Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

16/08/2013

Un coup de wax

Chez Frédéric Schiffter :

Excellent texte, qui remet quelques pendules idéologiques à l'heure.

Une remarque cependant : "l’agression sauvage et lâche qui l’a tué". Non pas. Après avoir sonné l'hallali avant même l'enquête policière, les journaleux ont bien dû se rendre à l'évidence des faits : c'est Clément Méric et sa troupe qui sont tombés sur les vilains skinheads. Piou-piou, sans doute inspiré par son coeur pur, a courageusement attaqué Esteban Morillo dans le dos : ce dernier s'est défendu, Piou-piou en est mort, c'est bien triste, mais "c'est le jeu ma pauv' Lucette !", comme dirait l'autre.

Déception de constater que le "nihiliste balnéaire", dont j'ai lu avec jubilation quelques ouvrages, préfère le mensonge d'Etat à la vérité factuelle, ce qui disqualifie quelque peu la leçon qu'il prétend donner au "jeune contestataire" auquel il s'adresse dans sa lettre – outre le principe même de donner quelque leçon que ce soit lorsqu'on tient toutes choses ici-bas pour également insignifiantes.

[Addendum - 17/08/2013, 18h] Frédéric Schiffter m'a fait l'honneur d'une réponse que je reproduis ici :

Au HML,

Je n’ai pas publié votre commentaire parce que vous vous y réjouissiez de la mort de Clément. C’est facile pour vous de faire le malin. Vous vous planquez dans l’anonymat. Vous n'osez même pas afficher votre gueule de rat sur la page de votre blogue. Ne laissez plus vos petites déjections molles et pestilentielles sur ma messagerie.

Avouez que c'est élégant. Mais il m'en faut plus pour me décourager. J'ai donc fait une réponse d'une autre tenue à Monsieur Schiffter. Je la publierais ici si d'aventure elle se voyait également censurée.

[Addendum - 17/08/2013, 18h10] La réponse de Monsieur Schiffter n'a pas traîné, je laisse à mon lectorat le soin d'en juger le niveau :

Au HML,

Ici, c'est moi qui juge de la qualité d'un commentaire. Je vous censure. Je comprends votre frustration. Je m'en réjouis et vous emmerde.

Voici donc le texte qui m'a valu ce crachat de mépris terrifié :

Cher Monsieur,

Je n'ai pas été insultant envers vous, je vous demanderais de faire de même envers moi. Quant à mon commentaire, pourquoi ne pas le publier afin que chacun juge par lui-même ? Je ne m'y réjouis absolument pas de la mort de Clément Méric, j'y rappelle simplement – avec quelque ironie, je vous le concède bien volontiers : mais depuis quand l’ironie, que vous maniez plus souvent qu’à votre tour, serait-elle interdite ? – la vérité factuelle, qui est que Clément Méric a trouvé la mort en initiant l'agression, qui plus est de dos, contre Esteban Morillo. J'ai rédigé ma première note sur ce thème en réaction à l'hystérie politico-médiatique qui s'est emparée de notre pays à la suite de ce drame, ainsi qu’à la désinformation qui n’a pas manqué d’être perpétrée pour l’occasion et que vous reprenez à votre compte à mon grand regret (car, je le maintiens malgré votre réponse peu affable, je trouve votre texte par ailleurs excellent). Etrangement, lorsque des drames de même ampleur surviennent, mais touchent le "mauvais" camp (si vous doutez de leur existence, je vous invite à visionner par exemple le documentaire de Marc-Aurèle Vecchione intitulé "Antifa - Chasseurs de skins", 2008), nulle minute de silence à l'Assemblée nationale, nulle marche blanche, nulle dissolution de groupuscule : y aurait-il des morts plus injustes que d’autres dans notre Etat de droit ? Vous expliquez pourtant correctement dans votre texte que les deux camps en présence se fourvoient ensemble et manquent leur cible critique, soit le capitalisme. Quant à l'anonymat, outre le fait que nombre de vos commentateurs autorisés y ont recours sans que cela semble vous gêner le moins du monde, je le justifie pleinement par votre réaction même, hélas trop prévisible : défendre un point de vue contraire à la doxa me relègue effectivement au statut de rat pour beaucoup de "démocrates" – dont je constate avec dépit que vous êtes, assurément – et je sais trop d'Histoire pour oublier le sort réservé à la vermine ici-bas. Lors je chronique les avaries du post-monde masqué, en attendant des jours meilleurs où un homme ne risquera pas sa vie et celle de ses proches pour délit d'opinion.

J’espère retrouver dans votre dernier livre, que j’ai commandé, la liberté d’esprit qui m’avait plu chez vous.

Salutations distinguées.

Non, Monsieur Schiffter, je ne suis pas frustré, seulement quelque peu étonné de votre réaction, mais elle vous regarde. Ayant retrouvé votre calme, vous méditerez peut-être cette phrase de Montaigne (in Essais, I, 37), que je vous dédie :

Je n'ai point cette erreur commune de juger d'un autre selon que je suis. J'en crois aisément des choses diverses à moi.

Les commentaires sont fermés.