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26/07/2013

Du mariage (presque) pour tous

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Néo-couple glop selon François Hollande. [Source : Libération]

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 Néo-couple pas glop selon François Hollande. [Source : Le Figaro.fr]

 Donc je résume :

- Deux mecs1 qui se marient2, c'est normal, c'est sain, c'est beau, c'est une victoire arrachée à la Réaction3.

- Un homme et une femme qui veulent se marier4, qui n'ont aucun lien de sang et dont le seul malheur réside dans le fait d'avoir une histoire un peu compliquée5, c'est anormal, pathologique mais presque6, c'est moche et c'est surtout hors de question pour notre Président7.

Le plus drôle, ici, étant que rien ne justifie un tel deux poids deux mesures, les mêmes arguments présentés en faveur du (fort mal nommé, d'évidence) "mariage pour tous" pouvant être invoqués : pourquoi la loi empêcherait-elle l'union entre des êtres qui s'aiment ? Et pourquoi des citoyens seraient-ils privés du droit de se marier au prétexte d'un amour non conventionnel ? Et quid des enfants inclus dans cet amour ?8

Preuve s'il en fallait une que le "mariage Taubira"9 n'était qu'un coup de force idéologique et que pour ses partisans l'égalité n'est qu'un mot dont ils se gargarisent à l'envi, sans doute pour avoir l'haleine fraîche10.

 

1. Ou deux nanas, hein : je ne voudrais pas m'attirer les foudres des éventuelles saphistes lisant ce billet.

2. Guy Martineau-Espel et Jean-Michel Martin se sont finalement mariés à la mairie d'Arcangues lundi dernier.

3. Oui, avec une majuscule, car il s'agit d'un spectre gigantesque que les progressistes chassent courageusement dès qu'ils en ont l'occasion.

4. Elisabeth Lorentz et Eric Holder, habitant Dabo.

5. Elisabeth fut en effet la femme du père d'Eric et a eu une fille de cette première union.

6. Seuls les amoureux de Coluche comprendront.

7. La loi interdisant leur union, le seul recours du couple était une dérogation du Président de la République himself. Flanby a refusé.

8. En sus de la fille d'Elisabeth, Eric a également une fille, issue d'une précédente union. Qui se préoccupe du sort juridique de ces pauvres enfants ?!

9. Soit le "mariage pour tous", portant un autre nom, rappelant sa sinistre ascendance.

10. A l'opposé des adversaires de cette loi qui puent de la gueule, comme il se doit.

23/07/2013

A propos d'un conte de Perrault

Vu ce soir sur HD11 Le Pull-over rouge (1979), de Michel Drach, film tiré du roman2 éponyme du gauchiste Gilles Perrault. Le film réussit son pari : plus le fil narratif se déroule et plus le spectateur s'indigne de la terrible erreur judiciaire dont le pauvre Christian Ranucci se trouve être l'innocente victime. Fin en apothéose avec les mots que Ranucci lâcha prétendument3 à ses avocats avant d'être exécuté : "Réhabilitez-moi !". Film plaisant, donc, mais aux procédés grossiers – les personnages étant de véritables caricatures ambulantes4 –, qui n'a pas entamé mon intime conviction quant à la culpabilité de Ranucci. Voilà un jeune homme qui a un accident de voiture, commet un délit de fuite et s'arrête un peu plus loin, précisément à l'endroit où un horrible infanticide sera découvert5. Un jeune homme vu alors en présence d'une fillette par plusieurs témoins. Un jeune homme qui avouera son crime par trois fois6. Un jeune homme qui a comme par hasard égaré son couteau recouvert de sang tout près de là où la petite Marie-Dolorès Rambla a été sauvagement poignardée... Et puis, au-delà des pièces du dossier, il y a le mythe abolitionniste autour de cette affaire : combien de nos concitoyens croient encore que Ranucci fut le dernier guillotiné en raison du caractère douteux de sa condamnation ?7 Qui se souvient de Robert Badinter évoquant le condamné, lors des débats à l'Assemblée nationale sur la question de l'abolition de la peine de mort ?8

Bref, de la propagande pure et simple, où le résultat d'une idéologie rouge assénée à coups de massue était cousu de fil blanc.    

 

1. Chaîne du groupe TF1. Juste pour info.

2. Il ne paraît en effet pas inutile de rappeler que même si ce livre (1978) est rédigé sous la forme d'une contre-enquête, ça n'en est pas une : il s'agit plutôt d'une plaidoirie.

3. Son bourreau, André Obrecht, certifie pour sa part qu'il n'a rien dit. Evidemment, c'est beaucoup moins rentable médiatiquement que l'histoire romantique rapportée par la clique Lombard, Le Forsonney et Perrault.

4. Très vite, le camp du Bien se dessine, ce qui ne plaide guère en faveur de l'objectivité du réalisateur et en amont de celle de l'écrivain duquel il s'inspire.

5. Avouez que c'est vraiment pas de bol.

6. Une fois devant les policiers, une fois devant le juge d'instruction, une fois devant les psychiatres, ce qui met tout de même quelque peu à mal la thèse de la pression policière : même si cette dernière s'est exercée, pourquoi Ranucci ne s'est-il pas dédit devant le juge et devant les psychiatres ?

7. En réalité, son exécution sera suivie de deux autres encore, celle de Jérôme Carrein et celle de Hamida Djandoubi.

8. Première séance du 17 septembre 1981.