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09/10/2009

Crime et crime

D'un côté, vous avez OrelSan, jeune Caennais qui fait du rap façon White trash. Depuis plusieurs mois, il est désigné à la vindicte publique au prétexte que ses textes feraient l'apologie de la violence contre les femmes. C'est un peu comme si, en bien-pensance, on découvrait le rap – dont la violence ne date pas d'OrelSan, d'ailleurs plutôt soft en la matière, tout bien considéré – et que, comme par hasard, on avait décidé de faire tomber la foudre moraliste sur le petit Blanc de province. Rappelons enfin qu'OrelSan se contente de chanter.

De l'autre côté, vous avez Frédéric Mitterrand. Il y a 4 ans, l'imbécile sort un livre1 où il raconte par le menu ses expériences de tourisme sexuel en Thaïlande avec des "gosses" – qualificatif par lequel tout le monde comprend "hommes d'âge mûr", n'est-ce pas. A l'époque, le bougre explique sur tous les plateaux de télévision que l'objectif du livre était de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité, quitte à choquer. A présent que notre dépravé fait de la politique, la vérité ne semble plus si évidente, ni si bonne à dire, c'est curieux. Et cet homme-là qui, lui, a commis des actes, sinon illégaux, à tout le moins passablement immoraux et inacceptables pour un représentant du peuple français, se trouve bizarrement excusé. Dès lors, tout est bon pour le défendre. A sa rescousse, plusieurs personnalités politiques, de gauche comme de droite. C'est ainsi qu'une conne-benne-dite2 voit dans son bouquin une "thérapie publique". Un dard-cosse argue que son collègue ne fait l'objet d'aucune poursuite judiciaire3, tandis qu'un ber-trend nous fait le coup des heures les plus sombres de notre Histoire (© LICRA) parce que d'aucuns s'en prennent à la vie privée4 du neveu de Tonton. Une dû-flot ne voudrait pas qu'on fasse l'amalgame entre pédophilie et homosexualité5, argument que Mitterrand reprendra habilement lors de sa prestation télévisée6, passant ainsi du statut de salaud à celui de victime.

A la lecture de ce qui précède, on voit tout de suite que le véritable danger pour la France, l'ordure sans nom, c'est OrelSan.

 

 

1. Intitulé La mauvaise vie (2005).

2. Qui confiait son émerveillement de la sexualité partagée avec des "petits gosses" de 4 à 6 ans dans Le grand bazar (1975).

3. Et c'est vrai qu'on imagine bien un pauvre gamin pris dans l'enfer de la prostitution thaïlandaise porter plainte contre un riche et puissant Occidental.

4. Remarque tragicomique lorsqu'on songe à la charge renouvelée contre la vie privée des Français par le gouvernement pour tout un tas de bonnes raisons, évidemment (lutter contre le piratage, la violence conjugale ou, justement, la pédophilie, etc.).

5. Un esprit chagrin pourrait se demander s'il est nécessaire de faire des milliers de kilomètres et de payer pour satisfaire son penchant homosexuel. Ne nous prendrait-on pas pour des cons ?

6. Au journal de 20h de TF1, hier soir.

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