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19/03/2009

La famille au vestiaire (bestiaire ?)

Le débat du soir chez Taddeï1 : la famille, jusqu'où va-t-on descendre l'étendre ? On s'aperçoit de suite que l'équilibre de la dispute a été scrupuleusement respecté : dans le camp du Bien, Nadine Morano, initiatrice lubrique de l'"avant projet de loi sur l'autorité parentale et les droits des tiers", un sociologue qui s'est converti au nouvel ordre familial sur son chemin de limace, un gros héraut coloré de la cause LGBT2, une hideuse juriste libéralo-féministe et même une frangeuse étudiante en psycho (!)3, accessoirement plumitive. En face, du côté obscur de la Force, seul représentant hétérodoxe, un jeune homme, dont le nom mérite d'être mentionné rien que pour sa performance dans ce qu'il faut bien appeler un guet-apens idéologique : Jacques de Guillebon. L'importun ose évoquer la loi naturelle, mais les imbéciles de l'autre bord comprennent biologie et religion, se moquent et enchaînent : l'"homoparentalité", puisque c'est surtout ça qui pose problème, c'est une "réalité sociale" (sic) et donc, par suite, ça doit être accepté et mieux, inscrit dans la loi. Ouais, l'inceste aussi, c'est une réalité sociale : à quand une loi le reconnaissant comme énième "droit" du post-monde4 ? Les gentils parlent également beaucoup de "l'intérêt de l'enfant", mais on ne sait pas trop ce que ça veut dire, dans une famille éclatée, voire, dans une famille où l'un ou l'autre des parents a été carrément escamoté par la magie de l'"homoparentalité" : si, si, gamin, tu as deux Maman ou deux Papa, c'est possible et l'autre manquant, ma foi, ce n'était qu'une petite contribution, au choix fertilisatrice ou incubatrice. Et puis, le méchant homme oublie que l'essentiel, c'est l'amour, n'est-ce pas et qu'en plus il y a plein de familles traditionnelles abominables ; en fait, il n'y a presque que de ça, sans oublier que Mussolini et les autre salauds ont été élevés dans ce cadre5 : de là à dire que le fascisme est hétérosexuel, il n'y a qu'un pas... Finalement, l'étudiante en psycho explique sans rire que tout ça participe des "expérimentations" de la postmodernité, écho conclusif du lieu commun – énoncé en début d'émission et rebattu jusqu'à son terme – selon lequel "la société évolue tout le temps", ce qui, bien sûr, justifie n'importe quoi et en particulier qu'on bafoue tout à la fois la logique, l'anthropologie et le fameux "intérêt de l'enfant", désormais réduit à peau de chagrin, le mioche se voyant relégué au statut de cobaye pour faux adultes capricieux et irresponsables en lutte pour l'égalité ultime, moment de la post-Histoire où là, c'est sûr, une chatte n'y retrouvera pas ses petits.

 

 

1. Ce soir ou jamais, du lundi au vendredi en deuxième partie de soirée sur France 3. Il s'agit de l'émission du 18 mars.

2. Pour "Lesbiennes, Gays, Bi et Transgenres".

3. J'aime bien les étudiantes en psycho : idiotes, ne ressemblant généralement à rien et emplies d'ardeur gauchiste. A défaut d'autre chose.

4. La réalité dépasse la fiction, puisque la question a déjà été soulevée en Allemagne, à l'occasion de l'affaire Stübing, où un frère et une soeur revendiquaient le droit d'élever leur petite famille consanguine.

5. Perle sophistique formulée par la mocheté juriste : il est bien certain qu'aucun enfant fruit d'une union homosexuelle n'a pu voir le jour et que jusqu'à aujourd'hui, l'Humanité n'avait pas eu la chance de bénéficier de cette avancée révolutionnaire dénommée "homoparentalité".

Commentaires

La notion de famille est culturelle. Ainsi, dans certaines sociétés, c'est la polyandrie ou la polygamie qui est de règle. Les enfants ont plusieurs pères, plusieurs mères, bref, le modèle est variable. Ce n'est pas parce que l'europe a vécu dans ce cadre depuis plusieurs siècles qu'elle est dans le vrai? On peut tout de même s'interroger sur sa pertinence ou son devenir, comme tout modèle social. Vous parliez d'anthropologie, mais justement, cette science montre bien combien les modèles de parentalité peuvent être différents selon les cultures, homosexualité ou pas.

