit international et du contexte géopolitique1.

C'est un2 Garde des Sceaux qui tonne contre le "tout carcéral" et propose de désengorger les prisons par l'application de peines sur mesure et à base de "suivi" pour les délinquants3 et qui dans le même temps fait preuve d'infiniment moins de clémence envers les automobilistes, intronisés coupables a priori, en rendant beaucoup plus difficiles leurs possibilités de recours en cas de litiges liés au permis de conduire4.

C'est une mairie5 qui dépense entre 150 et 200 millions d'euros pour que des guignols bourrés de produits dopants6 puissent courir après un ballon ovale devant un parterre de contribuables amnésiques7.

C'est une marche d'opposants au "mariage pour tous"8 interdite pour des raisons de "préservation de l'ordre public". Première nouvelle : lire Camus ou Bernanos en pleine rue constituerait un trouble à l'ordre public.

C'est un trafic de bébés roms mis au jour dans le Sud de la France9 où l'on apprend que le cours du bébé est en hausse : en 1993, le nourrisson bulgare valait entre 3000 et 7500 euros, aujourd'hui, le nouveau-né rom vaut entre 10000 et 15000 euros. Bon à savoir pour les spéculateurs. Et les couples gays10.

Qu'il y fait bon vivre, au pays de Flanby !

 

1. On se demande en effet ce qu'irait faire la France dans cette galère, en dehors d'un atlantisme de mauvais aloi et d'une minauderie aux Qataris.

2. Eh non, je ne féminise toujours pas. La fonction est neutre, ce qui en bon français se rend par le genre non marqué, c'est-à-dire le masculin.

3. Madame Taubira répète à qui veut l'entendre que sa réforme pénale ne concerne que les délits. Je rappellerais à mon lectorat que les délits incluent le vol, les violences aggravées, le port d’arme ou encore l’agression sexuelle... Ca va devenir de plus en plus sympa de sortir de chez soi.

4. Le décret du ministère de la Justice du 15 août dernier supprime en effet la voie de l'appel pour le contentieux du permis de conduire. En clair, à moins d'avoir un avocat béton qui plaidera votre cause directement devant le Conseil d'Etat, votre seul droit sera désormais celui de fermer votre gueule. 

5. Celle de Paris.

6. Ah si, si : le rugby, sport réputé "plus sain", est en fait en tête de liste des disciplines les plus touchées par les résultats d'analyses anormaux, ainsi que l'atteste le rapport Lozach.

7. Ben oui, le fric pour la construction du Stade français vient bien de quelque part.

8. Les Veilleurs, qui maintiennent leur marche de demain, contre l'avis de la préfecture de police de Paris.

9. A Marseille et à Ajaccio.

10. Et je prends le pari qu'on va bientôt nous expliquer que la seule solution pour mettre un terme à cet odieux trafic est de légaliser la gestation pour autrui.

21/08/2013

Du rififi chez les FEMEN

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Amina, activiste tunisienne en pleine protestation contre le système qu'il est pas gentil avec les femmes, le 15 août dernier [Source : FEMEN]

Ca barde, chez les FEMEN, après que leur première activiste tunisienne, Amina Sboui, a annoncé hier, dans une interview au Huffington Post Maghreb, son départ du mouvement. La jeune femme semble en effet avoir réalisé tout soudain que l'organisation à laquelle elle appartenait ne portait pas les religions dans son coeur1 et faisait preuve d'une belle opacité quant à son financement2. Evidemment, si Amina quitte les FEMEN, elle n'en abandonne pas pour autant son combat féministe. D'ailleurs, un autre mouvement, délicatement nommé "Feminism Attack"3, lui ferait de l'oeil. Pendant que la jeune Amina réfléchit, le leader des FEMEN, Inna Shevchenko, balance : Amina, traîtresse ! 

