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30/10/2009

"Hanté par ses ex", de Mark Waters

Non, je ne suis pas devenu gay, ni n'ai entamé un traitement hormonal afin de me faire pousser les seins. Si j'ai décidé de faire la recension de ce qu'il faut bien appeler un chef d'oeuvre de mièvrerie, c'est justement parce que le chef d'oeuvre en question est à mon sens très révélateur de la féminisation rampante de notre société1. Je vous plante le décor : Matthew McConaughey, alias Connor Mead, est photographe pour célébrités et tombeur de ces dames de son état, conquérant puis délaissant ses proies sans aucun scrupule. Mais voilà qu'à l'occasion du mariage de son frère qu'il était bien parti pour sacrifier sur l'autel de son cynisme absolu, il reçoit la visite du fantôme de celui qui lui a tout appris en matière de séduction, son oncle Wayne, incarné par Michael Douglas. Et la leçon de morale commence : l'oncle Wayne joue ici le rôle de repoussoir, en vieux débauché aigri délivrant une sagesse du regret, tandis que les trois autres fantômes – évidemment féminins –, venant hanter un Connor Mead transformé pour l'occasion en Scrooge2 des temps modernes guimauve, montrent à ce dernier le chemin de la rédemption. Voilà l'objet du film dévoilé : la transformation d'un salaud3 en brave garçon4, par la mise au pas féminin, le tout sur fond de romantisme patenté, histoire de faire passer la pilule. Et c'est ainsi que Connor Mead déclare à son aimée : "je ferai tout ce que tu voudras, je parlerai de mes sentiments, je te ferai la cour, on fera la cuillère" (sic) (je souligne). Sans surprise, la fifille accepte la proposition de l'eunuque et le film s'arrête là. Tout est bien qui finit bien : plus une couille à l'horizon.

 

 

1. Dénoncée par Soral, Zemmour ou, à un niveau supérieur, Muray. Les trois appuyant hélas une partie de leur démonstration sur les bobards freudiens. Personne n'est parfait, je présume.

2. D'après le personnage d'Ebenezer Scrooge dépeint par Dickens, dans son Cantique de Noël.

3. Traduction : un homme, un vrai. Qui risque donc de faire de la peine à Maman et à toutes les autres.

4. Traduction : une fiotte, obéissante et servile. Qui fait plaisir à Maman et enchante toutes les autres en tant que mari idéal.

24/10/2009

Ce soir, j'arrête de respirer

"[...] Le Jour de la Nuit, c’est donc une façon de découvrir la biodiversité nocturne et de retrouver le plaisir d’observer le ciel étoilé pour attirer l’attention sur ces enjeux. En participant à cette grande action symbolique et participative, les différents acteurs, collectivités locales, associations, gestionnaires d’espaces naturels et citoyens, s’impliquent donc dans une grande marche vers la préservation de la nuit, de la nature, du climat et de l’environnement. [...]" [source]

Tout le festif cher au regretté Muray y est : la biodiversité, le symbolique, le participatif, le citoyen et bien sûr, le climat, l'environnement, bref, le dieu du culte écologiste, Mère Nature.

C'est décidé, ce soir j'arrête de respirer pour sauver Gaïa.

22/10/2009

Sévice public

Fragments nocturnaux d'une chaîne de la télévision d'Etat.

Journal.

- 3 malheureux afghans renvoyés chez eux par charter. Ils ne payent pas le billet d'avion, sont logés à l'hôtel une fois sur place et ont reçu un "pécule" (sic) de 2000€. Commentaire de la gauche par la voix de Martine Aubry : "c'est indigne de notre pays". C'est clair : j'en connais quelques-uns, dans notre pays, qui ne cracheraient pas sur quelques nuits d'hôtel et 2000€. Quant aux clandestins, sous d'autres latitudes, on tire à vue.

- Un cambriolage qui "tourne mal" (ça dépend pour qui) : le petit con malfaisant a été tué par le propriétaire. Bravo Monsieur, vous êtes un héros. Mais comme on est en France, il faudra quand même répondre à quelques questions, voire faire de la prison parce que tuer, c'est mal, hein. Par contre, rentrer chez des gens sans être invité, les menacer d'une arme et les asperger d'essence, ça, c'est bien. Encore un qui a eu une enfance difficile, sans doute.

- "Loterie de la santé", aux Etats-Unis. Là-bas, il y a bien des aides pour les plus pauvres, mais ceux qui ne sont pas pauvres et n'ont malgré tout pas les moyens d'avoir une assurance cherchent à se faire soigner gratuitement. "Une chance égale d'être soigné" laissée au hasard. Ca va, on a compris : vive la Sécurité sociale. Si, si. Ce n'est pas comme si Obama avait une bombe à retardement entre les mains, avec son projet de réforme de la santé. Et puis, qui n'a pas vu Sicko, ce monument cinématographique d'information ?

- Des méduses géantes emmerdent les Japonais. Personne ne sait expliquer le phénomène, mais ça n'empêche pas la voix-off de conclure avec le réchauffement climatique. Bah tiens, y'avait longtemps.