Écrit par : Titam | 20/03/2009

@Titam

"""""La notion de famille est culturelle."""""

>> N'est-elle pas avant tout biologique ? Nous sommes des primates supérieurs (petit fait que n'ont pas intégré nombre de modernes, les mêmes qui se gaussent de la résistance chrétienne à Darwin...) et à ce titre, notre mode d'organisation sociale ne sort pas de nulle part, même si l'être humain se distingue de ses cousins. Et devinez en quoi, en particulier ? Par la famille, plus précisément par l'union monogame et la structure nucléaire, la primatologie (Franz de Wall) suggérant fortement qu'il s'agit là de quelque chose qui s'enracine tôt dans l'histoire humaine et non pas, comme on nous en rebat les oreilles, d'une "invention" récente et encore marquant notre seule civilisation.

"""""Ainsi, dans certaines sociétés, c'est la polyandrie ou la polygamie qui est de règle."""""

>> Oui et alors ? Il a existé des sociétés cannibales et des sociétés perpétrant des sacrifices humains, je doute que vous trouviez ces "règles" pertinentes et souhaitables par chez nous. En outre, ces sociétés auxquelles vous vous référez ne sont-elles pas l'exception ? Quel modèle s'impose naturellement depuis l'antiquité et sans doute bien avant, dans la majorité des sociétés ?

"""""Les enfants ont plusieurs pères, plusieurs mères, bref, le modèle est variable."""""

>> Là, vous mélangez tout. Dans d'autres sociétés, des personnes différentes du père et de la mère peuvent remplir la fonction parentale (à ma connaissance, toujours un autre membre de la famille...). Mais il n'y a jamais qu'un seul père et une seule mère. Autrement dit, la filiation est claire, ce qui n'est vraiment plus le cas avec l'institution de l'"homoparentalité" que nous préparent nos oligarques.

"""""Ce n'est pas parce que l'europe a vécu dans ce cadre depuis plusieurs siècles qu'elle est dans le vrai?"""""

>> Ni qu'elle est dans le faux. Tout indique au contraire qu'il s'agit d'un pilier anthropologique, ne vous en déplaise.

"""""On peut tout de même s'interroger sur sa pertinence ou son devenir, comme tout modèle social."""""

>> Sauf qu'il ne s'agit pas, aujourd'hui, de "l'interroger", mais de le démolir, purement et simplement, en le faisant passer pour arbitraire et aux fins de lui substituer un bricolage dont seuls des idéologues fardés en "experts" nous disent qu'il constitue un progrès.

"""""Vous parliez d'anthropologie, mais justement, cette science montre bien combien les modèles de parentalité peuvent être différents selon les cultures, homosexualité ou pas."""""

>> Non sequitur. Ce n'est pas parce qu'il y a diversité des modèles de "parentalité" (néologisme vide de toute substance, en dehors d'un charabia pseudo-psychologique, mais passons...) que tous ces modèles se valent et encore qu'il faille éliminer le nôtre. Il est d'ailleurs tout à fait piquant de noter qu'alors que le bien-pensant occidental se pâme devant les cultures hétérogènes ou "premières" et en appelle avec fougue à leur préservation, il travaille dans le même temps avec fureur à la destruction de la sienne propre. Enfin, "homosexualité ou pas", vous abordez là la question d'une manière singulièrement légère : pouvez-vous me citer une seule société, passée ou présente, où des personnes ayant une orientation homosexuelle se sont vues confiées des enfants "comme si" elles étaient toutes deux les parents naturels ? Personnellement, je n'en connais pas et je pense que ce n'est pas un hasard. Que les personnes ayant une orientation homosexuelle vivent librement cette orientation, oui, bien sûr. Mais qu'au prétexte d'un caprice ("avoir un enfant") dont la réalité est impossible de jure (et non pas de fait, d'où le ridicule de toujours prendre l'exemple de couples stériles, mais lit-on encore de la philosophie classique de nos jours ?), une classe politico-médiatique sape avec application ce qui fait le fondement même de la société, non, je regrette. Alors ça se fera, je ne suis pas dupe. Et nous en paierons le prix fort, comme nous payons à présent le tribut du meurtre du Père.

Écrit par : Agg | 21/03/2009

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