Ce que je trouve le plus sidérant dans tout ça, ce sont les modes de revendication utilisés, comme si se balader les nichons à l'air en couinant comme une truie, taguer des murs ou encore jeter des oeufs contre un bâtiment officiel avait une quelconque portée politique. Amina a tout de même l'honnêteté de reconnaître que "l’usage de la violence est obligatoire parfois". Elle découvrira bien assez vite qu'il l'est toujours, tout du moins lorsqu'on ambitionne de "casser le système". Mais je doute que ce soit l'objectif réel de ce néo-féminisme. Il s'agit plutôt d'agitprop, qui pourrait bien servir d'autres fins que celles que nos jeunes exaltées croient poursuivre.

 

1. On peut par exemple lire sur la page Facebook de Femen France, dans un statut publié hier (10:47) : "La Bible, la Torah, le Coran c'est la même merde. FEMEN n'est ni islamophobe, ni christianophobe, ni judéophobe. FEMEN est RELIGIOPHOBE parce que toutes les religions rabaissent les femmes." On sent là toute la rigueur d'une certaine philosophie féministe.

2. En témoignent les révélations faites par une journaliste de la télévision ukrainienne ayant infiltré le mouvement. Elle explique notamment que les "militantes" sont payées pour leurs "prestations", "prestations" auxquelles elles sont préalablement formées pendant plusieurs semaines et qui se résument pour l'essentiel à montrer leurs seins en vociférant. Quant au financement proprement dit, mystère et boule de gomme, même si la présence discrète de gens des milieux d'affaires européens et américains (Helmut Geier alias "DJ Hell", Beat Schober, Jed Sunden...) donne quelques indices.

3. C'est moi ou ce nom est parfaitement ridicule ? On le croirait directement tiré d'une parodie cinématographique américaine avec des petits hommes verts belliqueux. En même temps, ce n'est pas mieux chez nous, avec une meneuse de manifestations d'ampleur nationale se faisant appeler "Frigide Barjot".

18/08/2013

Tenue d'été

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16/08/2013

Un coup de wax

Chez Frédéric Schiffter :

Excellent texte, qui remet quelques pendules idéologiques à l'heure.

Une remarque cependant : "l’agression sauvage et lâche qui l’a tué". Non pas. Après avoir sonné l'hallali avant même l'enquête policière, les journaleux ont bien dû se rendre à l'évidence des faits : c'est Clément Méric et sa troupe qui sont tombés sur les vilains skinheads. Piou-piou, sans doute inspiré par son coeur pur, a courageusement attaqué Esteban Morillo dans le dos : ce dernier s'est défendu, Piou-piou en est mort, c'est bien triste, mais "c'est le jeu ma pauv' Lucette !", comme dirait l'autre.

Déception de constater que le "nihiliste balnéaire", dont j'ai lu avec jubilation quelques ouvrages, préfère le mensonge d'Etat à la vérité factuelle, ce qui disqualifie quelque peu la leçon qu'il prétend donner au "jeune contestataire" auquel il s'adresse dans sa lettre – outre le principe même de donner quelque leçon que ce soit lorsqu'on tient toutes choses ici-bas pour également insignifiantes.

[Addendum - 17/08/2013, 18h] Frédéric Schiffter m'a fait l'honneur d'une réponse que je reproduis ici :

Au HML,

Je n’ai pas publié votre commentaire parce que vous vous y réjouissiez de la mort de Clément. C’est facile pour vous de faire le malin. Vous vous planquez dans l’anonymat. Vous n'osez même pas afficher votre gueule de rat sur la page de votre blogue. Ne laissez plus vos petites déjections molles et pestilentielles sur ma messagerie.

Avouez que c'est élégant. Mais il m'en faut plus pour me décourager. J'ai donc fait une réponse d'une autre tenue à Monsieur Schiffter. Je la publierais ici si d'aventure elle se voyait également censurée.

