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29/04/2013

Onfray mieux de la fermer

Ah qu'il était beau, Michel, lors de ce débat qui n'a pas eu lieu. Michel se dit philosophe, mais il n'aime pas la contradiction, encore moins la dispute1. Non, Michel sait et Michel délivre la bonne parole, dans l'université qu'il a créée2, ainsi que partout où on lui en donne l'occasion. Michel fait de l'audience, voyez, Michel a un public, bref, Michel réussit et c'est ce qui prouve, selon Michel, qu'il existe philosophiquement. A l'examen, l'argument se révèle étrange, car si tout ce qui avait de la valeur philosophique faisait florès, alors il faudrait que Michel nous explique le triomphe des trois monothéismes qu'il conchie ou la domination sans partage de Platon, Kant, Hegel, honni soit qui mal y pense3. Ou bien encore, pour agrandir le cadre, la prospérité du mouvement raëlien avec lequel Michel avait eu quelques déboires4. Voire, pour suivre Michel en Caliméro, l'avènement tragique du nazisme5. Alors bien sûr, Michel ne réfléchit pas aussi loin, non, il se sert simplement d'une ficelle rhétorique éculée, qui consiste à faire de la popularité la mesure de la vérité6, lui permettant de chasser un jeune et obscur philosophe ayant l'outrecuidance de le critiquer dans un ouvrage récent7, sous les applaudissements d'une foule manifestement acquise à la cause du "nietzschéisme de gauche"8.

 

1. Las, qu'est la disputatio médiévale devenue ?

2. Université Populaire de Caen.

3. Honni soit Michel, donc, partisan de la théorie du complot philosophique pluriséculaire pour l'occasion. Pas de nuances en effet dans la philosophie onfrayienne : un penseur est sith ou jedi. Et si d'aventure vous trouvez quelque mérite à un auteur de la liste noire de Michel, c'est que vous êtes au choix un abruti, un fou ou un méchant. Voire les trois à la fois : bouh.

4. En mars 2006, Raël avait décerné le titre de "guide honoraire" de son organisation à Onfray, ce qui ne fut pas du goût de ce dernier qui, dans son inimitable style respectueux d'autrui, répliqua en qualifiant Raël, dans un article dédié, de "crétin sidéral", d'"allumé", de "pauvre type" et ses adeptes de "demeurés" et d'"acéphales" (liste non exhaustive). Quoi qu'on pense du mouvement raëlien, les "acéphales" en question firent une réponse d'une autre tenue au philosophe du bocage normand.

5. Dont on rappellera qu'il fut parfaitement démocratique. Michel n'aime pas qu'on le traite de nazi. Michel adore en revanche qu'on le porte aux nues. Michel devrait lire – pardon, relire, car Michel a tout lu – Gustave Le Bon.

6. Argumentum ad populum.

7. Michael Paraire (2013). Michel Onfray, une imposture intellectuelle. Les Editions de l'Epervier.

8. Vous ne comprenez pas cette expression, sachant que Nietzsche abhorrait le socialisme ? Moi non plus. M'enfin, ça aussi, ça lui passera, à Michel. Souvenez-nous : il a été freudien pendant des décennies, avant de tuer le vieux Sigmund au crépuscule.

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