Promo musicale.

Encore un génie du rap : Youssoupha. Et devinez ce que nous chante Youssoupha ? "La même adresse", pleurnicherie bien-pensante façon nègre parisien. Extraits : "Tous à la même adresse Roissy-Charles de Gaulle / Centre de rétention on y trouve même des mômes en détention / Attention à la vie meilleure que t'as tenté de suivre-le charter t'ramène à la misère que t'as tenté de fuir" (Je souligne)

Etc.

C'est rassurant de voir combien le service public s'attache à l'objectivité et au pluralisme et se tient éloigné de toute visée propagandiste.

16/10/2009

Un ours polaire dans un verre d'eau

Le journal du soir, hier, sur une des chaînes de la télévision d'Etat1. Il y avait longtemps que l'on ne nous avait pas parlé du réchauffement global. La mécanique est bien huilée : il suffit d'évoquer brièvement un quelconque rapport scientifique2, d'interviewer deux Cassandre adoubés par le GIEC ou autre organisation affiliée3 et surtout, surtout, de montrer un ours polaire. Très important, l'ours polaire : le message, appuyé par la voix-off, étant que si vous ne croyez pas à toutes ces sornettes sur le climat, vous êtes responsable de la mort de la peluche vivante par noyade.

Bande de monstres.

 

 

1. Soir 3 du 15/10/2009.

2. C'est marrant, les rapports vont toujours dans le même sens, à la télé : la catastrophe nous guette. Rien autour du rapport qui vient de sortir démontrant que le taux de fonte en Antarctique est au plus bas depuis 30 ans. Etrange.

3. En l'occurrence, la WWF. Au passage, on admirera la rigueur journalistique, sur le service public, avec l'écorchage du nom de l'un des deux scientifiques : Peter Wadhans au lieu de Peter Wadhams. Et une belle salade avec la banquise, la montée des océans et tutti quanti. A France 3, il ne doit pas y avoir beaucoup de suicides, pour sûr.

09/10/2009

Crime et crime

D'un côté, vous avez OrelSan, jeune Caennais qui fait du rap façon White trash. Depuis plusieurs mois, il est désigné à la vindicte publique au prétexte que ses textes feraient l'apologie de la violence contre les femmes. C'est un peu comme si, en bien-pensance, on découvrait le rap – dont la violence ne date pas d'OrelSan, d'ailleurs plutôt soft en la matière, tout bien considéré – et que, comme par hasard, on avait décidé de faire tomber la foudre moraliste sur le petit Blanc de province. Rappelons enfin qu'OrelSan se contente de chanter.

De l'autre côté, vous avez Frédéric Mitterrand. Il y a 4 ans, l'imbécile sort un livre1 où il raconte par le menu ses expériences de tourisme sexuel en Thaïlande avec des "gosses" – qualificatif par lequel tout le monde comprend "hommes d'âge mûr", n'est-ce pas. A l'époque, le bougre explique sur tous les plateaux de télévision que l'objectif du livre était de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité, quitte à choquer. A présent que notre dépravé fait de la politique, la vérité ne semble plus si évidente, ni si bonne à dire, c'est curieux. Et cet homme-là qui, lui, a commis des actes, sinon illégaux, à tout le moins passablement immoraux et inacceptables pour un représentant du peuple français, se trouve bizarrement excusé. Dès lors, tout est bon pour le défendre. A sa rescousse, plusieurs personnalités politiques, de gauche comme de droite. C'est ainsi qu'une conne-benne-dite2 voit dans son bouquin une "thérapie publique". Un dard-cosse argue que son collègue ne fait l'objet d'aucune poursuite judiciaire3, tandis qu'un ber-trend nous fait le coup des heures les plus sombres de notre Histoire (© LICRA) parce que d'aucuns s'en prennent à la vie privée4 du neveu de Tonton. Une dû-flot ne voudrait pas qu'on fasse l'amalgame entre pédophilie et homosexualité5, argument que Mitterrand reprendra habilement lors de sa prestation télévisée6, passant ainsi du statut de salaud à celui de victime.

A la lecture de ce qui précède, on voit tout de suite que le véritable danger pour la France, l'ordure sans nom, c'est OrelSan.

 

 

1. Intitulé La mauvaise vie (2005).

2. Qui confiait son émerveillement de la sexualité partagée avec des "petits gosses" de 4 à 6 ans dans Le grand bazar (1975).

3. Et c'est vrai qu'on imagine bien un pauvre gamin pris dans l'enfer de la prostitution thaïlandaise porter plainte contre un riche et puissant Occidental.

4. Remarque tragicomique lorsqu'on songe à la charge renouvelée contre la vie privée des Français par le gouvernement pour tout un tas de bonnes raisons, évidemment (lutter contre le piratage, la violence conjugale ou, justement, la pédophilie, etc.).

5. Un esprit chagrin pourrait se demander s'il est nécessaire de faire des milliers de kilomètres et de payer pour satisfaire son penchant homosexuel. Ne nous prendrait-on pas pour des cons ?

6. Au journal de 20h de TF1, hier soir.