[Addendum - 17/08/2013, 18h10] La réponse de Monsieur Schiffter n'a pas traîné, je laisse à mon lectorat le soin d'en juger le niveau :

Au HML,

Ici, c'est moi qui juge de la qualité d'un commentaire. Je vous censure. Je comprends votre frustration. Je m'en réjouis et vous emmerde.

Voici donc le texte qui m'a valu ce crachat de mépris terrifié :

Cher Monsieur,

Je n'ai pas été insultant envers vous, je vous demanderais de faire de même envers moi. Quant à mon commentaire, pourquoi ne pas le publier afin que chacun juge par lui-même ? Je ne m'y réjouis absolument pas de la mort de Clément Méric, j'y rappelle simplement – avec quelque ironie, je vous le concède bien volontiers : mais depuis quand l’ironie, que vous maniez plus souvent qu’à votre tour, serait-elle interdite ? – la vérité factuelle, qui est que Clément Méric a trouvé la mort en initiant l'agression, qui plus est de dos, contre Esteban Morillo. J'ai rédigé ma première note sur ce thème en réaction à l'hystérie politico-médiatique qui s'est emparée de notre pays à la suite de ce drame, ainsi qu’à la désinformation qui n’a pas manqué d’être perpétrée pour l’occasion et que vous reprenez à votre compte à mon grand regret (car, je le maintiens malgré votre réponse peu affable, je trouve votre texte par ailleurs excellent). Etrangement, lorsque des drames de même ampleur surviennent, mais touchent le "mauvais" camp (si vous doutez de leur existence, je vous invite à visionner par exemple le documentaire de Marc-Aurèle Vecchione intitulé "Antifa - Chasseurs de skins", 2008), nulle minute de silence à l'Assemblée nationale, nulle marche blanche, nulle dissolution de groupuscule : y aurait-il des morts plus injustes que d’autres dans notre Etat de droit ? Vous expliquez pourtant correctement dans votre texte que les deux camps en présence se fourvoient ensemble et manquent leur cible critique, soit le capitalisme. Quant à l'anonymat, outre le fait que nombre de vos commentateurs autorisés y ont recours sans que cela semble vous gêner le moins du monde, je le justifie pleinement par votre réaction même, hélas trop prévisible : défendre un point de vue contraire à la doxa me relègue effectivement au statut de rat pour beaucoup de "démocrates" – dont je constate avec dépit que vous êtes, assurément – et je sais trop d'Histoire pour oublier le sort réservé à la vermine ici-bas. Lors je chronique les avaries du post-monde masqué, en attendant des jours meilleurs où un homme ne risquera pas sa vie et celle de ses proches pour délit d'opinion.

J’espère retrouver dans votre dernier livre, que j’ai commandé, la liberté d’esprit qui m’avait plu chez vous.

Salutations distinguées.

Non, Monsieur Schiffter, je ne suis pas frustré, seulement quelque peu étonné de votre réaction, mais elle vous regarde. Ayant retrouvé votre calme, vous méditerez peut-être cette phrase de Montaigne (in Essais, I, 37), que je vous dédie :

Je n'ai point cette erreur commune de juger d'un autre selon que je suis. J'en crois aisément des choses diverses à moi.

Scripta manent

J'inaugure ce jour une nouvelle rubrique intitulée "Droit de réponse", dans laquelle je publierai les commentaires miens qui ont été censurés par leurs destinataires. Je dois dire que c'est une pratique qui échappe à ma compréhension : que l'on censure un commentaire injurieux, ordurier, ou contraire à la loi, me paraît tout à fait normal. En revanche, que l'on censure un commentaire au seul prétexte qu'il exprime un autre point de vue que le sien propre, me semble aussi lâche que révoltant. Lâche parce que le censeur évite ainsi toute confrontation, révoltant parce que la censure implique le refus du pluralisme, dont j'avais pourtant cru comprendre qu'il était la marque de fabrique de notre époque mondialisée.


A bon entendeur, salut !